AIBD : Les failles de l’aéroport Blaise Diagne et le deal des agents

Laxisme, légèretés, irresponsabilité. Il faut le dire et le signaler. Ce qui se passe depuis plus d’un mois dans le tout nouvel aéroport Blaise Diagne de Dakar est inacceptable et relève d’une négligence absurde ou d’une complicité des autorités aéroportuaires

Certaines compagnies comme « Tunis Air TU » (surtout) « Air Italy IG » et « Iberia IB » n’ont aucun respect pour leurs passagers. Elles débarquent à Dakar des milliers de personnes sans le moindre kilogramme de leurs bagages enregistrés aux aéroports de départ. Le pire est que ces compagnies alimentent, avec la complicité des autorités aéroportuaires, un lourd silence sur les conditions de livraison et/ou de repérage des bagages des passagers abandonnés hors des frontières sénégalaises.

Des malfaiteurs du personnel de « LAS » (Limak-Aibd- Summa) société de gestion de l’Aéroport qui déambulent avec leur tenue -comme s’ils étaient dans un défilé de mode dans les artères à l’intérieur comme à l’extérieur de l’AIBD- en profitent pour soutirer de l’argent aux modou modou et passagers qui viennent de lointains contrés du pays pour chercher, désespérément, leurs propres valises. Semblant servir, les escrocs glissent entre deux mots, des suggestions qui inquiètent sur la sécurité et la protection des bagages des voyageurs « Tu photocopies, la déclaration et la carte d’embarquement que tu me laisses avec ton numéro de téléphone, je cherche tes bagages et je t’appelle dès qu’ils sont retrouvés » Et le malheureux modou modou impatient de voir sa famille pour profiter de ses quelques jours de vacances s’exécute à 10.000 Francs CFA.

Un des agents a qui nous avons offert un passage en voiture, sur sa demande après son boulot de l’AIBD à l’entrée du péage vers Keur Massar, nous a raconté le calvaire que vit le personnel de LAS, les maigres salaires et les conditions presque impossibles sans compter les menaces de licenciement auxquelles ils font face pour survivre. Ce qui ne doit pas être une raison de s’exposer à la corruption ni de faire chanter les pauvres passagers qui ne trouvent pas d’interlocuteur. Notre serviteur nous livre le secret et le « deal » très juteux sur l’utilisation de certaines logistiques.
«Le charriot est utilisé contre 1 euro au retrait que le modou modou pressé de rentrer, néglige de récupérer après usage. Imaginez le nombre de personnes qui débarquent par jour à l’aéroport. C’est une manne financière qui pourrait même servir à payer les pauvres agents que nous sommes» et l’agent d’ajouter « d’ailleurs le coût réglementaire d’utilisation d’un charriot est de 500 Fr CFA alors qu’un euro équivaut plus, ce qui est un autre business sur la différence. Il faut regarder celui qui est à côté du charriot il a toujours autour de ses reins un nafa (porte monnaies) pour encaisser.

Certains parmi les agents chargés d’enregistrer les déclarations des passagers se prennent pour des volontaires « je ne fais que vous aider, je ne suis pas la compagnie responsable de vos bagages, et je ne prendrai plus personnes, je dois rentrer » Quelle prestation. Aucun interlocuteur direct parmi les compagnies. Les quelques rares qui disposent de bureaux commerciaux au sein de l’aéroport nous envoient à faire nos déclarations au bureau des bagages, d’où nous venons, elles nous renvoient chez LAS
Muni d’un bout de papier sur lequel est griffonné deux numéros de téléphones, qui ne répondent presque jamais, le passager quitte désespérément l’AIBD pour rentrer chez lui et compte revenir le lendemain. Un voyage obligé que nous impose surtout ces trois compagnies grâce au silence des autorités de l’AIBD qui semblent jouer au calme et à la sérénité « ce sont des situations fréquentes dans tous les grands aéroports du monde » nous lance un policier en uniforme

Les émigrés qui habitent dans les régions, les passagers en transit et qui devraient prendre un autre vol le lendemain pour la sous-région, les personnes en mission, les touristes tout le monde se télescopent chacun raconte son calvaire et sa mésaventure à l’arrivée à l’AIBD mais personne ne trouve solution ni réponse satisfaisante. Les agents des forces de l’ordre veillent au gré. Et prêtent une oreille particulière aux discutions tandis que certains informateurs-agents se faufilent dans la foule avec des discours provocateurs pour mesurer le degré de stress et de nervosité des passagers. La situation semble gérée pour éviter la presse.

En route et toujours sans bagages -pour la quatrième fois depuis le 21 Août entre Dakar et Thiès en compagnie de mon bienfaiteur d’agent de l’AIBD,- ce dernier nous fait comprendre que ce n’est pas nécessaire de revenir une prochaine fois pour perdre du temps, payer l’autoroute, dépenser inutilement du carburant et payer le temps du parking facturé à 1000 Fr CFA l’heure à partir de la 14ème minute de chaque heure. Notre compagnon nous suggère mon voisin et moi de lui confier nos reçus. Il se chargera lui-même de tous vérifier et de nous appeler dès que nos bagages arrivent à l’AIBD. « C’est ce que font presque tous y compris des touristes qui comprennent notre système (sic) depuis LSS c’est une méthode sûre et économique pour vous. Lu ngeen ma jox baxna »
Le tourisme sénégalais n’en sortira aussi que perdant. Des touristes ont juré de ne plus voyager avec ses compagnies et de changer de pays prochainement. En échangeant avec des étrangers venus découvrir le Sénégal nous mesurons le degré de déception et de désolation. « Nous sommes obligés d’aller en ville pour nous acheter des habits sans compter les perturbations relatives à nos réservations d’hôtels et à la location de voitures. Tout notre programme de visite a chamboulé » déclare un touriste espagnol

Par ailleurs, parmi les passagers qui cherchent désespérément d’autres trouvent certains de leurs objets personnels grâce à l’assistance de certains agents, certes très rares, mais motivées aux tâches qui leur sont assignées. C’est dire que si l’autorité continue d’être un observateur devant les passagers victimes de toute sorte de maltraitance pour ne pas perdre ou fâcher un bailleur, un partenaire ou un investisseur, elle ne gagnerait à jamais la sympathie de son peuple ni la confiance du citoyen.
Les autorités sénégalaises sont dans l’obligation de mettre les compagnies devant leur responsabilité. Elles doivent prendre des mesures face à cette situation qui ne reflètent en rien l’image du Sénégal. C’est de leur gestion propre de cet aéroport qui a couté au contribuable des centaines de milliards de nos pauvres francs que nous payons encore pendant des générations. Les sénégalais doivent au moins bénéficier d’une assistance de qualité et du respect. Ce n’est pas trop demander.
Alioune NDIAYE

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Revue de presse WalfTv du 18 Décembre 2018

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