A la Une: les suites de la libération de Karim Wade

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A la Une: les suites de la libération de Karim Wade
Par Frédéric Couteau-rfi

« L’euphorie de la libération vendredi dernier de Karim Wade, par grâce présidentielle, n’a été que de courte durée, note le quotidien sénégalais Enquête. Très vite, les libéraux qui ont mené pendant quatre longues années une rude bataille pour sortir Karim Wade de prison se sont rendus à l’évidence. Leur candidat investi à l’élection de 2019 a été contraint de quitter le territoire national, après sa libération. S’agit-il d’un exil forcé ? » Oui, répondent-ils. En attendant un retour au pays, « la libération de Karim Wade acquise, le Parti démocratique engage une autre lutte, pointe encore Enquête : celle de la restitution de tous ses droits civils et politiques. Pour ce faire, les libéraux veulent imposer une cohabitation à l’Assemblée nationale, à l’issue des prochaines élections législatives de 2017. Cela, dans le souci d’avoir une majorité parlementaire à même de faire passer une loi d’amnistie. En attendant que le candidat du Pds fasse son come-back au pays natal pour prendre le pouvoir, comme l’ont fait Khomeiny en Iran et Ouattara en Côte d’Ivoire. » La présidentielle de 2019 pourrait donc en être l’occasion…
Walfadjri, autre quotidien sénégalais, reprend les propos plutôt incisifs, d’Idrissa Seck, surRFI. Pour le patron de Rewmi, « le régime de Macky Sall a perdu toute crédibilité pour parler de traque des biens mal acquis, parce que cette traque autour de Karim Wade, qui a tenu en haleine les Sénégalais pendant 4 ans, accouche d’une souris. Ce que je trouve ignoble, poursuit Idrissa Seck, c’est que le président Macky Sall ait voulu couvrir ce deal en l’anoblissement au mode d’un prétendu dialogue, qui en fait n’a porté sur aucun des intérêts vitaux du Sénégal. »
Pourquoi cette libération ? Le Pays, au Burkina, avance plusieurs éléments de réponse… «Le président Macky Sall était conscient que tant que Karim Wade était en prison, aucun dialogue n’était possible entre lui et ses anciens camarades du PDS et plus particulièrement entre lui et Wade père. Or, note le journal, Macky Sall a visiblement besoin de la caution du ‘vieux’ pour réussir le dialogue national qu’il a initié afin d’apaiser la tension politique qui est observable dans le pays depuis que Karim Wade a été jugé et emprisonné. »
Par ailleurs, poursuit Le Pays, « le Qatar a sans doute joué un rôle déterminant. Quand on connaît la quantité de pétrodollars que ce pays injecte dans l’économie du Sénégal et la qualité des relations qui existaient entre les autorités de cette monarchie et la famille Wade, l’on peut affirmer sans grand risque de se tromper que ceci a pu expliquer cela. Enfin, pointe encore le quotidien ouagalais, toujours, au nombre des pressions extérieures, rien ne nous dit que la France, de manière souterraine, n’a pas plongé les mains dans le cambouis. »
Le Brexit et l’Afrique
A la Une, également, le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Quelles répercussions en Afrique ? », s’interroge le site d’information guinéen Ledjely.com. «Consciente de l’impact que son apport aux pays africains a pour son propre rayonnement diplomatique, la Grande-Bretagne pourrait s’offrir le luxe d’accroitre son aide en direction du continent, ose espérer Ledjely.com. En plus du montant de sa contribution au Fonds européen de développement (près de 4,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020), le Royaume Uni pourrait réorienter une partie des fonds qu’il déposait au titre du budget de l’UE (plus de 11 milliards d’euros en 2014) pour marquer davantage son influence en Afrique. Toutefois, tempère le site guinéen, le dispatching de ces fonds pourrait considérablement évoluer. La probabilité est notamment très grande pour que les Africains du Commonwealth (Nigéria, Kenya, Afrique du sud, etc.), anciennes colonies de la couronne britannique, soient les plus servis. Conséquence, ceux des Etats africains ne relevant pas de la zone d’influence de la Grande-Bretagne ou ne représentant pas un intérêt stratégique à ses yeux, pourraient d’un côté voir l’aide reçue de l’UE diminuer, alors que de l’autre, ils devront batailler dur pour bénéficier des subsides venant directement du pays de David Cameron. »
Enfin, sur le plan politique, les rêves panafricanistes en prennent un sérieux coup, pointeL’Observateur Paalga : « voilà que le mauvais exemple nous vient de ceux qui, dans une certaine mesure, nous ont inspirés et sur les instances de qui nous avons calqué bon nombre des nôtres qui font aujourd’hui notre fierté. Alors, implore L’Observateur, pourvu qu’à l’échelle régionale, cette tâche du Brexit ne déteigne pas sur les anciennes colonies britanniques d’Afrique de l’Ouest pour les enfermer dans un réflexe de repli sur soi. »

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