Adiouza, artiste-chanteuse : «I love someone else est une chanson que j’ai composée dans des moments difficiles»

Elle est… fée pour chanter. Fille du monument Ouza Diallo, Adiouza monte sur scène sans s’embarrasser de peurs et des qu’en-dira-t-on. Elle est affriolante. Sexy. C’est un choix de carrière pour charmer un public qui rêve de nymphes aux corps de rêve.

Pari gagné : En 2008, elle est la révélation féminine du Sénégal. Adji Ouza Diallo a réussi à se faire une place dans le paysage musical sénégalais. Depuis 2008, elle continue de confirmer son talent, ses sorties sur scène et assumer son sex-appeal. Alors que dans l’intimité du domicile familial, elle se voile de pudeur. Ainsi vit Adiouza.

Dans cet entretien, elle sort un peu de la scène pour raconter Adji Diallo. Elle revient ainsi sur les anecdotes qui ont escorté son séjour en France, des faits subis qui lui sont restés en travers de la gorge. Elle ouvre son cœur pour se raconter. Sans fard.

Vous avez sorti votre deuxième album il y a un an. On peut savoir s’il y a un autre en vue pour les prochains mois ?

Actuellement, je suis sur un projet de recherche musicale pour un album qui doit sortir en 2015, donc durant tout le mois de ramadan je vais me concentrer sur ces recherches en Basse Casamance et à Kédougou. Il s’agira de faire des recherches sur les sonorités de ces localités qui vont me permettre de faire cet album international qui sortira en 2015. En plus de ça, on a prévu également une tournée européenne après la Korité pour faire la promo. Il y a aussi un clip qui doit sortir. On s’inscrit dans la continuité. On va mettre l’accent sur les sonorités inconnues du public, auxquelles le public n’est pas habitué. Je veux vraiment enrichir mon futur album. Je vais faire une world music parce que je veux vraiment m’ouvrir.

L’album fait son bonhomme de chemin : Il est apprécié durant vos concerts. Vous vous permettez même d’improviser en reprenant des titres de certains artistes. Sur le plan musical, vous ne vous plaignez pas. Comment se porte votre vie sentimentale ?  Kouy feug comme vous l’avez bien chanté lors de votre concert au Ccf ?

Il y a plusieurs personnes. Comme toute femme, à un certain âge, les hommes viennent vers vous. Mais bon, disons qu’en ce moment, je suis obnubilée par ce projet d’album international que je compte faire sortir en 2015. Je me suis mise au travail parce que je pense que ça nécessite beaucoup d’efforts et de sacrifices. Pour l’instant, je suis un peu «out» de tout ça.

Mais ça fait partie de la vie aussi…

Mais en ce moment ça ne fait pas partie de mes priorités.

Pourquoi ?

(Rires) Toi aussi, je t’ai dit que ça ne fait pas partie de mes projets.

Les gens travaillent et ont plein de projets, mais ça ne les empêche pas de se caser. Il est possible d’allier les deux, non ?

Oui, j’attends le prince charmant.

Il doit être comment, selon vous ?

Maintenant j’ai dépassé l’âge où je décrivais l’homme que je considère comme idéal. Je veux juste quelqu’un de bien, pieux, qui connaît la valeur de la femme, gentil.

Et parmi tous ceux qui frappent à la porte en ce moment, personne ne répond à ces critères ?

(Elle éclate de rire) Toi là, tu es têtue ah…. Non je passe… Actuelle­ment, je suis vraiment concentrée sur autre chose. Le moment venu je me marierai, c’est le bon Dieu qui décide. C’est juste ça.

Je vois que tu habites toujours dans la maison familiale. D’habitude chez les artistes, si on a un certain succès, la première chose à faire c’est de trouver un appart… Qu’est-ce qui explique votre choix ?

Pourquoi m’embêter à aller chercher un appart… alors que la maison familiale est là ?  Et puis dans nos sociétés, une fille doit rester chez ses parents jusqu’au jour où elle va se marier. Je n’en ai vraiment pas besoin. J’ai tout ce qu’il me faut ici, ce n’est pas important pour moi.

Vous êtes conservatrice ?

