AMADOU ANTA SAMB, MOUKHADDAM DE SEYDI HADJI MALICK SY (RTA)

Amadou-Anta-SambSERIGNE AMADOU ANTA SAMB (RTA) NAQUIT EN 1862 ET FUT RAPPELÉ À DIEU EN 1966 À L’ÂGE DE 104 ANS. IL ÉTAIT LE FILS DE ABIBOULAYE DIT MAME BALLA, ORIGINAIRE DU VILLAGE DE THIAMBÈNE(RÉGION DE LOUGA) QUI ÉTAIT IMAM ET ENSEIGNAIT LE CORAN, ET DE FATOU FALL, FILLE DE MANDOYE FALL DE LA LIGNÉE PRINCIÈRE DU CAYOR, DE LA DESCENDANCE DE LAT SOUKABÉ ET DE DÉTHIÉ FONDIOGOU, UN DES PREMIERS DAMELSDU CAYOR.

Il apprit le Coran auprès de son père, et le mémorisa assez tôt.

Après la mort de son père, alors qu’il avait trente ans, Amadou Anta Samb quitta le village de Thiambène pour se rendre à Saint Louis vers 1887 pour continuer sa formation religieuse aux côtés de son oncle Mame Birama Ngom (RTA) qui avait un daara de plus de 300 talibés et dont il confia la gestion à Amadou Anta Samb. Sa présence auprès de cet homme de lettres lui permit d’embrasser de nombreuses disciplines de la science islamique : fiq, littérature arabe, droit, métrique, théologie, grammaire, etc. Son contact avec Amadou Ndiaye Mabèye (RTA) lui permit d’approfondir l’étude de la grammaire arabe en apprenant auprès de lui le livre bien connu des grammairiens : « Ibnou Malick ». Il apprit et maîtrisa aussi d’autres livres comme « Ihmiraa ». Mais, c’est sa rencontre avec Seydi Hadji Malick Sy (RTA), sur l’initiative de son oncle Mame Birama Ngom qui lui ouvrit les portes de l’érudition. Maodo Malick, qui était à cette époque à Saint Louis, l’accueillit affectueusement dans son école. Il poursuivit son instruction auprès de lui et s’offrit l’occasion d’approfondir et de parfaire ses connaissances dans tous les domaines juridiques et littéraires. Ce grand soufi l’initia dans de nombreux livres dont « Fâkihatou Toullâb », traduit plus tard en français par El Hadji Rawane Mbaye sous le titre de « Fruit des étudiants », fit de lui un grand érudit et le prépara à devenir un de ses tout premiers Moukhadams. En effet, Amadou Anta Samb fut élevé à cette distinction en recevant le diplôme « Idjâza ». A cette occasion, son Maître lui offrit un « jelâba » (manteau) en guise de satisfaction. C’est avec ce manteau que, lors de son décès en 1966, son fils et héritier spirituel Hamzata Samb, le couvrit avant son inhumation.

Cette bénédiction exceptionnelle obtenue de son Maître, confirme le statut privilégié dont Amadou Anta Samb jouissait auprès de Seydi Hadji Malick Sy. Ceci fut d’ailleurs corroboré par beaucoup de témoignages parmi lesquels celui de Serigne Alioune Bâ, Moukhadam célèbre pour ses nombreux écrits et qui habitait Guéoul. S’adressant à Abiboulaye, un des fils de Amadou Anta Samb, Serigne Alioune Bâ déclara : « Votre père nous a dépassés en mérite parce qu’il a eu la bénédiction exceptionnelle de notre Maître. Lorsque nous autres talibés (disciples) rentrions chez nous après les cours de Maodo, lui, votre père, allait à la capitainerie du Port de Saint Louis pour y travailler en qualité de manœuvre ; et tout ce qu’il gagnait, il le versait directement à l’épouse de son Maître, Sokhna Rokhaya Ndiaye (mère de Khalifa Ababacar Sy (RTA)) pour la dépense quotidienne ». En résumé, dit-il : « Dafa amône ngërëmu serignam ».

