Affaire Khashoggi: le président turc évoque des preuves supplémentaires

Dans l’enquête sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le procureur général d’Arabie saoudite se rendra dimanche 28 octobre à Istanbul. Il devrait avoir accès à de nouveaux éléments actuellement en possession des autorités turques. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a en effet affirmé ce vendredi que les autorités turques étaient en possession «d’autres éléments» de preuve liés au meurtre de Jamal Khashoggi. Le procureur saoudien a évoqué une possible préméditation dans le meurtre du journaliste et opposant tué le 2 octobre, un nouveau changement de position.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé dans un discours ce matin que le procureur général d’Arabie saoudite était attendu, dimanche 28 octobre, à Istanbul, pour une rencontre avec son homologue turc. Le président a également affirmé détenir d’autres éléments de preuve liés au meurtre de l’opposant disparu dans le consulat saoudien le 2 octobre dernier.

Riyad a à nouveau changé de position jeudi 25 octobre en évoquant pour la première fois, l’idée que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi avait été «prémédité» par ses auteurs. Dans un premier temps, le royaume saoudien avait affirmé que Jamal Khashoggi était sorti vivant du consulat, avant de reconnaître qu’il était mort par accident dans les locaux diplomatiques. En reconnaissant une possible préméditation, la justice saoudienne fait donc un nouveau pas en direction de la version de la justice turque.

Les révélations Gina Haespel

Hier alors que le procureur parlait, Salah Khashoggi, le fils du journaliste assassiné jusqu’alors interdit de quitter le territoire saoudien retrouvait enfin sa mère et ses trois frères aux Etats-Unis. Ces démonstrations d’ouverture de Riyad pourraient être une anticipation des révélations qu’a fait la directrice de la CIA à Donald Trump jeudi 25 octobre. Révélations toujours confidentielles en conclusion d’un voyage en Turquie durant lequel Gina Haespel a eu accès à des enregistrements qui prouveraient selon Ankara que le meutre a été commandité par la famille royale saoudienne.

Une enquête conjointe entre l’Arabie saoudite et la Turquie est actellement menée. Mais Riyad reste très flou sur les résultats obtenus alors qu’Ankara rechigne depuis des semaines à confier tous les éléments de l’enquête à d’autres autorités. Agnès Callamard, rapporteure spéciale auprès de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, dénonce une exécution extrajudiciaire commise par l’Etat saoudien et réclame une enquête internationale.

Rfi.fr

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