Non ! Je suis très open, je ne critique pas ces femmes qui prennent des apparts, je ne juge personne. Chacun a sa philosophie, la mienne c’est de rester dans la maison familiale parce que j’ai tous mes repères ici. C’est ça le problème, j’ai mes repères à côté de mon père, mes sœurs, mes frères. Je ne m’imagine pas ailleurs. Mais le jour où je me marierai, je le ferai forcément.

Est-ce que c’est parce qu’aussi Père Ouza est un peu un papa poule qui veut que ses enfants soient toujours autour de lui ?

Oui on peut dire ça. Il est toujours au petit soin avec ses enfants, surtout ses filles. Il ne veut pas qu’on souffre. Il a tout fait pour nous, il nous a payé les études malgré le fait qu’il n’avait pas les moyens durant cette période-là. N’empêche, il a investi sur nos études, je lui dois beaucoup, d’avoir participé à mon éducation, et de s’être investi pour que j’arrive à ce stade. Je lui rends hommage et à ma mère aussi, c’est une battante qui a tout fait pour que ses enfants aillent au-delà de leurs limites. Je les remercie, ils me sont d’un apport considérable.

C’est pour vous protéger également qu’il s’est opposé à accorder votre main à un de vos prétendants ?

Non, je passe (elle éclate de rire).

Dites-nous ce qui s’est vraiment passé ?

Non ! Je ne vais pas répondre à cette question.

Dans votre dernier album, il y a une chanson où vous parler de I love someone else. Est-ce que c’est une histoire que vous avez vécue ?

C’est une chanson que j’ai composée dans des moments difficiles. C’est une histoire vécue par toutes les femmes. Tu es amoureuse de quelqu’un, à côté il y a un autre qui est très amoureux de toi… C’est la chaîne de l’amour. Oui, c’est une histoire que j’ai vécue et que toute femme a déjà vécue.

Est-ce que ce n’est pas aussi une façon de justifier un peu le mbarane ?

Non ! Parce que la fille en question n’a pas choisi délibérément de tromper le gars. Il se trouve juste qu’elle est hyper amoureuse de son bad boy. Malgré tout ce que l’autre fait pour elle, elle n’arrive pas à l’aimer. Ce n’est pas une façon d’inciter les filles à faire du mbarane. C’est au contraire les inciter à croire en l’amour. Parce qu’avec l’âge, on comprend qu’au-delà du matériel il n’y a que l’amour qui compte vraiment. Il est important d’aimer la personne avec qui on veut faire sa vie. Dès qu’il n’y a pas d’amour, cette relation est perdue d’avance.

On a constaté que vous êtes de plus en plus sexy et même dans un entretien, vous avez déclaré que pour réussir dans le milieu du show-biz il faut être sexy pour vendre. C’est une expérience que vous avez vécue ?

Forcément. Sauf que je trouve que j’étais plus sexy au début que maintenant. Parce que maintenant, je suis assez mature pour comprendre beaucoup de choses, et puis je ne me laisse pas influencer bêtement. Tout ce que je fais, c’est bien réfléchi. C’est vrai qu’il y a des gens qui m’appellent et qui me font des critiques. C’était surtout durant la période où je mettais l’afro. Ils me disaient que ce n’est pas sexy, ce n’est pas joli, ça ne va pas marcher au Sénégal. Mais je ne les ai pas écoutés et je le faisais tant que ça me plaisait. Et ça me plaît je le refais. La preuve lors de la fête de la musique, j’étais sur scène avec ce look. Je fais ce qui me plaît et ce que je juge nécessaire pour mon avancement. L’essentiel est que je sois en phase avec ma conscience.

Vous croyez vraiment que quand on n’est pas sexy, on a des problèmes pour percer dans le milieu de la musique ?

Actuellement dans le milieu oui, c’est un fait. C’est un constat. Si on n’est pas sexy, ça pose énormément de problèmes.

Selon vous, pourquoi on ne peut pas percer si on n’est pas sexy ?

