195 Ministres pour 18223 milliards de budget: Les gros chiffres du septennat

Réélu au premier tour de la dernière Présidentielle, Macky Sall aura «consommé» trois Premiers ministres, 195 ministres dont certains l’ont accompagné durant tout son premier magistère et un budget cumulé 2013-2018 de 18 223 milliards Cfa.

Rétroprojecteur sur les gros chiffres du septennat. Candidat, Macky Sall promet, sur fond de «gouvernance sobre», une équipe resserrée d’une vingtaine de ministres.

Le 3 avril, avec Abdoul Mbaye comme chef d’orchestre, il met en place un gouvernement de 25 ministres dont un ministre délégué en charge du Budget.

A l’épreuve du pouvoir, les égos commencent à s’écharper. Les appétits aussi. L’envie de satisfaire le maximum démange le nouveau Président. Ainsi, murmuré pendant la pause gouvernementale, un remaniement a lieu à la rentrée, le 29 octobre 2012.

Il voit le départ de sept ministres, dont des proches collaborateurs de Macky Sall, le flamboyant Alioune Badara Cissé (Affaires étrangères), Mbaye Ndiaye (Intérieur), Mor Ngom (Transports) et Aly Coto Ndiaye (Jeunesse), ainsi qu’Ibrahima Sall (Education), Mata Sy Diallo (Commerce), et Abou Lô (Communication).

Cet ajustement, après seulement sept mois d’exercice, est, selon la presse, la résultante des nombreux «errements» de l’Exécutif et des manifestations violentes des Thiantacounes du 22 octobre.

Douze nouveaux ministres font leur entrée, portant à 30 le nombre de membres du gouvernement, soit un dépassement de 5, et renforçant le poids des alliés de l’Apr, permettant selon le Premier ministre de l’époque d’ «alléger les portefeuilles pour plus d’efficacité».

Deux des sept remerciés sont «recyclés» auprès du président de la République : Mbaye Ndiaye, comme ministre d’Etat auprès du président de la République et Mor Ngom comme directeur de cabinet.

Le 14 février 2013, suite à un différend avec le chef du gouvernement, un décret entérine le remplacement d’El Hadj Malick Gackou, numéro deux de l’Afp, au poste de ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel, par Alioune Sarr, cadre issu du même parti.

Les choses restent en l’état jusqu’à la fin de mission d’Abdoul Mbaye a qui la bien-pensance marron-beige reproche d’être lent à l’allumage. Pour corriger les lenteurs notées dans la mise en œuvre des projets et programmes, Macky Sall fait appel à son ancienne ministre de la Justice qui s’est fait remarquer dans sa hargne pour le recouvrement des biens supposés mal acquis. Aminata Touré est nommée, le 2 septembre 2013, Premier ministre. Elle signe son entrée avec un slogan qui fait mouche : «Accélérer la cadence.»

Il s’agit du second gouvernement de la présidence Sall. Le nouveau gouvernement, accouché dans la douleur, est composé de 31 ministres et un ministre délégué, alors que l’équipe sortante comptait 30 membres.

La composition s’est faite majoritairement à partir des ministres sortants du gouvernement Mbaye, auxquels sont venus s’ajouter huit nouveaux ministres, dont Sidiki Kaba, avocat et défenseur des droits de l’Homme, nommé à la Justice.

Le 6 juillet 2014, Aminata Touré, plus connue sous le surnom Mimi, est remerciée. Officiellement, pour contre-performance électorale, suite à sa défaite à la course pour la mairie de Dakar.

Officieusement, certains faucons du Palais lui reprochent une vue trop plongeante sur le fauteuil du côté opposé de l’avenue Senghor. Quoiqu’il en soit, Mimi cède la place à Mahammad Boun Abdallah Dionne. Fidèle parmi les fidèles du Président Sall, dont il a été le directeur de cabinet à la Primature et à la présidence de l’Assemblée nationale, Dionne –pour faire court- avait disparu des radars depuis le départ de son patron du perchoir. Il s’était fait «oublier» dans une planque au siège de l’Onudi, à Vienne (Autriche).

Au lendemain de la seconde alternance, il est rappelé pour coordonner le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse). Du Bosse, il passe boss du gouvernement le 6 juillet 2014. Il s’agit du troisième gouvernement de la présidence de Macky Sall. Lequel est composé de 39 membres, dont 30 ministres, 3 ministres délégués et 6 secrétaires d’Etat (une innovation de la 3ème République), alors que le précédent gouvernement comptait 32 membres. Sept femmes font partie du gouvernement.

Le 22 juin 2015, un remaniement intervient : Me Oumar Youm quitte pour devenir directeur de cabinet du président de la République, et est remplacé au ministère de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire par Abdoulaye Diouf Sarr.

Thierno Alassane Sall, ancien ministre des Infrastructures, du Transport terrestre et du Désenclavement dans les gouvernements Abdoul Mbaye et Mimi Touré, emporté par la débâcle de Benno aux locales de Thiès, signe son retour. Ce gouvernement compte, également, quatre secrétaires d’Etat.

Le gouvernement démissionne le 5 septembre 2017 pour laisser place au Gouvernement Dionne II, le 7 septembre. Lequel, nommé dans la foulée des élections législatives consacrant la victoire de Benno, acte la fin de mission des cinq secrétaires d’Etat dont trois, Souleymane Jules Diop, Abdou Ndéné Sall et Moustapha Lô Diatta sont passés ministres délégués.

Yakham Mbaye et Youssou Touré sont nommés, respectivement, Dg du quotidien national Le Soleil et ministre-conseiller. 18 223 milliards en seulement cinq exercices ! Le septennat a un coût.

Et le contribuable l’a supporté jusqu’au dernier centime. Compte non tenu des budgets 2012 et 2019 qui bornent le mandat Sall, 18 223 milliards ont été alloués par le Parlement à l’Exécutif dans le sens de satisfaire les différentes fonctions du budget : fonctionnement, investissement et transfert.

Dans le détail, cela fait, en milliards : 2531 en 2013 ; 2732 en 2014 ; 2869 en 2015 ; 3022 en 2016 ; 3360 en 2017 et 3709 en 2018. senegal7

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