Afrique du Sud : 94 morts dans des centres d’accueil

En Afrique du Sud, on parle déjà d’un nouveau Marikana, une allusion au massacre de 34 mineurs tués par la police en août 2012.

Cette fois-ci, les victimes sont des patients d’un hôpital psychiatrique. Au nombre de 94, ils ont été transférés par les autorités vers des ONG opérant dans l’illégalité.

Mercredi matin, un rapport d’enquête officiel a été présenté à Pretoria.

Le titre de ce rapport est éloquent : « Pas de fusils, 94 morts silencieux et le décompte n’est pas fini ».

La mère d’une victime a fondu en larmes pendant la présentation du rapport par le professeur Makgoba, en présence de la ministre sud-africaine de la Santé, Qedani Mahlangu.

L’an dernier, 1 039 patients soignés dans un hôpital psychiatrique ont été relogés dans 27 centres d’accueil gérés par des ONG, qui opéraient tous dans l’illégalité, dans la province du Gauteng (centre-nord), avec l’accord de Mme Mahlangu.

Au moins 94 patients sont morts, dont 80 % dans les centres d’accueil de cinq ONG, qui manquaient de tout pour les accueillir.

Des poursuites judiciaires

« Ils sont morts de déshydratation, diarrhée, épilepsie, crise cardiaque, pas de maladies mentales. On a pris des patients d’un hôpital où ils recevaient des traitements, mangeaient et buvaient, pour les emmener vers des ONG où il n’y avait pas de nourriture, pas assez à boire, pas de chauffage », affirme l’auteur du rapport.

Le père d’un garçon faisant partie des 94 patients a raconté que son fils était tellement affamé qu’il avait mangé la matière plastique dans laquelle était emballé un hamburger qu’il lui avait apporté.

Le rapport recommande la fermeture de toutes les ONG où se trouvent encore des patients.

Il réclame aussi la démission de la ministre de la Santé et des poursuites judiciaires contre tous les responsables présumés de cette tragédie.

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