Oh ça, il faut le demander au public. Parce que quand j’ai intégré le milieu, les choses étaient ainsi. Ce sont les gens qui aiment l’habillement sexy. Nous aussi de la nouvelle génération on fait la même chose parce que c’est le chemin qui mène le plus rapidement à Rome (Rire). On est obligé de s’aligner. Si tu ne t’alignes pas… J’ai même déjà traité ce sujet dans une des chansons de mon premier album avec le titre A qui la faute. La fille qui s’habille en tenue traditionnelle ne les intéresse pas, celle qui les intéresse c’est la fille hyper sexy, c’est à peu près la réalité. Dans les médias aussi, on ne fait que la promo des artistes sexy, on insiste beaucoup sur ça. Le public aussi attend ça de nous. Si les médias faisaient la promotion de la femme qui n’est pas sexy, peut-être que la donne allait changer. Si tu prends l’exemple des sites web, ils veulent que les filles s’habillent hyper sexy pour qu’ils mettent les photos et c’est en ce moment aussi qu’ils enregistrent le plus de vues. Ce n’est pas seulement au Sénégal, c’est un phénomène mondial.

Est-ce qu’il n’y a pas de contradiction entre le fait que vous dites qu’il faut s’aligner parce que c’est le public qui veut un style sexy et d’un autre côté vous prônez le retour à nos valeurs traditionnelles ?

 C’est contradictoire, mais j’ai un produit quand même à vendre. J’ai investi beaucoup d’argent pour faire cet album. Il y a un moment où j’ai vraiment essayé en disant que je n’ai pas envie d’être sexy. Je suis venue avec ce style afro, mais ça ne passe pas. Le public est là, il pense que la femme belle c’est celle qui est sexy, qui met en valeur son corps. C’est ce qui est mis en exergue dans les médias, on ne fait pas la promo de l’autre camp. Tu sais que je ne m’habille pas sexy en dehors de la scène. Quand je suis à la maison je mets des tenues descentes, je suis toujours en veste. Je ne peux pas m’habiller autrement dans la vie réelle.

C’est bizarre ?

Oui c’est bizarre, mais je ne peux pas. Je ne sais pas comment l’expliquer. Sur scène c’est le rêve. C’est ma philosophie sur scène, je dois faire rêver le public. Donc je mets tout, je fais tout ce qui est possible dans l’art pour faire plaisir à mon public.

Mais une fois que tu quittes la scène tu deviens une autre personne ?

Une femme normale et très pudique hors de la scène, pas de jupe ou de robe courte, pas de bustier. Je suis tout le temps en veste. Et je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas l’expliquer. Je ne sais pas si c’est par complexe ou par timidité, mais je m’habille toujours de manière descente quand je ne suis pas sur scène.

Ne pensez-vous pas que ce n’est pas aussi à l’autre camp de s’imposer, de montrer qu’il ne s’agit pas seulement d’être sexy, imposé leurs tenues descentes ?
Mais pour ça il faut qu’on les aide aussi. Moi j’ai beau dire retour à nos valeurs, il n’y a pas de médias qui me suis, je ne vais pas réussir à imposer ce style. C’est une perte de temps, et j’ai investi beaucoup d’argent dans mon album. Je vais m’aligner jusqu’au jour où on va accorder de l’importance aux autres qui ne sont pas sexy. Où on va écouter les gens sur ce qu’ils font, leur philosophie au lieu de se baser uniquement sur le corps de la femme.

Vous pouvez adopter ça peut-être. A force d’insister ils vont vous suivre et ne plus se focaliser sur le corps…

Le jour où je serai une artiste d’envergure internationale, je le ferai. Mais en ce moment, je suis locale, je suis très petite pour renverser la tendance.

Vous vous alignez ?

Mais ça dépend, chacun est libre. Des fois je m’aligne, mais des fois aussi je suis complètement out, je fais ce dont j’ai envie. C’est juste une question de feeling. Je ne juge pas les gens, ça ne me pose pas de problème. L’essentiel c’est qu’on soit à l’aise dans ce qu’on fait. Tant qu’on est à l’aise c’est bon.

