Affaire Flynn : le tweet de Trump qui pose question

Le président américain a semblé admettre qu’il savait que son ex-conseiller à la sécurité nationale avait menti au FBI.

l y a des signes de nervosité qui ne trompent pas, et en particulier chez Donald Trump. Après l’inculpation vendredi de Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain qui a admis avoir menti au FBI dans l’affaire des ingérences russes lors de la dernière présidentielle, Donald Trump a compulsivement tweeté. Ce dimanche, il a réaffirmé qu’il n’avait jamais demandé au FBI d’abandonner l’enquête sur le dossier russe et particulièrement concernant Michael Flynn. “Je n’ai jamais demandé à Comey d’abandonner l’enquête sur Flynn. Encore de fausses informations couvrant un autre mensonge de Comey”, a-t-il écrit.

Lors d’une audition début juin devant le Sénat, l’ancien directeur du FBI James Comey avait affirmé que Donald Trump lui avait personnellement demandé d’enterrer l’enquête visant Michael Flynn.

Dès samedi, pris dans une frénétique envie de se défendre, Donald Trump a réaffirmé qu’il n’y avait eu “aucune collusion” de son équipe de campagne lorsqu’il briguait la Maison Blanche avec la Russie, et montré du doigt le département de la Justice, ainsi que son ex-rivale démocrate Hillary Clinton.

Le tweet qui dérange

Mais c’est la formulation du premier tweet après l’inculpation de Michael Flynn qui a particulièrement retenu l’attention et qui fait, depuis, l’objet de nombreux commentaires de la part des opposants à Trump. Samedi à la mi-journée, Donald Trump a tweeté :

“J’ai dû limoger le général Flynn parce qu’il a menti au vice-président et au FBI. Il a plaidé coupable de ces mensonges. C’est triste parce que ses actions pendant la transition étaient légales. Il n’y avait rien à cacher!”

Ce tweet suggère ainsi que les mensonges de Flynn au FBI étaient, en partie, la raison pour laquelle il a été viré par Donald Trump. Or, seul le mensonge au vice-président Mike Pence avait été invoqué par la Maison Blanche pour limoger le conseiller à la sécurité nationale en février, un mois après son entrée en fonction. Donald Trump laisse cette fois entendre qu’il était aussi au courant des mensonges au FBI, considéré comme un crime aux Etats-Unis.

“Etes-vous en train d’admettre que vous saviez que Flynn avait menti au FBI quand vous avez demandé à Comey de laisser Flynn tranquille?????????”, a interrogé sur Twitter, l’ex-directeur de l’éthique au sein de l’administration Walter Shaub.

Entrave à la justice ?

Alors Donald Trump s’est-il trahi ? Le “New York Times” s’interroge : “Son tweet poste question : que savait-il ? Le président a longtemps affirmé qu’il avait licencié M. Flynn en février, parce que M. Flynn avait menti au vice-président Mike Pence”.

“Jamais Donald Trump n’avait indiqué qu’il savait que Flynn avait commis quelque chose d’illégal comme l’est le fait de mentir au FBI […] Et cela pourrait avoir des conséquences légales pour M. Trump”, souligne le “Washington Post”.

Le “New York Times” estime, en effet, que le président américain pourrait être soupçonné d’entrave à la justice : “Cet aveu pourrait être d’autant plus important quand on se souvient des efforts de Donald Trump pour persuader le directeur du FBI de l’époque, James Comey, d’abandonner l’enquête sur M. Flynn”.

Interrogé, la Maison Blanche a assuré que Donald Trump faisait seulement référence à l’information de la veille selon laquelle Michael Flynn avait décidé de plaider coupable d’avoir menti au FBI.

Tweet de l’avocat de Trump

Samedi soir, on apprenait que le tweet avait été rédigé par l’avocat personnel de Donald Trump, John Dow. Celui-ci a indiqué qu’il était en contact avec le président américain tout au long des journées de vendredi et samedi, essayant de le calmer après le plaidoyer de culpabilité de M. Flynn. John Dowd s’est excusé auprès des responsables de la Maison Blanche pour le tweet, disant qu’il aurait dû être plus prudent dans sa formulation.

Il n’empêche. Ce tweet, peut-être maladroit, vient crédibiliser, malgré les démentis de la Maison Blanche, la version de l’ancien patron du FBI sur la tentative de Donald Trump d’entraver l’enquête.

 L’Obs

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