ME SIDIKI KABA, MINISTRE DE LA JUSTICE, AUX NATIONS UNIES «LE PROCES DE HABRE DONNE L’ESPOIR QUE LE TEMPS DE LA JUSTICE ARRIVERA TOUJOURS»

ME SIDIKI KABA, MINISTRE DE LA JUSTICE, AUX NATIONS UNIES

ME SIDIKI KABA, MINISTRE DE LA JUSTICE, AUX NATIONS UNIES

Invité à prendre part hier, aux Nations Unies, à un débat de haut niveau sur la thématique des droits de l’Homme, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux a souligné que le procès de l’ancien président Tchadien Hissein Habré «a permis de rendre justice à des milliers de victimes de toutes sortes d’atrocités et de donner l’espoir à toutes les victimes du monde que le temps de la justice si parfois long arrivera toujours».

Sidiki Kaba a aussi plaidé pour une complémentarité entre la Cour pénale internationale (CPI) et les systèmes judiciaires nationaux.

Le procès historique de l’ancien président Tchadien, en terre africaine, «a permis de rendre justice à des milliers de victimes de toutes sortes d’atrocités et de donner l’espoir à toutes les victimes du monde que le temps de la justice si parfois long arrivera toujours».
C’est Sidiki Kaba qui commente ainsi le jugement d’Hissein Habré au siège des Nations Unies où il est invité à prendre part hier à un débat de haut niveau sur «ONU 70: Les droits de l’homme au centre des préoccupations mondiales», devant 83 pays du monde entier.
Pour le ministre sénégalais de la Justice, le Sénégal a joué un rôle majeur dans ce procès en donnant son accord en 2012 «à la proposition de l’Union Africaine (UA) de juger, au nom de l’Afrique, à Dakar, l’ancien président Tchadien Hissein Habré».
Qui plus est, «il reste aussi et surtout la victoire du courage, de l’abnégation et de la patience des victimes, de leurs ayants-droits et de la société civile tchadienne et internationale», mais également «la preuve que l’Afrique a la ferme volonté d’en finir avec l’impunité et que les africains ne sont pas contre la justice pénale internationale».
En sa qualité de président en exercice de l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome de la CPI, Sidiki Kaba dit avoir toujours fondé son «action sur quatre piliers fondamentaux pour tenter d’atteindre les objectifs d’une justice pénale internationale impartiale et équitable: le raffermissement des relations entre la CPI et tous les Etats, notamment ceux d’Afrique, afin de dissiper par un dialogue constructif et assidu la perception négative répandue d’une justice internationale sélective et discriminatoire qui ne viserait que les africains; le renforcement de la coopération entre les Etats et la Cour, car cette dernière ne dispose ni d’armée ni de police pour poursuivre ou exécuter ses décisions». 
 
POUR UNE COMPLEMENTARITE ENTRE LA CPI ET LES SYSTEMES JUDICIAIRES NATIONAUX
 
Suffisant pour que le Garde des Sceaux plaide pour «le développement de la complémentarité entre la Cour et les systèmes judiciaires nationaux afin que les auteurs des crimes relevant de la compétence de la Cour soient jugés dans les lieux où ces crimes ont été perpétrés, à travers des procès justes et équitables».
Aussi a-t-il appelé à «travailler à l’universalité du Statut de Rome, pour mettre fin à l’impunité universelle de crimes commis par tous les ressortissants de tous les pays du Monde et qui froissent la conscience universelle». Non sans rappeler aussi que que le Sénégal fut le premier pays à ratifier, en 1999, le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI) créé en 1998. 
 
Sidiki Kaba qui a salué les immenses efforts de l’Onu «en, faveur des droits fondamentaux de la personne humaine, n’a pas manqué de dévoiler le tableau désolant d’une réalité: «des violations massives des droits humains continuent de sévir partout dans le monde et souvent contre les couches les plus vulnérables.
Et dans les situations de conflits, les femmes sont prises pour cibles de guerre, et sont victimes de toutes les formes de crimes sexuels et de violences à caractère sexiste. Et ce sont les enfants soldats qui sont commis à des tâches d’inhumanité et de criminalité. On leur ôte ainsi le droit à un avenir. Et ce sont des millions de réfugiés qui sont dans le désarroi et perdus».   
 
PROTECTION ET DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME COMME PREMIER DES ENJEUX DE LA POLITIQUE INTERNATIONALE
 
Pour le ministre de la Justice, «cette situation d’injustice, d’intolérance, est inacceptable au 21ème siècle et ne saurait perdurer davantage. Nous avons les moyens de nous y opposer et de constituer un puissant rempart contre l’extrémisme violent, le terrorisme, la xénophobie pour respecter et assurer une égale dignité à  tous».
D’ailleurs, déclare-t-il, «la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme individuels et collectifs doivent, plus que jamais, demeurer le premier des enjeux de la politique internationale.
Ces droits qui sont individuels, interdépendants, inviolables et universels ne doivent pas être l’otage des intérêts géopolitiques et géostratégiques. Pour y parvenir, ces droits doivent être l’affaire de tous pour que tous les êtres humains aient droit aux droits sans distinction, sans discrimination et sans exclusion». 
Dans l’après-midi, le ministre de la Justice est intervenu sur un débat interactif axé sur le thème: «Construire les fondements des droits de l’homme : Gouvernance, état de droit et accès à la justice». Aussi a-t-il été choisi pour poser une question au futur successeur de Ban Ki-moon au poste de Secrétaire général des Nations Unies. 

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