Alioune Tine : « Le talon d’Achille d’Abdoul Mbaye, c’est l’affaire Habré »

alioune tine 0Alioune Tine, le patron de la Rencontre africaine des Droits de l’Homme (Raddho), soutient qu’il respecte le style du président de la République, Macky Sall. « Il faut attendre encore deux ans pour qu’il soit peut-être bien rôdé aux arcanes et autres subtilités de gestion de l’Etat. Il a fallu quatre ans à Wade pour qu’il maîtrise le système pour en faire ce qu’il veut et aboutir à ce que l’on sait », dit-il dans un entretien avec l’Obs. Selon lui, il y a plus qu’un frémissement dans la lutte contre l’impunité avec les autorisations de poursuite données par les tutelles pour l’arrestation et le jugement d’agents des forces de sécurité, accusés de torture et de meurtres dans les événements électoraux de mars 2012. « En réalité, il y a eu une évolution remarquable dans l’affaire Habré avec la convention signée entre l’Union africaine et le Sénégal pour établir un tribunal spécial chargé de juger l’ancien Président tchadien. Et nous espérons que l’Assemblée nationale va voter l’autorisation permettant au président de la République de la ratifier », dit-il.

Selon Alioune Tine, l’affaire Abdoul Mbaye est le talon d’Achille d’Abdoul Mbaye. « Il a été rattrapé par le système et par l’histoire. Abdoul Mbaye rappelle seulement une règle non écrite de certaines institutions bancaires où, en matière de dépôts, il n’y a pas de discontinuité entre l’illicite et le licite. Où sur cette question, le problème d’éthique ne se pose même pas. On peut recevoir n’importe quelle somme sans se soucier si la provenance est délictuelle ou non, on peut encaisser l’argent de la drogue, l’argent des kleptocrates comme Sani Abacha ou Hissène Habré, l’argent du terrorisme, l’argent de la fraude et de l’évasion fiscale, l’argent des pays sous embargo des Nations-Unies. Avec les événements du 11 septembre, l’intérêt que les Américains portent à la lutte contre le trafic de la drogue et la crise du capitalisme financier international en 2007/2008, mais aussi les dénonciations des Ong, ont amené les États à réagir. Les confessions et excuses d’une banque suisse poursuivie par les Américains sont édifiantes parce qu’elle paye aux États-Unis une indemnité de près de 2 milliards de dollars (1 000 milliards F cfa) pour avoir contribué à l’évasion fiscale de citoyens américains. Elle a été contrainte de lever le principe sacro-saint du secret bancaire suisse », explique Alioune Tine.

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