Allemagne : En Allemagne, l'extrême droite inflige une défaite sans précédent à Angela Merkel

allemagneLe « modèle allemand, celui de la précarité, de la pauvreté qui s’aggrave malgré ou à cause des profits, , ce qu ’il faut souligner c’est que cet assaut de l’extrême-droite est bien sûr gonflé par la situation des « migrants » mais aussi et surtout par la colère devant l’injustice sociale…

Nous avons connu, nous communistes, le temps où il était possible d’obtenir de la classe ouvrière la plus grande solidarité avec les misérables réfugiés, certains d’entre eux ont été prêts à donner leur vie pour une telle cause. Mais ce n’étaient pas des bobos prétentieux, des nantis qui leur donnaient des léçons d’humanité alors qu’ils se désintéressaient de l’exploitation patronale, de leurs difficultés quotidiennes… Moi je veux bien que l’on proclame l’humain d’abord, mais si l’on se désintéresse de la vie réelle des exploités on obtient leur découragement, voir pire.

Appelés à voter dimanche 13 mars dans trois Etats-régions : le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et, à l’est, la Saxe-Anhalt, 13 millions d’Allemands ont réservé un véritable triomphe au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et infligé une défaite sans précédent à la fois à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et au parti social-démocrate (SPD). Un résultat d’autant plus clair que, dans les trois Etats-régions, la participation a été nettement plus élevée que lors du scrutin précédent.

Selon des résultats encore provisoires, l’AfD obtiendrait plus de 10 % des voix en Rhénanie-Palatinat, 14,5 % des voix dans le riche Bade-Wurtemberg et même 24 % des voix en Saxe-Anhalt où elle est clairement le deuxième parti, derrière la CDU. Incontestablement, les électeurs de l’AfD ont voulu sanctionner la politiqued’Angela Merkel, mais selon les sondages sortis des urnes ils ont également voulusignifier leur opposition aux injustices sociales.

Des coalitions difficiles à former

La CDU a perdu les deux paris qu’elle pensait gagner haut la main il y a encore un mois. En Rhénanie-Palatinat, sa candidate, Julia Klöckner (32 % de voix) n’est pas parvenue à détrôner sa rivale sociale-démocrate Malu Dreyer (36 %). Et dans le Bade-Wurtemberg qui a longtemps été un de ses fiefs, son candidat, Guido Wolf, n’obtient qu’environ 27 % des voix, derrière le ministre-président sortant, l’écologiste Winfried Kretschmann qui bondit à 32 %. En Saxe-Anhalt, la CDU reste en tête mais elle recule néanmoins et ne peut se réjouir d’avoir vu nombre de ses électeurs grossir les rangs de l’AfD.

Si le SPD peut se féliciter de la victoire de sa candidate en Rhénanie-Palatinat, sa chute spectaculaire dans les deux autres Länder, où il perd plus de 10 points et est relégué à la quatrième place, pourrait provoquer dans ce parti une véritable crise.

L’AfD refusant de participer à quelque coalition que ce soit et les autres partis refusant également de discuter avec ce parti, la formation des coalitions pourraitêtre difficile. Dans deux des trois Etats-régions, le Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt, deux Länder que pourtant tout oppose sur le plan sociologique, les deux grands partis allemands, la CDU et le SPD n’obtiennent même pas assez de voix, ensemble, pour former une majorité.

Le CDU a « besoin de temps »

Au niveau national, le succès de l’AfD pourrait avoir l’effet inverse. Si, dans dix-huit mois, l’AfD entre au Bundestag avec 10 % des voix ou plus, il pourrait n’y avoir qu’une seule coalition possible : celle formée par l’union CDU/CSU et le SPD. Comme aujourd’hui. Paradoxalement, l’émergence au niveau national du parti qui s’appelle Alternative pour l’Allemagne aurait pour conséquence qu’il n’y aurait plus d’alternative à ce que les Allemands appellent « une grande coalition » entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates.

Angela Merkel ne devait pas s’exprimer avant lundi midi. Mais ses lieutenants laissent entendre qu’elle n’entend pas changer de politique et disent miser sur le sommet Union européenne/Turquie qui se tient les 17 et 18 mars. Nous avons« besoin de temps » a toutefois reconnu Peter Tauber, secrétaire général de la CDU, dimanche soir. Une façon de dire que le problème est loin d’être réglé.

Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant) – LE MONDE

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