350 Ex-Rebelles Avertissent : «Dans 24 Heures, Nous Comptons Retourner Dans Le Maquis Si…»

La situation est aujourd’hui lamentable pour les ex-rebelles.

Dans la foulée, un autre interlocuteur s’empare du micro et lâche : «Nos autres frères ex-rebelles sont en prisons à Thiès, deux sont morts de conditions misérables et notre chef a disparu. Nous comptons retourner dans le maquis si rien n’est fait. Nous donnons 24 heures aux autorités de ce pays pour réagir. Ils disent vouloir la paix mais regarder comment ils nous traitent.

Ils vont en Europe trouver de l’argent au nom du projet, mais cet argent disparait alors. Ils nous ont demandé nos besoins et aspirations, nous avons tout fourni, mais ils ont mis dans les tiroirs les propositions en choisissant ce qu’ils veulent», annoncent les ex rebelles qui tiennent à témoin l’Ue et les Etats-Unis.

Papis Diédhiou, leur commandant adjoint, décrit les difficiles conditions de vie de ses camarades : «Nous avons des problèmes pour payer nos locations. Cela fait trois mois que nous avons des problèmes pour payer nos loyers. Nous ne savons pas où aller, nous n’avons pas les moyens de nous déplacer».

Alors que les familles de victimes n’ont pas fini de pleurer leurs morts, suite au massacre de Bofa ayant coûté la vie à 13 personnes, la situation des  ex-rebelles démobilisés et basés à Rufisque est décriée par les combattants. Au cours d’un point de presse tenu dans la forêt de Rufisque, ils ont décidé de dénoncer leurs conditions de vie et menacent même de retourner dans le maquis, si rien ne change.

Ils étaient une trentaine, tous des jeunes, mal habillés, des sandales pour la plupart, le regard inquiet. La majeure partie de ces jeunes viennent du front sud. «Nous sommes cantonnés ici depuis 5 ans dans cette localité par l’Etat du Sénégal, après un protocole d’accords tripartite entre l’Union européenne, les Etats-Unis et le Sénégal, dans le cadre d’une recherche de la paix. Au début, l’Union européenne nous a rencontrés pour nous informer que le projet est entièrement financé par ses soins. Et qu’à partir de ce moment, nous ne souffrions de rien. Nous serons payés et nos familles entretenues.

Le projet est alors confié à l’Armée, notamment un amiral Sarr, l’ambassadeur des Etats-Unis et un officier supérieur de l’Armée», lance Daouda Diatta, commandant la troupe. C’est depuis ce jour, dit-il,  que les problèmes ont démarré.

«L’Union européenne nous a d’abord envoyés deux containers de matériels pour nous loger. Des tonnes de bagages dont des télévisions, des ordinateurs et autres. Mais tous les objets de valeurs ont  disparu. Les sept frigos et du matériel lourd dont des groupes électrogènes se sont volatilisés. Ils ont attendu la nuit pour venir s’emparer du contenu des containers. Dans ce container, nous n’avons reçu que des habits», lance un autre ex-rebelle.

Dans le milieu où ils vivent, c’est la désolation. Une cuisine ouverte où ces ex-rebelles préparent leurs repas. Un vent très fort empêche de discuter. Dans leurs locaux, aucune chaise. Les visiteurs sont invités à prendre place sur les lits offerts par l’Ue. «Nous étions 350 ex-rebelles, mais aujourd’hui nous sommes une trentaine qui vit une situation lamentable. Nous avons même des difficultés pour manger. Nous sommes obligés de faire le tour de la localité pour trouver de petit boulot», lance Daouda Badji. Pour leurs conditions de vie, ils sont d’avis que le projet  de l’Ue a été détourné.

«Le programme était conçu par l’Etat et financé par des partenaires européens et américains. Les premiers à y avoir bénéficié étaient contents et l’appréciaient. C’est un projet à coup de milliards, puisque l’Ue nous a assurés que nous ne manquerons de rien ainsi que nos familles et qu’il sera à la longue même pérenne. Dans les clauses du contrat, nous devons avoir une maison, un véhicule et nous serons, nous et nos familles, pris en charge pendant 5 ans sans manquer de rien, selon le document de l’Ue. Au début, ils nous payaient 60 mille alors que nous devons avoir 350 mille. Aujourd’hui, ils nous donnent 90 mille après 5 mois de formation sans salaire»,  explique toujours Daouda Diatta.

Najib SAGNA

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