Affaire Ndiaga Diouf : Le parquet fait traîner le dossier

L’affaire Ndiaga Diouf a été renvoyée. Pour la deuxième fois. Le dossier de la fusillade de la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur, qui a valu à l’édile de la commune, Barthélémy Dias, six mois de prison, va revenir le 16 janvier 2019 devant la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Dakar.

Après l’avoir appelée à la barre, le juge a pris cette décision au motif que les parties au procès n’ont pas reçu de convocations. Du coup, les prévenus ainsi que le plaignant n’ont pas répondu présent, puisque n’étant pas “informés”. Comme s’ils s’étaient donné le mot, même leurs soutiens n’ont pas effectuer le déplacement, ce mercredi, au palais de Justice de Dakar.

C’est dans une salle presque vide que l’audience s’est tenue.

Le parquet n’a pas toujours envoyé les citations à comparaître aux parties aux procès. Le même motif avait été invoqué lors du premier renvoi du procès, le 26 septembre.

Seul avocat présent et constitué dans  cette affaire pour assurer les intérêts du maire de Mermoz-Sacré Cœur, Me Mbaye Sène explique : “Le dossier de Barthélémy Dias a été appelé par le juge qui l’a renvoyé au 16 janvier pour citation des parties. Quand une affaire est enrôlée, le procureur général doit en aviser les parties, leur donner la date à laquelle le dossier devra être évoqué et les inviter à comparaitre. La citation n’a pas encore été faite, aucune des parties ne l’a reçue et c’est cela qui a justifié le renvoi.”

Selon lui, le président de ladite chambre en a décidé ainsi pour “que ces citations soient faites par les soins du procureur général”.

Dans le dossier du meurtre de Ndiaga Diouf, la partie civile est représentée par le père du défunt, en l’occurrence Aliou Diouf.

Présidentielle de 2019

Barthélémy Dias a été déclaré coupable de coups mortels, de coups et blessures volontaires et de détention d’arme sans autorisation administrative, en première instance. Pour cela, il a été condamné à 2 ans dont 6 mois de prison pour le meurtre du lutteur Ndiaga Diouf, le 22 décembre 2011.

Ses co-prévenus, Habib Dieng et Babacar Faye, ont écopé de la même peine pour lesdits délits. Une peine qui avait été couverte par la durée de leur détention préventive. En plus, ils devraient verser à la famille du jeune plombier la somme de 25 millions de francs Cfa.

Samba Diouf alias ‘’Ndiol”, Badara Guèye, Bocar Sy, Cheikh Diop, Seydina Oumar Mangane et Cheikh Mbackiyou Siby ont pris  deux ans assortis de sursis pour association de malfaiteurs, participation à un rassemblement illicite suivi d’actions diverses et vont allouer le franc symbolique au maire de Mermoz-Sacré Coeur.

Dans cette affaire, la relaxe a été prononcée pour Abdoulaye Diène, Malick Thiombane, Hamath Guèye et Bocar Sy Doucouré. Là où le parquet avait requis 10 ans de prison contre l’édile pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et le décernement d’un mandat de dépôt.

Ce procès, prévu en 2019, risque de perturber les plans de Barthélémy Dias pour la présidentielle. Si toutefois les parties étaient convoquées durant la campagne électorale.

Auteur: Awa FAYE

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