Affaire Khalifa Sall : Me Assane Dioma Ndiaye sermonne les députés

Avocat défenseur des droits de l’homme, Me Assane Dioma Ndiaye dit avoir été déçu par la 13e législature qui a été installée officiellement jeudi dernier, à l’Assemblée nationale. Sa déception découle, selon lui, de l’attitude des députés qui n’ont même pas évoqué le sort de leur collègue Khalifa Sall, encore en détention malgré son immunité parlementaire. Président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (Lsdh), il s’est ouvert à Seneweb pour fustiger cette inertie des parlementaires.

“C’est une très grande déception que cette question n’ait pas été posée sur la table en premier lieu avant de passer à d’autres choses qui sont nécessaires. Evidemment, l’installation du bureau me paraît non-différable mais quand même, je pense que quand d’autres questions fondamentales se posent à vous et que vous, vous l’occultiez, c’est soit parce que vous n’avez pas conscience de l’importance de cette question, soit vous en aviez fait fi délibérément”, a confié l’avocat.

“Que maintenant, l’Assemblée nationale pour laquelle cette immunité a été instituée ne se soucie pas de l’effectivité de cette immunité, me paraît extrêmement décevant de la part de cette Assemblée. (…). Quand vous êtes parlementaire nouvellement élu, il vous faut mener des combats de principe. Le député, sa protection essentielle, c’est l’immunité parlementaire. Si vous êtes installés dans un contexte où le problème de l’immunité se pose, la première préoccupation, à mon avis, c’est de réaffirmer cette immunité et d’exiger cette protection qui s’attache à l’immunité. Mais pas de mettre d’autres paramètres en priorité comme le partage des postes de vice-président, de président ou d’installation de bureau”, s’indigne Me Assane Dioma Ndiaye.

Il regrette qu’au finish, que l’essentiel ait été laissé en rade “alors que la loi permet à l’Assemblée d’exiger ou de formuler une demande immédiate de libération de M. Sall. Le peuple en élisant Khalifa Sall, voulait que celui-ci puisse aller le représenter nonobstant tout ce qu’il savait auparavant. Donc, on ne peut pas opposer une loi par procuration à une loi directe qui a été exprimée par le peuple lui-même. Ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale me paraît extrêmement grave. Un citoyen qui a été élu au suffrage universel, pour représenter le peuple a été privé de son doit. L’Assemblée c’est la représentation nationale. Le député ne représente plus sa coalition ou son parti, mais il représente la population entière”, dit-il.

Il a, en outre, listé trois responsabilités dans cette affaire. Le parlement qui, dit-il, a déçu les Sénégalais pour avoir vu les députés plus préoccupés par les postes de responsabilité, par des postes de prébende que du sort d’un des leurs, occupe la 3e place. Quant aux deux autres responsabilités, elles sont partagées entre “le pouvoir exécutif qui a l’obligation de veiller à l’efficience des droits démocratiques et le pouvoir judiciaire qui détient aujourd’hui, les clés de la solution”, note-t-il.

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