Il paraît que vous avez galéré en France. Expliquez-nous un peu ce que vous avez vécu là-bas…

On dit souvent que tout début est difficile. Au début, je ne connaissais personne en France, j’étais dans les foyers où à 8h du matin il fallait quitter la chambre et ne revenir qu’à 18h. C’était vraiment difficile. La vie d’immigré ce n’est pas vraiment facile avec le racisme, la discrimination. Ça m’a permis de savoir qu’on n’est jamais mieux que chez soi, où tu entres dans un magasin, qu’on te surveille parce que simplement tu es noir. Quand tu vas dans les restos, tu ne subis pas la discrimination. Je n’étais pas du tout heureuse en France.

Vous avez fait combien d’années là-bas ?

J’ai fait 6 ans et j’avoue que je n’étais pas du tout heureuse, mais ça m’a permis quand même de comprendre beaucoup de choses dans la vie, de ne rien attendre de personne. Que les gens mesoutiennent où ne le fassent pas j’y vais, je fonce. Si je me plante je saurais que je me suis plantée, mais j’essaye quand même. Je ne suis jamais vaincue d’avance. J’ai cette capacité de tenir bon malgré les difficultés.

Vous faisiez quel genre de petits boulots pour subvenir à vos besoins ?

J’étudiais l’Ethnomusicologie et je travaillais dans un cabaret qui existe toujours d’ailleurs. J’y chantais le soir dans beaucoup de styles, le jazz, le soul, de la musique africaine. Je le faisais dans ce club et ça me permettait  d’économiser un peu d’argent qui m’a permis de produire mon premier album. C’était une école pour moi. Quand j’étais au Sénégal, mon père ne me laissait pas sortir. J’étais casanière, mes amis me taquinaient en me disant que j’étais une «prisonnière».
Si on me proposait de sortir, je disais : «Je ne peux pas sortir, mon père ne m’a pas autorisée.» J’étais tout le temps à la maison et quand je suis allée en France, ça m’a permis de m’ouvrir un peu et d’évoluer. J’ai beaucoup appris parce qu’au Sénégal, il y a toujours maman et papa qui te défendent. Mais là-bas, j’étais toute seule, j’étais obligée de prendre ma vie en main.

Mais vous étiez beaucoup plus libre ?

 Oui c’est vrai beaucoup plus de liberté. Seul tu es responsable de ce que tu fais, l’essentiel c’est de savoir distinguer ce qui est bien de ce qui est mauvais.

 Qu’est-ce qui peut vraiment vous énerver, vous mettre hors de vous ?

Le manque de civisme, de savoir-vivre, de patriotisme, croire que tout ce qui vient de l’Occident est bien et tout ce qui vient de l’Afrique est mauvais. Etre noir dans un autre pays est très difficile. Quand on te surveille dans un magasin parce que tu es un Noir. Cette image que les Français ont des Noirs, je ne vais jamais l’oublier parce que c’est une chose que j’ai vécue. Et puis, ce sont des vigiles noirs qui te surveillent. Parce que tu es noir, tu dois être forcément un voleur.

Vous semblez remontée contre cette discrimination. On vous a déjà accusée de vol parce que vous êtes noire ?

Je ne l’ai jamais racontée, mais c’est une chose que j’ai vécue quand j’étais en France. Ce jour-là, c’est ma maman qui a pris ma défense face au gars. J’étais dans le magasin pendant que je faisais le tour des rayons, j’ai pris un produit et en même temps j’ai ouvert mon sac pour faire sortir mon portable et le gars a cru qu’en ouvrant mon sac j’ai glissé le produit que j’avais entre les mains dedans. Et quand je sortais du magasin, tous les vigiles sont venus vers moi en me disant que tu ne pouvais pas sortir. Il faut qu’on vérifie, ils m’ont palpée. J’ai pleuré ce jour-là parce que je ne savais pas quoi dire. Tout le monde était là, les gens disaient : «On a pris une femme noire en train de voler des chewing-gums.» Ils ont fouillé mes bagages et n’ont rien trouvé. Après, ils se sont excusés. Ma mère a fait un boucan là-bas, on a appelé la police pour arranger les choses. Le vigile a été viré, mais ce n’est pas ce que je voulais parce que lui aussi était un Noir. Il ne faisait que son travail aussi. Mais il m’a vraiment atteinte en touchant à mon honneur. Parce que j’attache beaucoup d’importance à mon honneur, à ma dignité. Si on me touche vraiment de ce côté, j’explose, je deviens une autre Adiouza.

