47 listes aux législatives: Une première, sera-telle la dernière ?

Une véritable convoitise. Et le constat est ahurissant. Pour la 12ème Législature, tous les femmes et hommes politiques veulent être députés. A cela, s’ajoutent les citoyens estampillés «Indépendants», souvent membres de la société civile.

Des voix se sont élevées contre cette pléthore de listes aux législatives afin de garantir  la tenue d’un scrutin fiable, avec un faible taux d’abstention et à moindre coût.

Une première

Pour la première fois de l’histoire politique du Sénégal, le nombre de listes des postulants à l’hémicycle a atteint le chiffre 47.  Un record qui va, sans nul doute, déteindre sur le bon déroulement du vote le 30 juillet 2017.

La couleur avait été annoncée lors des législatives de 2012, 24 listes étaient en compétition. Si beaucoup de couacs n’ont pas notés en 2012, le 30 juillet prochain, les électeurs auront le tournis. Parce que l’article 78 du Code électoral «oblige l’électeur à prendre tous les bulletins des candidats» et, cela risque de décourager le déplacement des électeurs vers les bureaux de vote compte tenu du temps qu’ils devront y passer à choisir parmi les 47 listes en compétition le 30 juillet prochain. Cette situation est vigoureusement dénoncée, que ce soit par les électeurs que par les candidats eux même.

Ce qui fait courir les politiques 

C’est avec l’arrivée de Me Abdoulaye Wade aux affaires que le traitement indemnitaire des élus (députés, maires,  présidents des conseils ruraux ou régionaux) s’est accru d’une façon supersonique. De 600 000 francs Cfa en 2000, le salaire du député simple est monté à 1 300 000 francs Cfa. N’en parlons pas de celui du Président, de ses adjoints et des secrétaires élus.

Hormis, leurs salaires jugés très élevés, ces membres du cercle restreint de l’Assemblée bénéficient également de dotations en carburant allant jusqu’à 1 000 litres d’essence le mois, au frais de la République. Or, aujourd’hui, sous nos cieux, les députés ne sont plus ceux du peuple, mais les caisses de résonnance d’un homme, qui n’est personne d’autre que le chef de l’Etat. Rares sont les députés qui peuvent se réclamer être ceux du peuple.

Ainsi, ce sont ces avantages financiers et matériels que gagne un député qui font que les investitures sont souvent émaillées d’invectives, de frustrations, de démissions, des heurts entre responsables de même formation politique.

Des propositions pour dire basta

Face à la pléthore de listes, des voix se font entendre,  non seulement pour faire des propositions, mais pour dire basta. Dans son grand boubou de 2e vice-président à l’Assemblée nationale, Moustapha Cissé Lô, annonce qu’il va demander à l’Assemblée nationale de voter une loi en urgence retouchant le Code électoral pour dispenser les électeurs d’une perte de temps dans le choix de la cinquantaine de bulletins en compétition recensés.

Le député invite les acteurs politiques à une introspection pour mettre fin à cette pagaille, notamment en réfléchissant sur une formule pour limiter le nombre de candidats aux élections car si le candidat verse une caution, l’État « met un montant dix fois supérieur entre la confection des cartes d’électeur, l’achat de l’encre, du matériel électoral entre autres dépenses.

Moundiaye Cissé, président de l’Ong 3D, demande, cependant, qu’« il y ait, au préalable, un consensus de toute la classe politique sur le sujet avant toute décision et l’État gagnerait à enrôler tous les acteurs dans ce projet».

Sur la proposition de Cissé Lô, il est d’avis que «la retouche du Code électoral est interdite par le Protocole additionnel de la Cedeao qui interdit aux États d’y opérer des changements à moins de six (6) mois de la tenue d’élection, à moins qu’il y ait consensus».

A l’en croire : «on doit penser à instaurer le bulletin unique, aller vers la mise en place d’un code des partis politiques de sorte qu’on ne banalise pas

le droit qui est donné aux Sénégalais de créer un parti politique ». Cela permettrait une lisibilité du jeu électoral et aux citoyens sénégalais de faire des choix éclairés».

Toutes ces propositions, parmi tant d’autres, concourent pour que ça soit la première et la dernière fois que des élections législatives enregistrent autant de listes.

Prolifération de partis politiques

En effet, cette situation inédite est engendrée par la prolifération des partis politiques au Sénégal. Il y a plus de 200 formations politiques dans un petit pays comme le Sénégal, avec moins de 14 millions d’habitants et un fichier électoral qui ne passe pas les 4 millions d’électeurs.

Sekou Dianko DIATTA

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*