Pourfendeur de Wade, souteneur de Macky : Les paradoxes d’un nouveau gourou de la com’

« Le difficile est le chemin » (Diouf) qui commence pour un journaliste appelé à construire un plan media alors qu’il est habitué à en détruire ; invité, par ses probables nouvelles fonctions à promouvoir l’image de Macky Sall pendant qu’il s’est forgé comme le propre agent marketing de ses certitudes ; bientôt astreint à la réserve quand il a été le porte-étendard de la guérilla verbale. Qu’est-ce que Wade manquera à Souleymane Jules Diop !

Souleymane Jules DiopNous écrivions que Souleymane Jules Diop (SJD), intermittent du spectacle démocratique, violent procureur des Wade, icône du web triomphant, était aphone depuis que le régime libéral ne battait plus pavillon. Aujourd’hui, la réponse coule de source : l’ancien Conseiller en Communication du Premier ministre Idrissa Seck s’apprête à jouer le rôle de sa vie auprès du Président Macky Sall. El Hadj Kassé parti embrasser les mamelles de la Francophonie (référence à au livre qui lui a donné le Grand Prix du Président de la République, ‘’Les Mamelles de Thiendella’’), l’ex-journaliste politique de Wal Fadjri pourra enfin jouer sa propre symphonie dans la communication présidentielle : Donner une autre écriture médiatique, un an après l’élection victorieuse du chantre de Yonou Yokkute.
Généreux pourvoyeur d’informations, Me Abdoulaye Wade n’a laissé personne indifférent. Charismatique, tribun déroutant, repoussant ou fascinant, il a fait les choux gras de la presse nationale et internationale. Sujet prodigieux pour les médias, il a rendu célèbre Souleymane Jules Diop. Pour devenir une célébrité, dit-on, il faut s’attaquer à un personnage de renom ou soutenir une grande querelle ou encore une grande cause. ?Taiseux, secret, intransigeant, Macky Sall n’est une mine d’informations que pour lui-même : C’est un homme rond qui parle carré. Le dialogue est aisé mais court ; avec cet ingénieur de formation, il faut aller droit au but puisqu’il aime perdre… utilement son temps. Il parle peu et ne rit presque jamais en public. Il a le souci du mot simple et sa parole est d’acier. Il veut avancer avec la minutie et la précaution du chasseur : sans tambour ni trompette. Il apprécie qu’on communique pour lui et sur lui. Il n’est pas dans la séduction politique. A preuve : en un an, il a tenu une seule conférence de presse, n’a presque jamais accordé d’interview aux médias sénégalais. Assurément, le chef-de-l’Etat-de-rupture ne sera pas le bon client pour les journalistes, refusera d’être le fil conducteur et le pilier central de sa propre communication. Sa règle sera la rareté de la parole présidentielle dans un village planétaire et surtout dans un pays d’oralité.

L’inévitable rupture avec les chefs aux attitudes communicatives, y compris dans le silence millimétré lorsque le flot de théories politiques habite l’espace public. La prise de parole n’en devient que plus séduisante ! Wade, à lui seul, était un roman. Macky ne souhaite pas être un livre ouvert. Il sera l’anti-Wade absolu. L’angoisse de la page blanche en permanence ! Et souffrira des célébrités politiques, mais paradoxalement voudra être célébré et aimé. Le centre d’intérêt, ça sera lui et personne d’autre. Son gourou sera désormais Souleymane Jules Diop.
Cependant SJD a construit sa notoriété sur le registre de la défiance, de l’outrance, de la résistance médiatique, de l’(im)pertinence et de la mauvaise foi souriante. Lui qui aimait s’entendre parler doit se taire et travailler dans l’ombre. Lui qui adorait se lire et se relire, doit refermer les plus belles pages d’une chronique dans laquelle son talent se disputait naguère à la manipulation, toujours en éveil chez lui. Et oui, pendant des années, il a proposé une émission « dég dëg » sur le premier agrégateur de sites, seneweb. Cette fenêtre de tir lui permettait de faire une analyse féroce de l’actualité politique, économique et sociale du pays. Le tableau, avec lui, n’en devenait que plus noir. Il écrivait sa chronique comme un film. La trame de ses sorties se résumait à la gouvernance libérale, et Wade en était, naturellement, le personnage-clé. Sous la plume de SJD, le pape du Sopi devenait un monstre, un diable et un vampire. N’est-ce pas lui le signataire de « L’avocat et le diable », tiré du classique « l’avocat du diable » ? ?? »Le Napoléon de Kébémer » manquera à vie à Souleymane Jules Diop qui l’a aimé et adoré avant de le vouer aux gémonies. Mais c’est « le Duc de Fatick » qui le marquera le restant de sa vie. Il va peut-être même l’idolâtrer mais [...] Et le plus difficile commence pour ce journaliste bourré de certitudes mathématiques et de confiance absolue et verticale. On lui demandera de construire un plan-média alors qu’il a appris à détruire des plans ; il sera appelé à promouvoir le faire-savoir présidentiel alors qu’il ne sait mettre en avant que son savoir-faire journalistique ; on attendra de lui des « accommodements raisonnables » alors qu’il n’a connu que la guérilla verbale. Il sera astreint à une obligation de résultats alors qu’il réclamerait une obligation de moyens. Acteur de la bulle médiatico-politique depuis 2003, il doit se transformer en metteur en scène politique en 2013. Amateur de poker-menteur, Macky Sall veut faire de Souleymane Jules Diop un joueur de poker médiatique. Ugh !

 lesenegalais.net

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