AFFAIRE HABRE Fatimé Raymonne Habré vilipende le Sénégal auprès de l’UA

Mme Fatimé Raymonne HABRE
Mme Fatimé Raymonne HABRE

C’est par une lettre en date du 4 mai 2014 que Mme Habré a saisi le Président Mauritanien pour rappeler le rôle de l’UA dans cette affaire qui a conduit à ce qu’elle appelle «enlèvement»  de l’ancien Président tchadien. Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction hier, mercredi 14 mai 2014, Mme Fatimé Raymonne Habré, s’attaque aux autorités sénégalaises notamment le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba et le procureur Mbacké Fall.

L’épouse de Hissène Habré, Mme Fatimé Raymonne Habré a saisi le président en exercice de l’Union africaine (UA), le mauritanien, Mouhammed Ould Abdelaziz pour lui faire part de la situation de détention de l’ancien homme fort de Ndjamena.  Une saisine que Mme Habré, justifie par l’évocation de l’UA à deux reprises, par le Président de la République du Sénégal concernant l’affaire de son épouse pour indique-t-elle, «rappeler et souligner le rôle de l’UA».
Dans sa lettre, Mme Habré dénonce l’attitude des autorités politiques sénégalaises à travers les «insultes du Ministre de la justice Sidiki Kaba, mais aussi expose les nombreuses dérives du Procureur Mbacke Fall», sans compter le «climat d’hostilité qui prévaut au sein des chambres africaines».  Ainsi que la confiscation des biens, comptes bancaires, cartes grises de véhicules de manière illégale et abusive.
Dans sa lettre, elle a dit avoir énuméré, dans les détailles, les conditions du séjour carcéral de l’ancien Président tchadien. Notamment «l‘incroyable affaire du turban, symbole pour Mme Habré, d’une justice de l’humiliation et de la démonstration sur le marché de la puissance à Dakar des exigences du confort visuel d’un Procureur soutenu et encouragé par un Ministre de la justice férocement partisan et confortablement installé dans une posture illégitime au regard de son passé dans cette affaire».
  «Le Procureur des CAE, souligne Mme Habré, faute de pouvoir prouver, les accusations fantaisistes claironnées, depuis des décennies, a trouvé une voie de diversion et des ressorts dans l’organisation d’une justice  de l’humiliation».  «Nous avons subi l’humiliation par déni d’égalité, ainsi 11 mois après le lancement des activités des CAE, c’est toujours et uniquement le Président HH qui est gardé en prison et subi un régime carcéral d’exception et de discriminations», déplore-t-elle.
Et d’ajouter : «l’humiliation par le rabaissement, ne nous a pas été épargnée». En témoigne indique Mme Habré le rappel qui a été fait à son époux par le chef de la Cellule de communication des CAE  M. Marcel Mendy sur «le statut d’étranger qui était le nôtre et qui ne nous permettait pas “certaines choses“».
Ce qu’elle qualifie de délit de «faciès».
Dans son réquisitoire, Mme Habré fera remarquer que «l’humiliation par stigmatisation a consisté, pour certains juges, à nous désigner comme étant  des  déviants».  «C’est ainsi que le port du turban fut caricaturé et réduit à un symbole d’arrogance et de non respect du Tribunal», relève-t-elle. Or, indique Mme Habré, «le port du turban est une tenue traditionnelle portée au Tchad, en Mauritanie, au Soudan, au Sénégal et dans de nombreux autres pays».
«Les juges des CAE qui se sont déplacés à trois reprises au Tchad pouvaient-ils l’ignorer ?», s’interroge-t-elle.

Abdoulaye THIAM

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