Accords de pêche Sénégal-Ue : Les chiffres nagent dans la confusion

Les accords de pêche signés entre l’Etat du Sénégal et l’Union européenne continuent de faire des vagues. La société civile, les Ong de défense de l’environnement ainsi que les organisations de pêcheurs continuent de dénoncer ces accords qu’elles jugent «mauvais» pour les ressources halieutiques. Du côté de l’Union européenne, l’on se défend et apporte des précisions.

Le Sénégal a très bien négocié les accords de pêche qui le lient à l’Union européenne. C’est en tout cas le sentiment de Dominique Dellicour, chef de la délégation de l’Union européenne, malgré tout ce qui se dit.

Devant la presse, elle a véritablement pris la défense de l’Etat du Sénégal en comparant ces accords avec ceux que le Gabon et la Côte d’Ivoire ont signés avec l’Union européenne.

Pour elle, l’Etat du Sénégal va empocher d’ici les prochaines cinq années environ 9 milliards 500 millions de francs Cfa alors que les deux pays cités en sus se retrouvent avec un peu plus de trois milliards.

Cette somme, selon elle, va permettre au Sénégal en partenariat avec l’Union européenne d’appuyer la politique sectorielle de la pêche. Ce, en luttant contre la pêche illicite et non règlementaire, le pillage de la ressource, mais aussi la restructuration de l’écosystème fragile.

S’expliquant toujours sur ces accords qu’elle qualifie de bénéfiques pour les deux parties, Mme Dellicour a tenu à souligner que les 36 navires, qui vont pêcher le thon, ne sont pas des concurrents de la pêche artisanale du Sénégal.

Selon elle, les pirogues sénégalaises pêchent très rarement cette espèce qui, selon ses dires, est d’ailleurs en surplus dans l’Océan Atlan­tique. A côté de cette espèce, l’accord prévoit aussi deux navires qui vont spécialement pêcher le merlu noir à raison de 2 000 tonnes par an.

Mais l’on se souvient également en juin 2013 des recommandations, à l’occasion d’un comité interministériel sur le merlu noir, qui disaient que cette espèce était en voie de disparition dans les côtes sénégalaises et qu’il fallait la protéger. 

Se voulant également rassurant, le chef de la délégation a noté que ces accords s’inscrivent dans une nouvelle politique européenne de protéger les ressources halieutiques durablement. Contraire­ment aux accords précédents, ceux-ci sont donc encadrés. Ainsi, précise-t-elle, les bateaux européens seront munis de balises qui permettront de déterminer l’endroit où ils se trouvent.

En plus, il peut y avoir, selon le chef de Délé­gation de l’Ue, un représentant de l’autorité sénégalaise dans ces navires pour contrôler les captures. A cela, il faut ajouter une commission mixte qui va faire des revues annuelles pour évaluer et au besoin rappeler à l’ordre ou bien redéfinir les termes des accords. Des sanctions sont également prévues par l’Union européenne, à en croire Dominique Dellicour, pour les navires qui ne seraient pas amenés à respecter les accords. 

Écrit par Ngoundji DIENG

ndieng@lequotidien.sn

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