7 avril 1994 : Début du sanglant génocide dans la capitale du Rwanda

Tout est parti de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana survenu le 6 avril 1994.

En l’espace d’une centaine de jours, le conflit fait un million de martyrs dont la plupart sont des Tutsis. Le bilan de ce deuxième massacre des Tutsis dépasse de loin celui contre la même ethnie survenu en 1963 à cause de l’horreur des exactions et du nombre de victimes.

Après l’attentat, au matin du 7 avril, la garde présidentielle, sous les ordres du colonel Bagosora et appuyée par des milices de l’interahamwe, se met en action dans la capitale Kigali et dans le Nord-Ouest du pays. Les premiers évènements qui sonnent comme une riposte contre l’attentat débutent avec l’assassinat du premier ministre Agathe Uwilingiyimana, par ailleurs chef des Hutus de l’opposition. C’est le début de la chasse aux Tutsis et aux Hutus modérés favorables aux accords d’Arusha qui ont mis fin à la guerre civile rwandaise débutée en 1990.

Ce matin du 7 avril, beaucoup de personnalités rwandaises sont tuées. Il s’agit entre autres du président de la Cour constitutionnelle Joseph Kavaruganda, le vice-président du PSD Félicien Ngango et le ministre du Travail Landoald Ndasingwa. Dix casques bleus ainsi que la femme du Premier ministre d’alors, Madame Uwilinggiyimana passent de vie  à trépas la même journée.

Derrière ces exactions contre les Tutsis, le nom du colonel Bagosora est cité comme le principal commanditaire. Ancien élève de l’Ecole de guerre française, il contrôle de facto le pouvoir militaire puisqu’il pilote la garde présidentielle depuis la mort de son chef Elie Sagatwa, disparu dans l’accident. La France aussi a une lourde responsabilité dans ces massacres pour avoir reconnu le gouvernement génocidaire mis en place le 8 avril. Mieux, la France participe à la constitution du gouvernement intérimaire rwandais (GIR) dont la plupart des négociations se sont déroulées en partie dans l’ambassade de France même. Bien que le colonel Bagosora ait renoncé à un gouvernement militaire, sur l’injonction de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le gouvernement né de ce compromis est constitué des membres de l’Hutu Power, un courant motivé par l’extermination des Tutsis.

Un quart de siècle après, le Rwanda se remémore dimanche le génocide de 1994, au cours duquel au moins 800 000 personnes périrent en cent jours, essentiellement parmi les Tutsis.

Il y a 25 ans, le 7 avril 1994, débutait le génocide au Rwanda. Les tueries ont coûté la vie entre avril et juillet 1994 à au moins 800 000 personnes, selon l’ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

La journée de dimanche ouvre une semaine d’activités consacrées à la mémoire du génocide et un deuil de cent jours.

Le chef de l’État rwandais, Paul Kagame, 61 ans, lancera les célébrations en déposant une gerbe et en allumant une flamme au mémorial de Gisozi à Kigali, où plus de 250 000 victimes du génocide sont enterrées. Il fera ensuite son discours rituel lors d’une cérémonie au Centre de conventions de Kigali, emblème de la modernité de la capitale rwandaise et du renouveau du pays depuis 1994.

Puis une marche du souvenir mènera le président et ses invités vers le stade Amahoro (“paix”, en kinyarwanda), où aura lieu une veillée. Ce stade, dans lequel s’étaient réfugiés en 1994 des milliers de Tutsis pour échapper, sous la protection de l’ONU, aux tueries, est souvent le lieu de crises traumatiques, appelées Ihahamuka, parmi le public bouleversé qui revit le drame. Pour les survivants et leurs familles, la commémoration du génocide reste une épreuve bouleversante, qui fait resurgir les images des tueries.

Absence du président français

Une dizaine de chefs d’État ou de gouvernement sont attendus à cette commémoration. Aucun, toutefois, ne vient des pays de la sous-région, ce qui témoigne du relatif isolement dont continue à souffrir le Rwanda. Le Premier ministre belge Charles Michel, venu exprimer le soutien de l’ancienne puissance coloniale, est le seul non-Africain.

Le président français Emmanuel Macron, qui était également convié, a décliné l’invitation, officiellement pour des raisons d’agenda. Son absence est une déception pour les Rwandais, qui espéraient le voir exprimer des excuses de la France pour son rôle en 1994. La France est accusée par le pouvoir rwandais d’avoir été complice du régime hutu responsable du génocide, voire d’avoir pris une part active aux massacres, ce qu’elle a toujours nié.

La polémique empoisonne depuis des années les relations entre les deux pays, même si elles sont meilleures depuis l’élection en 2017 d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État français a fait deux gestes symboliques à l’attention de Kigali. Il a d’abord dépêché pour le représenter le député Hervé Berville, orphelin tutsi rwandaisadopté par une famille française en 1994. Et surtout, il a annoncé vendredi l’ouverture à une commission d’historiens de “toutes les archives françaises” sur la période 1990-1994, un engagement pris en mai 2018 à l’issue d’une rencontre avec Paul Kagame.

Les massacres, perpétrés par les Forces armées rwandaises (FAR) et les miliciens hutus Interahamwe, mais aussi par nombre de civils hutus exaltés par la propagande anti-Tutsis, ont commencé le 7 avril 1994, au lendemain de l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, un Hutu.

Le carnage a pris fin le 4 juillet avec l’entrée à Kigali de la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), dirigée par Paul Kagame. Homme fort du Rwanda depuis lors, celui-ci a présidé au redressement de son pays, sorti du néant.

Avec AFP

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