À Idlib, Assad a gagné …

La création d’une zone démilitarisée annoncera la cessation des hostilités aux alentours d’Idlib, après quoi toute agression terroriste contre les civils et les militaires syriens sera pratiquement stoppée.

Après la tenue d’un sommet tripartite entre les présidents turc, iranien et russe à Téhéran qui n’a débouché sur aucune décision catégorique de mettre fin aux combats contre les groupes terroristes à Idlib, il semblait que les résultats de cette réunion étaient en faveur des courants qui exerçaient des pressions sur le gouvernement syrien et ses alliés. Par contre, la réunion de Sotchi qui s’est tenue entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le lundi 17 septembre, a montré que les évolutions à Idlib ne seraient résolues qu’en vertu de « l’équation immuable » définie par le gouvernement syrien aussi bien sur le champ de bataille que lors des négociations. Comme prévu, l’approche politique de l’accord de Sotchi portait sur les points communs obtenus déjà lors des pourparlers et réunions des parties régionales et internationales influentes sur le conflit syrien.

Sur le plan politique, la Russie et la Turquie ont insisté sur la nécessité de la poursuite des activités destinées à parachever le processus des négociations d’Astana et celles portant sur les réformes constitutionnelles en Syrie, à mettre fin aux conflits armés à Idlib et à éradiquer les groupes terroristes.

Sur le plan militaire, les clauses de cet accord ont été rédigées de façon sensible et précise en vue d’obtenir des résultats efficaces sur la situation sur le terrain, qui sont les suivants :

1- « La zone démilitarisée » à Idlib et à ses alentours, les banlieues de Hama, d’Alep et de Lattaquié (dans un secteur de 20 km occupé par les groupes terroristes, NDLR). La superficie de cette zone démilitarisée est la moitié de celle d’Idlib et de ses alentours qui est contrôlée par les groupes terroristes, puisque cette « zone » est pratiquement située hors de la ville d’Idlib. Cette question sera une solution à la crise d’Idlib et c’est ce que cherche d’ailleurs le gouvernement syrien dans ses combats contre les terroristes : le désarmement et l’évacuation des éléments armés et terroristes d’Idlib et la réconciliation avec les autres. La création d’une zone, qui doit être déclarée « démilitarisée » et d’où doit être évacuée les armes lourdes, marquera pratiquement la cessation des affrontements aux alentours d’Idlib et mettre un terme aux agressions des terroristes contre les civils et les forces armées syriennes dans les provinces d’Alep, de Hama et de Lattaquié. En d’autres termes, l’accord russo-turc sur Idlib contribuera au rétablissement de la sécurité et de la trêve durables dans la plupart des régions du nord de la Syrie, objectif recherché depuis longtemps par l’armée syrienne.

2- Les patrouilles conjointes russo-turques dans toutes les zones de désescalade, évoquées lors de la conférence de presse de Poutine/Erdogan à Sotchi, seront effectuées et elles ne concerneront pas seulement la « zone démilitarisée ». Cette décision aura aussi des impacts sur les évolutions en cours sur le terrain de combat : le développement de la présence des unités de surveillance et de sécurité de la Russie et de la Turquie dans tous les points de la province d’Idlib, ce qui annoncera la fin de l’autorité et l’occupation des groupes terroristes dans ces régions. Cet évènement peut être considéré, à court terme, comme un acquis pour les unités militaires russes et turques, mais à long terme, il constitue un évènement exceptionnel qui est d’ailleurs un autre objectif suivi par Damas.

3- En vertu de cet accord, des postes de contrôle fixes et mobiles seront créés par la Turquie et la Russie dans les régions frontalières et à l’intérieur de la « zone démilitarisée ». Cela fait partie des solutions destinées à stabiliser cette zone et garantir le respect de la trêve. L’une des principales activités de l’armée syrienne en cas de lancement de l’opération de libération d’Idlib consistait à établir des postes de contrôle pour y rétablir la sécurité.

4- L’établissement d’une ligne de contact à Idlib en vue de séparer les « opposants modérés » des « groupes terroristes » fait partie de cet accord. Cette clause est aussi mentionnée dans l’accord d’Astana qui insiste sur le fait que les groupes terroristes doivent être séparés des autres groupes. Ceci est, à vrai dire, l’une des revendications communes de la Syrie, la Russie et l’Iran.

5- L’ouverture de la route Alep-Lattaquié et la route internationale reliant Alep à Hama peuvent s’avérer, au premier regard, un évènement facile, mais sur divers plans militaire, stratégique et administratif, elle a une importance toute particulière pour le gouvernement syrien. L’ouverture de ces deux routes signifie le fait que la « zone démilitarisée » sera étendue jusqu’aux alentours de ces deux régions. En plus, il faut prévoir de larges zones pour la sécurité de la vie des passagers de ces deux routes. Autrement dit, la sécurité et la paix se rétabliront dans la grande partie des zones géographiques du gouvernorat d’Idlib, sous la supervision du gouvernement syrien. Le rétablissement de la sécurité sur les routes Alep-Hama et Alep-Lattaquié nécessite des mesures sécuritaires et administratives particulières du gouvernement et des institutions légales de la Syrie.

En passant en revue les clauses de l’accord russo-turc à Sotchi, on peut arriver à cette conclusion que le gouvernement de Damas a franchi des pas de géant dans le rétablissement de la sécurité dans la plupart des régions de la Syrie ainsi que dans le processus de libération de la province d’Idlib. Le point le plus important est que cela s’est effectué sous la supervision des parties régionales et internationales.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i70847-à_idlib_assad_a_gagné_…

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