Afrique: la banque mondiale et le FMI prévoient une baisse de la croissance

croissanceAvec la révision à la baisse de ses prévisions de croissance 2016 par la Banque mondiale et le FMI, l’Afrique subsaharienne a encore du pain sur la planche.
L’Afrique subsaharienne devra se contenter d’un maigre 1,6 % de croissance en 2016, vient d’indiquer le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur les perspectives de l’économie mondiale paru en juillet. En avril dernier, l’institution de Bretton Woods tablait sur 1,4 point de plus. Il s’agit d’un ralentissement spectaculaire quand on sait qu’en 2015 l’Afrique subsaharienne en était à 3,3 %.

FMI et Banque mondiale vont dans le même sens

Du côté de la Banque mondiale, l’analyse va dans le même sens. L’institution de Bretton Woods a en effet, dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales publié le 7 juin, abaissé ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne au titre de l’année 2016. Désormais, la Banque mondiale table sur 2,5 %, un niveau sensiblement différent de ses estimations d’avril, soit 3,3 %, et de janvier, 4,2 %. Ce que l’on constate autant du côté du FMI que de celui de la Banque mondiale, c’est la rapidité avec laquelle les estimations plongent. Un très mauvais signe qui illustre un environnement économique plus compliqué et tendu.

Les locomotives en situation délicate

Concrètement, l’explication est à aller chercher du côté de « la faiblesse persistante des prix des produits de base », de « la baisse de l’activité mondiale et du « durcissement des conditions de financement ». De quoi comprendre que les pays exportateurs de pétrole en Afrique subsaharienne seront particulièrement touchés par le ralentissement économique. Ainsi du Nigéria dont le PIB ne devrait progresser que de 0,8 % en 2016 contre 4,6 % dans les prévisions de janvier de la Banque mondiale. Pour le FMI, la première puissance économique africaine devrait voir son produit intérieur brut se contracter de 1,8 % cette année, alors qu’une expansion de 2,3 % était encore prévue il y a trois mois. Un parallèle peut tout à fait être établi avec l’Angola et le Gabon. Le pays dirigé par Eduardo dos Santos voit ses prévisions de croissance au niveau de la Banque mondiale passer de 3,3 % en janvier à 0,9 % en juin, et celles du pays dirigé par Ali Bongo Ondimba plonger de 5,1 à 3,9 % dans le même laps de temps. Autre pays à attendre des lendemains compliqués : l’Afrique du Sud. Le pays dirigé par Jacob Zuma devrait frôler la récession cette année avec un PIB progressant d’à peine 0,1 % en 2016.

Attention à l’impact sur la consommation et la lutte contre la pauvreté

Sur un plan plus global, le FMI estime que si les pays exportateurs de pétrole ne devraient pas voir leur consommation augmenter de façon substantielle, « chez les importateurs de pétrole, le recul de l’inflation devrait stimuler la consommation des ménages ». « Cet avantage pourrait néanmoins être atténué par le renchérissement des produits alimentaires du fait de la sécheresse, le niveau élevé du chômage et la dépréciation des monnaies », poursuit-il dans son rapport.
Autre question d’importance : l’impact de cette croissance en berne sur la lutte contre la pauvreté. Selon le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld, la réduction de la croissance en Afrique subsaharienne peut avoir « une implication dramatique » sur ce volet, et ce, d’autant qu’« en 2016 la croissance de l’activité régionale ne parviendra pas à atteindre celle de la population ». Conséquence : « une baisse certaine du revenu par habitant », estime-t-il. Une situation insupportable quand on sait qu’en Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale, près de 43 % de la population vit déjà avec moins de deux dollars par jour.
afriquelepoint.fr

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