[VIDÉO]-Kenya: échauffourées à l’Assemblée pour le vote d’une loi sur la sécurité

Kenya: échauffourées à l’Assemblée pour le vote d’une loi sur la sécurité|YouTube

Kenya: échauffourées à l’Assemblée pour le vote d’une loi sur la sécurité|YouTube

Une loi controversée visant à renforcer la sécurité au Kenya, confronté aux attaques des islamistes somaliens shebab, a été adoptée jeudi par l’Assemblée nationale dans une ambiance chaotique, avec bagarres entre députés et multiples interruptions de séance.

Le gouvernement kényan affirme que ce texte est indispensable à la sécurité du pays, tandis qu’opposition et défenseurs des droits de l’Homme dénoncent une atteinte aux libertés fondamentales.

« Je ne suis pas satisfait de la façon dont le projet de loi a été adopté. Il y avait une meilleure manière (…) mais je suis content qu’il ait été adopté », a déclaré Johnson Sakaja, député de la majorité.

Entamé dans la matinée, le vote a été rapidement suspendu après des échauffourées, puis à nouveau après un début de pugilat entre députés.

Dans l’après-midi, le président de l’Assemblée, Justin Muturi, visiblement dépassé, avait réussi à reprendre temporairement le contrôle des débats en modifiant l’ordre du jour, permettant à l’Assemblée d’approuver la nomination du général en retraite Joseph Nkaissery comme nouveau ministre de l’Intérieur.

Le scrutin par acclamation a finalement repris vers 16H30 (13H30 GMT) dans un chaos indescriptible, le président dirigeant le vote depuis une tribune assiégée par l’opposition et bombardée de livres et projectiles divers, que des huissiers tentaient de parer.

Le rapporteur de la loi, Asman Kamama, lisait un à un les articles soumis au vote, d’une voix couverte par les cris des députés de l’opposition.

Seule la majorité répondait « aye » (oui), sous les huées de l’opposition, adoptant la centaine d’articles et les nombreux amendements à un rythme effréné et réussissant à conclure le vote avant 18H30 (15H30 GMT) heure limite pour cette session extraordinaire.

La retransmission télévisée avait été interrompue peu après 17H00 en plein chaos, alors que sur Twitter, des internautes s’interrogeaient sur la validité du vote dans de telles conditions.

« La société civile et nous allons contester la loi devant la justice, car elle inconstitutionnelle dans son contenu et non conforme aux procédures dans la manière dont elle a été adoptée », a réagi Moses Wetangula, un des dirigeants de la principale coalition d’opposition.

– 360 jours de garde à vue –

Le projet porte de 90 à 360 jours la durée de garde à vue des suspects « d’actes terroristes », allonge les peines de prison et facilite les écoutes téléphoniques.

Les journalistes qui « gênent l’enquête ou des opérations liées à la lutte contre le terrorisme » sont passibles de trois ans de prison, de même que ceux qui publient des images de « victimes d’attaques terroristes » sans l’accord de la police.

« Nous ne pouvons permettre à cette Chambre de bafouer la Constitution », avait lancé jeudi matin John Mbadi, député de l’opposition, avant que ses collègues entonnent à pleins poumons « Bado mapambano » (« la lutte continue » en swahili), un chant du combat pour la démocratisation des années 1990.

Un député d’opposition avait ensuite arraché le texte des mains du rapporteur et plus tard un autre avait aspergé d’eau la vice-présidente de l’Assemblée Joyce Laboso.

Le président Uhuru Kenyatta a affirmé que cette loi était indispensable pour permettre au pays de faire face aux menaces, notamment celle des shebab qui ont multiplié les attaques au Kenya depuis l’assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi – au moins 67 morts – en septembre 2013.

« Il n’y a rien à craindre de cette loi, à moins que vous ne soyiez impliqués dans des activités criminelles », avait assuré mercredi le chef de l’Etat, dont le gouvernement est sous le feu des critiques pour son incapacité à juguler la menace shebab.

Le Kenya est le théâtre d’attaques attribuées aux islamistes depuis qu’il a envoyé son armée combattre les shebab dans le sud somalien en octobre 2011.

Début décembre, le ministre de l’Intérieur Joseph Ole Lenku et le chef de la police David Kimaiyo ont été limogés après un nouveau massacre des shebab dans le nord-est du Kenya. Une série de raids des islamistes somaliens sur la côte kényane et dans des zones frontalières de la Somalie ont fait plus de 160 morts depuis juin.

Mercredi soir, neuf ambassadeurs occidentaux (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, France, Suède, Canada) avaient, dans un rare communiqué commun, exprimé leurs inquiétudes, rappelant qu’il était « important » que « tout en renforçant la sécurité, (il) respecte les droits de l’homme et les obligations internationales ».

Amnesty et Human Rights Watch ont dit craindre un « retour à l’Etat policier », du temps de l’autocrate Daniel arap Moi (1978-2002). Les défenseurs des droits de l’Homme dénoncent les abus et l’impunité des forces de sécurité – notamment accusées d’exécutions extrajudiciaires – dans la lutte antiterroriste.

AFP

Related Posts

URL courte: http://www.sunuker.com/?p=57048

Répondre

Campagne de collecte de fonds: Supportez votre radio Sunuker FM: La Première Radio Africaine en Californie – Faites un Don – Merci

Le Blog de Jawar Jobe. Tous les Vendredi, votre chronique Hebdomadaire. Par N’diawar Diop

Ndiawar Diop gros plan

Le Blog de Ahamdou Diop

Télécharger Sunuker Fm iOS APP et Sunuker Fm Android App sur votre tablette Androïd et sur votre iPhone ! C’est Gratuit !!!

Sunukerfm App Android

Emissions « Voix/voie des Jeunes » Les Dimanches @ 17hr GMT en DIRECT

vdj

Emissions « Xew Xewi Rewmi » Les Mardis @ 19hr GMT en Direct

Galerie photo

SUNUKER.COM Copyright 2013 .