Affaire Karim Wade : L’État saisit Interpol

Karim WADE, déterminé à rentrer au pays pour participer à la présidentielle du 24 février, risque d’être arrêté par Interpol avant de débarquer au Sénégal. Telle est la crainte de ses avocats qui ont saisi Interpol, en vue de ne pas donner une suite à cette demande qu’ils imputent à l’Etat du Sénégal. Les autorités sénégalaises sont intervenues auprès d’Interpol, en vue d’obtenir l’arrestation de Karim Wade avant qu’il ne débarque au Sénégal, devant la détermination de ce dernier à rentrer au pays. C’est ce que soupçonnent les avocats français de Karim Wade, dans une correspondance en date du 31 décembre 2018 adressée à Interpol dans laquelle ils invitent l’organisation en question à refuser de donner suite à la diffusion d’une note bleue. «Nous avons appris que les autorités sénégalaises sont intervenues auprès de vos services, en vue d’obtenir à l’encontre de M. Wade la diffusion d’une notice bleue, qui est dépourvue de tout fondement pertinent et qui répond exclusivement à des considérations politiques», mentionne le document exclusif obtenu par WalfQuotidien et signé par Mes Michel Boyon et Jean Marc Fedida, avocats inscrits au barreau de Paris. Les conseils de Wade-fils accusent ainsi le ministre sénégalais de l’Intérieur (Aly Ngouille Ndiaye) et de la Sécurité, le directeur de la Police judiciaire ainsi que le représentant d’Interpol au Sénégal (Seydou Bocar Yague). «Elle (la notice bleue) ne repose sur aucune base sérieuse. Il s’agit d’un détournement de procédure, d’une tentative scandaleuse d’instrumentalisation de l’Organisation. M. Wade ne fait l’objet d’aucune enquête criminelle en cours au Sénégal, ni d’aucune poursuite de la part de l’État du Sénégal ou d’un autre pays pour fraude contre l’État ou pour blanchiment d’argent. Ce prétexte n’est qu’une manœuvre malhonnête, une grave manipulation des autorités sénégalaises, qui viennent s’ajouter aux nombreuses violations des droits de l’homme dont M. Wade est victime depuis 7 ans de la part du régime de Macky Sall», relèvent Mes Boyon et Fedida. A travers cette donne, l’intention de Macky Sall et de ses hommes est claire, aux yeux des robes noires : «faire croire à l’opinion publique que Karim est recherché par Interpol, alors qu’aucune mesure privative de liberté ne peut être exercée à son encontre en dehors du territoire sénégalais». Ils en tirent la conclusion selon laquelle toutes ces manœuvres visant à obtenir l’arrestation du candidat du Pds à la présidentielle du 24 février sont soutendues par des motivations purement politiques. «L’initiative des autorités sénégalaises vise, en effet, à exercer une pression forte sur la personne de M. Wade afin de l’empêcher de participer comme les autres candidats à la campagne électorale et donc afin d’entraver sa candidature contre le chef de l’État sortant, voire de faciliter son arrestation dès qu’il reviendra au Sénégal comme ne cessent de le proclamer des ministres du gouvernement de M. Macky Sall et de hauts responsables de son parti», note le document. Qui relève, par ailleurs, que la démarche de l’État du Sénégal méconnaît l’objet assigné aux notices bleues. Car, pour eux, celles-ci ont pour seul objet de localiser ou d’identifier une personne présentant un intérêt au regard d’une enquête criminelle ou d’obtenir des renseignements sur celle-ci. Ces défenseurs de l’ancien ministre d’Etat sous le régime libéral d’Abdoulaye Wade croient savoir que l’Etat veut s’appuyer sur une décision de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), pour vouloir faire arrêter leur client en voulant mettre à contribution Interpol. «Une procédure de contrainte par corps ne présente aucunement le caractère d’une enquête pénale; elle a pour seul but de permettre le recouvrement de sommes d’argent auprès d’une personne déclarée débitrice par la justice», lit-on dans le document confidentiel qui tient sur quatre pages. Pape NDIAYE

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