Abdel Fattah al-Sissi, l’incontestable maître de l’Egypte

Artisan de la stabilité pour les uns, autocrate décrié pour les autres, l’ex-maréchal Abdel Fattah al-Sissi, a écrasé tous ses opposants depuis 2013 pour devenir le maître incontestable de l’Egypte.

D’après des médias d’Etat égyptiens, M. Sissi va ainsi être réélu avec plus de 90% des voix, au terme de la présidentielle qui s’est tenue de lundi à mercredi dans le pays le plus peuplé du monde arabe (plus de 90 millions d’habitants).

Après avoir écarté du pouvoir son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013 à la faveur de manifestations de masse, l’homme fort du pays s’était déjà fait élire confortablement en 2014.

En quatre années de présidence, il a ensuite réduit au silence l’opposition islamiste, mais aussi libérale, emprisonnant des centaines de voix considérées comme dissidentes.

A 63 ans, désormais vêtu de costumes sobres, l’ex-maréchal aux lunettes noires ne ressort que rarement sa tenue militaire.

Omniprésent à la télévision et dans les médias, le président Sissi aime à prendre la parole en public, tantôt pour une inauguration, tantôt pour un forum avec des jeunes Egyptiens ou encore pour une commémoration.

S’exprimant en arabe égyptien, il déclame de longues tirades d’une voix chaude, parfois ponctuée de rires, avec toute l’attention d’un auditoire déférent.

D’un ton paternaliste, il est capable de décrire les Egyptiens comme la prunelle de ses yeux, assurant qu’il n’est qu’un simple serviteur de son pays.

Soutenu par des médias quasi-unanimes, M. Sissi reste populaire auprès d’un certain nombre d’Egyptiens lassés par les années de chaos post-2011 et qui voient en lui le seul homme capable de relancer une économie à genoux et de vaincre le jihadisme.

Il a lancé l’armée à l’assaut du Sinaï, cette péninsule désertique bastion de la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI), échouant toutefois à enrayer la vague meurtrière qui a fait des centaines de morts parmi les policiers et soldats, dans le Sinaï mais aussi au Caire.

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