Une femme, un toit: Le pari de la mobilisation a vaincu des intrigues politiciennes

Femme politique en franceLa rumeur l’avait fait passer pour une escroquerie, les intrigues politiciennes ont voulu son échec -parce que initié sous le régime libéral d’Abdoulaye Wade- et certains adhérents commençaient à douter de son aboutissement s’ils n’ont pas tout simplement exigé de récupérer leur investissement. Mais, le projet d’acquisition à l’habitat initié par la coopérative « Une femme, un toit » pour le compte des Sénégalaises de l’extérieur a déjoué tous les pronostics noirs. Et c’est en masse que les femmes sont venues répondre à l’appel de la coopérative.

Samedi 25 juillet. Il est 18 heures, en compagnie de son équipe, Mme Coumba Touré fait son entrée dans la salle des fêtes de la rue Bruno, une dépendance de l’Eglise Saint Bernard, à Paris, dans le 18eme. A sa vue, une clameur s’élève pour la saluer. Et les griottes comme le doyen Mass Diokhané, promu maitre de cérémonie, chantent les louanges de l’hôte du jour: Coumba Touré, « la lionne des amazones ».

Accompagnée de son époux, M. Lamine Sène, qui a fait le voyage des Usa, Mme Coumba Touré se fraye une haie d’honneur sous les applaudissements de ses partisanes pressées de saluer « une femme de conviction », « une leader des temps modernes ». En guise de leur reconnaissance,  les femmes -qui avaient, pour certaines, pris d’assaut la salle depuis plus de 3 heures maintenant-, retiennent leur souffle et balaient, pour certaines, des coulées de sueurs parfois mélangées de larmes.  A la suite du maitre de cérémonie, les griottes présentent l’auguste assemblée composée de Sokhna Bali Mbacké et de sa famille.

« Une femme, un toit », c’est une affaire de femmes où se sont retrouvés des hommes. Alors, pour qu’aucune fausse note ne vienne fausser la mélodie, c’est Mme Penda Bathily, la secrétaire générale, qui a pris la parole en premier. Après avoir adressé ses vives félicitations à la première vague des cotisants, c’est à la deuxième vague qu’elle a envoyé ses remerciements. « Ce sont des vrais galériens et avec elles, nous nous sommes réunies tous les deuxièmes samedis de chaque mois pour faire le point. Et jamais nous avons cédé au découragement« , a t-elle déclaré.

Une équipe de pionniers qui a cru au projet, malgré les médisances et les avertissements de leur entourage qui craignait que le projet « Une femme, un toit » ne soit une arnaque comme l’a distillé la rumeur. Si la presque totalité des pionniers est là, dans la salle, deux absents de taille ont béni les travaux, par leur mémoire. « Souvenez-vous de M. Coulibaly Mamadou, un compagnon infatigable. Mais aussi de Mme Salla Thiam Diop, rappelée à Dieu avant de voir aboutir le projet pour lequel elle s’était donné corps et âmes » dit-elle.

Pour lui et pour elle, la salle a applaudi avant de sombrer dans une minute, interminable, de silence. Comme tous les bons pionniers, leur sort a été injuste: ils ont travaillé sans jamais bénéficier de ce fruit. Mais, en consolation, leurs enfants, présents dans la salle ont été les premiers appelés à la tribune, pour bénéficier de leur héritage. Un legs chargé de symboles. D’ailleurs, en réceptionnant les clés de leur villa, l’une des filles de la défunte a demandé à la salle de prier « pour le repos éternel de (sa) mère » dans les jardins de Firdawsi.

Dans cette salle remplie comme un oeuf -où beaucoup de personnes sont restées debout dans les couloirs-, la foule écoute. Et analyse les propos des membres du bureau qui ont commencé à lire les noms des bénéficiaires. D’emblée, Mme Coumba Touré a fait savoir qu’aucun membre de son équipe ne fait partie des bénéficiaires. Comme la capitaine d’un bateau menacé, la présidente veut que les adhérentes soient servies d’abord, avant l’équipage.   « C’est pour respecter la parole donnée et mettre en confiance (ses) adhérentes » qu’elle a entrepris cette démarche.

Mais, aussi, pour faire taire les commères et les « adversaires du projet ». Ces mauvaises langues qui ont distillé dans tout Paris la rumeur que cette coopérative serait vouée à l’échec après la retentissante arrestation de Alioune Badiane de Namora: un promoteur immobilier mis sous les lambris du palais  par le régime de Abdoulaye Wade, jeté dans les abysses de la prison sous le magistère de Macky Sall et accusé de « malversations financières ». Alors, depuis cette affaire, à défaut de pouvoir faire retourner sa veste à celle qui était vue comme une fidèle parmi les fédayins du pape du Sopi, des malveillants tapis dans l’ombre ont décidé de faire de l’obscurité à Coumba Touré et à son projet. Leur poser des écueils insurmontables.

A travers Coumba Touré, des dizaines de femmes, des centaines de familles sénégalaises sont punies, victimes malgré elles d’un sordide règlement de comptes politiques. « Depuis plusieurs mois maintenant, a déclaré Coumba Touré devant ses partisans, nous avons terminé notre cité des immigrés à Tivaoune Peul. Mais, l’Etat ne fait rien pour nous donner l’électricité, alors que tous les travaux sont terminés sur le site. »  Alors que la volonté déclarée du président de la République est de faciliter l’accès aux logements pour les Sénégalais de l’extérieur, ce sabotage est incompréhensible, voire criminel.

A cet obstacle virtuel, d’autres plus concrets se sont succédés: depuis quelques temps maintenant, et à chaque rencontre politique de l’APR, de nouveaux promoteurs de projets immobiliers ont commencé à se faire connaitre à Paris, pressés de prendre la place que les politiciens veulent voir vacante. « Alors, le bruit de l’insolvabilité de la coopérative, « Une femme, un toit » a commencé à courir. Et on a encouragé certaines femmes à venir réclamer leurs cotisations » Accuse-t-on  dans la salle. Pour opposer un cinglant démenti à ces Cassandre, une vingtaine de villas ont été réceptionnées ce jour. Dans la salle, les larmes de joie se sont mélangées à celles qui mesurent le temps et le sacrifice consentis.

Aussi, certains sont allés jusqu’à faire croire au pouvoir que la réussite de ce projet immobilier ne profiterait qu’à Karim Wade -donc à torpiller à tout prix- alors que la plupart de ces femmes qui composent cette coopérative n’ont aucun passé militant, et cela dans aucun parti politique. « Nous sommes des mères de famille qui veulent investir dans notre pays. Et après avoir consenti autant d’efforts, pour économiser et construire notre cité, nous sommes fatigués de courir derrière ce qui est un droit. Le Sénégal émergent est l’affaire de tous. Alors que nous sommes dans ce projet de construction de ce Sénégal émergent, le rôle de l’Etat est de nous aider. C’est à cela que nous implorons Macky Sall« , a déclaré Coumba Touré.

Babacar Touré

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