ARCHIVE: Babacar Diop Buuba et Libasse Diop rendent hommage à Mamadou Dia : Des souvenirs d’élèves, une admiration d’adultes

president_dia lssNous avons pris sur nous d’accompagner la commémoration du 50e anniversaire de l’arrestation de Mamadou Dia, alors Président du Conseil, par Léopold Sédar Senghor, d’extraits des contributions des professeurs Babacar Diop Buuba et Libasse Diop. Tous deux y évoquent leurs souvenirs d’élèves, avant de rendre hommage au défunt Maodo en mettant en relief ses immenses qualités, mais aussi l’admiration qu’ils vouent à l’homme, à sa pensée et son action.

Babacar Diop Buuba et Libasse Diop sont aujourd’hui professeurs d’université. Le souvenir du 17 dé­cem­bre 1962 ne s’est pas complètement dissipé de leur mémoire de jeunes élèves. Le premier se délectait des discours du Président Dia à la radio, discours d’un tribun plaidant et invitant «à faire confiance au génie de son Peuple», et qui n’étaient nullement pas «l’expression d’un nationalisme étroit».

Et le professeur d’histoire de rappeler une histoire, pourtant fort significative dans le contexte de l’époque : la tournée que Mama­dou Dia venait d’effectuer dans les pays de l’Est en pleine fureur de la guerre froide. L’ex-doyen de la faculté des Sciences, le professeur Libasse Diop, lui, était en classe de seconde, «quand le malheur arriva». Il témoigne : «nous étions trop jeunes pour comprendre mais, on prend toujours position par rapport à un évènement politique aussi important, un événement fondamental qui détourna notre pays de sa trajectoire initiale…»

Buuba Diop, à l’époque, rappelle qu’il avait été «meurtri, triste» en ap­prenant l’arrestation de Dia «con­sécutive à l’accusation de coup d’Etat qu’il aurait tenté contre le président Senghor, son ancien compagnon et camarade de parti», c’est peut-être en raison de l’appartenance de «la majeure partie de (sa) famille soit au Pai, soit du Pra, donc contre Sen­ghor».

Dans tous les cas, de Mama­dou Dia, Buuba retient l’image d’un homme d’Etat qui «avait assumé ses responsabilités face à la lutte des syndicats comme lors de l’éclatement de la Fédération du Mali, ou lors du transfert de la capitale du Sé­négal de Saint-Louis à Dakar ou lors des premières manifestations de «l’émancipation féminine» (robe 60) ou faire face aux marabouts conservateurs ou exploi­teurs».

Puis, le professeur écrit, dans son hommage : «c’est suite à la persistance des luttes clandestines et suite à la libération du Président Dia qu’un nouvel élan fut noté où nous nous sommes retrouvé avec plus de conscience des objectifs de lutte contre le néocolonialisme et pour l’émancipation so­ciale». La seconde phase de ses re­la­tions avec le Président Dia, Pr Buuba Diop la situe au moment des tentatives d’unité de l’opposition dans les années 90. Ce fut «la création de la coalition Book Yaakaar qui a bénéficié de l’aura du Président Dia et qui avait porté la candidature de Lan­ding Savané de AJ. Le Président Dia avait accepté et  soutenu l’idée d’une vaste coalition de la société civile et des partis politiques».

Ce qu’il faut retenir de Mamadou Dia

Bien d’autres initiatives centrées autour des questions nationales et de développement verront le jour avec ou autour de Mamadou Dia. De ces initiatives et échanges, Babacar Diop Buuba reconnaît en avoir tiré grand profit, en termes de «nécessité de faire confiance au Peuple et de servir le Peuple, d’avoir une lecture correcte des vertus de la démocratie et ses trajectoires avec ses invariants et ses réflexions particulières, de croire à l’importance de la solidarité dans la coopération internationale, (…) de réaliser un large front des forces démocratiques, progressistes et solidaires», entre autres. Et de conclure son hommage : «Le Président Dia n’est plus physiquement avec nous, mais son esprit nous encourage et nous inspire».

Sous le titre, «Mamadou Dia : et le Sénégal manqua le coche», le professeur Libasse Diop considère que le 17 décembre 1962 fut «un événement fondamental qui détourna (le Sé­négal) de sa trajectoire initiale». Or, pour lui cette trajectoire était sous-tendue par «cinq principes que sont l’Ethique, l’Altruisme, la Rigueur, la Dignité et la Foi». Chaque principe énoncé par Libasse Diop, dans sa con­tribution, est illustré par des exemples précis. Deux cas, sont révélateurs du trait de caractère de Mamadou Dia. «De retour d’Urss -il fallait avoir un sacré courage à cette époque pour oser aller dans ce pays- un journaliste français, à l’aéroport de Orly, lui demanda s’il allait rendre compte au Général De Gaulle de son voyage de Russie.

La réponse du président Dia fut sans appel : «Je n’ai pas à rendre compte au général De Gaule. Président dans un pays qui tient à sa souveraineté, je réserve, comme il se doit, la primeur de mes déclarations à mon gouvernement et à mon pays.» Lors d’une visite du Président Dia au Royaume du Maroc, le roi Hassan II – qui maîtrisait parfaitement le français- fit devant Dia une allocution en a­rabe. Dans sa réponse, le Prési­dent Mamadou Dia s’exprima en wolof et prit Alassane Ndiaye dit Alou pour la traduction en français».

Au regard de ces qualités, Libasse Diop estime que «Mamadou Dia mérite très largement d’être le parrain d’une université sénégalaise».

  • Écrit par  Soro DIOP

sodiop@lequotidien.sn

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