On peut avoir une petite idée des thèmes qui seront abordés dans votre prochain album ?

Non, je ne peux pas en dire plus. Tu as oublié qu’on est au Sénégal. Si les gens savent où tu vas, tu ne vas jamais arriver (sougnou hamé fo dieum do yeg)…

Mais vous ne croyez pas à ces choses-là. Adiouza est open et moderne…

(Elle éclate de rire) Je suis open, mais j’ai des réserves. Si je vous dis préparez-vous je vais faire ceci et  cela…

Mais open ça veut dire qu’on n’accorde pas trop d’importance à certaines futilités ?

Ça sera une surprise. C’est un proverbe africain et j’y crois.

Mais Adiouza, de plus en plus, vous chantez les éloges de vos bienfaiteurs et maintenant c’est systématique surtout avec Marième Chalar. On ne peut pas vous entendre chanter sans prononcer son nom. Quelles sont vos relations ?

En 2011, j’ai vraiment galéré. Des membres de mon staff ont quitté, des coups bas que j’ai subis, le fan’s club qui s’est disloqué…

Quel genre de coups bas et venant de qui ?

Ce sont des détails sur lesquels je ne veux pas revenir. On est en 2014. J’ai dépassé ça, mais durant cette période je me suis sentie seule et dans ces moments-là il n’y avait que Marième Chalar qui était là. Je ne peux pas ne pas la remercier dans mes chansons. Des membres du staff m’ont quittée parce qu’il y avait des problèmes de moyens. Mais elle était là et m’a soutenue. C’est devenu quelque chose de mécanique. Dès que je parle de remerciements, c’est son nom qui sort de ma bouche (Elle rigole). Elle a été là, m’a soutenue sur tous les plans. Idem pour Khalifa Sall et son épouse. Ce sont des moments difficiles qui m’ont permis de savoir ceux qui sont mes vrais amis.

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?  

Je suis une fille relax qui, de temps en temps, fait ses rendez-vous  dans des hôtels de la place. Je fais mon sport là-bas. Je suis une chanteuse et businesswoman en même temps. J’œuvre dans le social donc je cours après des rendez-vous pour récolter des fonds.

Dans la vie, il n’y a pas que le boulot ?

(Rire) Je m’occupe de mon association.

Au-delà de votre association ?

Je sors avec des amis. Dans ma vie tout tourne autour de la musique.

Et pourtant ce n’était pas ton premier choix ?

Mais maintenant que je suis dedans et que tout tourne autour de la musique et de ma carrière. La première fois que je suis montée sur scène, les gens étaient étonnés. Ils se demandaient comment elle peut faire de la musique, elle ne sortait pas de chez elle, ne parle pas, personne ne la connaît dans le quartier. C’est un peu contradictoire, mais je pense que le voyage t’apporte beaucoup de choses.

Comment s’est passée votre première apparition sur scène ?
Ma première fois sur scène c’était catastrophique, il y avait le stress. J’avais répété à la maison en disant que je vais faire ceci, cela, mais une fois sur scène, je suis complètement passée à côté. Mon père m’a dit : «Je savais que tu allais passer à côté, tu ne vas plus chanter.» Ça m’a beaucoup marquée et j’avais même peur de faire de la musique. C’est grâce au voyage que j’ai eu la force et cette confiance, ça m’a permis de me forger ma propre personnalité.

Quand vous étiez plus jeune, qu’est-ce que vous vouliez devenir ?

Je pensais être journaliste télé. Mais l’appétit venant en mangeant avec mon frère j’ai pris goût à la musique, j’ai décidé de l’apprendre. Quand j’ai eu mon bac, j’ai perdu deux ans ici avant d’aller en France. Je m’étais inscrite au département d’Anglais de l’Ucad. J’ai fait un an. L’année suivante, je m’étais inscrite à une école de tourisme.

dkane@lequotidien.sn

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