"Afrique et France: Du gagnant-gagnant"

gattazAfrobytes, l’événement dédié à l’innovation technologique africaine fondé par Haweya Mohamed et Ammin Youssouf, a organisé à Paris les 9 et 10 juin deux jours de réflexion et d’échanges sur les nouvelles technologies.

A cette occasion, Mamadou Moussa Ba a rencontré Pierre Gattaz, président du Medef (Mouvement des entreprises de France) avec qui il s’est entretenu, entre autres, sur l’importance de l’économie numérique dans les échanges entre la France et les pays africains.

BBC Afrique: Quelle doit être la place du numérique dans les échanges entre l’Afrique et la France ?

Pierre Gattaz: Le numérique va tout changer en créant des opportunités pour les entrepreneurs. Ils sont dans la mondialisation de l’économie, ils ont souvent une double nationalité. Le numérique efface les frontières, les origines, permet la création d’entreprises et de richesse en France comme en Afrique et change l’image de l’Afrique. Et Afrobytes incarne cette jeunesse très présente dans le numérique.

De jeunes Africains veulent créer des entreprises en France mais se trouvent bloqués par la législation. Que peut faire le MEDEF pour changer la donne ?

Nous travaillons beaucoup sur l’attractivité de la France. Je crois que c’est le pays d’Europe où il y a le plus de start-up. Plus on aura d’entrepreneurs venant de partout, et notamment d’Afrique, plus on sera content. Il faut donc continuer de faciliter la vie de ces entrepreneurs qui ne sont pas de nationalité française pour qu’ils viennent créer leur start-up en France, parce qu’ils vont créer du business.

Par ailleurs, la France est sans doute un des pays les mieux placés pour accompagner ce rêve, ce réveil africain incarné par les jeunes entrepreneurs. Il y a un milliard d’individus en Afrique, bientôt deux, avec beaucoup de gens très compétents, très forts en mathématique, en informatique, qui ont monté des applications très originales. Je crois en ce lien entre la France et l’Afrique, il faut continuer de le susciter car c’est un win-win.

Vous avez visité des pays comme le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Nigéria, vous n’avez pas l’impression que la France est en retard par rapport aux pays émergents, la Turquie, le Brésil, la Chine ?

Si, on est en retard. On a dormi sur nos lauriers pendant vingt ans. C’est pour ça que je conduis des délégations de chefs d’entreprise en Afrique, avec beaucoup de PME. On connaît bien l’Afrique, on parle la même langue dans 40 % du continent, on a des valeurs, une histoire très souvent communes. La France doit revenir en Afrique avec le souci de faire du gagnant-gagnant.

Et faire tomber ce mur de clichés qui existent entre la France et l’Afrique ? Comment ?

Je croix que les jeunes générations n’ont pas ce mur de clichés. Ça change. Je vois beaucoup de jeunes entrepreneurs des deux côtés qui n’ont pas toute cette histoire qui traîne dans les esprits. C’est pour ça qu’Afrobytes, basé à Paris, est très important pour incarner cette Afrique du digital, du mouvement, de l’énergie, de l’enthousiasme. C’est fondamental, et au MEDEF, je voudrais accompagner ces jeunes dans cette belle vision de l’Afrique qui gagne.

Discours du président Alassane Ouattara à Abidjan devant une délégation de 150 dirigeants d'entreprise français, le 28 avril 2016Image copyrightGETTY
Image captionDiscours du président Alassane Ouattara à Abidjan devant une délégation de 150 dirigeants d’entreprise français, le 28 avril 2016

En visitant la Côte d’Ivoire vous avez remarqué que la part des entreprises françaises avait baissé de 15%. Comment rectifier le tir ?

Nous avons fait une délégation il y a deux mois, nous avons été chaleureusement reçus, par le président Ouattara, par quelques ministres. Je crois beaucoup aux mariages de business, aux délégations réciproques, avec des Ivoiriens qui viennent en France, des Français qui vont en Côte d’Ivoire pour des opérations et des partenariats concrets, le plus possible entre PME ou entre start-up. La politique ça bouge, ce qui reste sont les actions concrètes, économiques. Il faut cultiver ces liens, ces relations business entre les deux pays.

BBC

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*