Il convient de préciser que lorsque Serigne Amadou Anta Samb rencontra son professeur Seydi Hadji Malick Sy (RTA), il n’y a trouvé comme Moukhaddams que Serigne Rawane Ngom, Serigne Ibrahima Dia de Mbeuleukhé, Serigne Birahim Diop, Serigne Amadou Ndiaye Mabèye, etc. C’est dire le caractère ancien de sa rencontre avec le Sage de l’Intellectuel de Tivaouane.

Le « Booz du Cayor » comme l’appelait son neveu, le professeur Amar Samb, ancien directeur de l’IFAN, fut un guide spirituel exceptionnel, un grand érudit, un lettré hors pair. Il maitrisait la langue arabe qu’il maniait à merveille. Il fut un grand sage connu pour sa rigueur dans la pratique de la charia.

Il était légendaire par sa piété, ses œuvres pies, véridique, discret, travailleur, courageux, généreux et imbu d’une vaste culture religieuse et d’une grande sagesse traditionnelle. Il constituait un modèle, un professeur aux nombreux disciples, qu’il a formés et qu’il a orientés en direction de la voie divine. Il enseigna presque toutes les disciplines de la science islamique, car aucune d’elle ne lui était étrangère. L’on raconte même qu’à chaque fois que Amadou Anta Samb venait voir El Hadji Malick Sy pour apprendre un nouveau livre, ce dernier lui disait : « Ce n’est pas la peine, tu le maîtriseras bientôt ».

Pendant la traite arachidière, Amadou Anta Samb quittait souvent Saint Louis pour se rendre à Kébémer. Son cousin Doudou Gaye Massar qui était établi à Kébémer lui conseilla alors de s’installer définitivement à Kébémer au lieu de faire les navettes incessantes en suivant le rythme de saisonnier. C’est alors que Amadou Anta Samb s’en ouvrit à Seydi Hadji Malick Sy qui lui avoua que lui-même pensait exactement la même chose. Ce qui traduit une parfaite convergence de vues entre les deux hommes.

A la question de Seydi Hadji Malick Sy de savoir : « Comment comptez-vous vous y prendre avec votre activité ? Quel est le but recherché ? » Amadou Anta Samb de répondre : « Si je ne suis pas en mesure de partager avec les autres les fruits de mon travail, que Dieu m’en prive tous les bénéfices qui pourraient en résulter ».

A son arrivée à Kébémer, Amadou Anta Samb y trouva de grands chefs religieux comme Cheikh Mouhamadou Lamine Bara Mbacké (fils de Serigne Touba et père de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, actuel Khalife Général des Mourides) ou encore Cheikh Ahmadou Diop, grande figure de la Khadrya.

Il y trouva également de grands dignitaires de la chefferie locale comme le très craint et respecté Macodou Kanghé Sall, chef de la province du Gueth et neveu de Demba War Sall, de son vrai nom Meïssa Tendi Dior. Mais, Macodou Kanghé Sall avait tellement de respect et de considération pour Amadou Anta Samb qu’à chaque fois qu’il le voyait venir, il se levait aussitôt pour aller à sa rencontre. Les deux hommes se vouaient respect et considération mutuels.

Dès son arrivée à Kébémer, Amadou Anta Samb commença à y enseigner l’islam et à y travailler en qualité de commerçant-traitant. A cette époque coloniale, Amadou Anta Samb jouissait d’une grande notoriété et d’une confiance absolue auprès des Toubabs, propriétaires des Maisons de commerce comme Buhan & Teisseire, Chavanel & Fils, Maurel & Prom ou Graule auprès desquelles il achetait chaque année plus de mille tonnes d’arachide. En raison de sa droiture, il arrivait que ces derniers lui accordassent des faveurs auxquelles d’autres traitants de son rang ne pouvaient prétendre. En outre, il fut un grand cultivateur parmi ceux qu’on appelait les gros producteurs, car ses exploitations familiales produisaient plus de cent tonnes chaque année et peut-être la moitié pour les autres spéculations vivrières. Son séjour à Kébémer ne l’éloigna pas pour autant de son Maître, car celui-ci passait souvent lui rendre visite.

Après avoir pris ses quartiers à Kébémer, en plein pays Ceddo, Amadou Anta Samb reçut de El Hadji Malick Sy la consigne d’y construire une mosquée pour contribuer à la propagation de l’islam et de la Tidjanya. Amadou Anta Samb institua aussi undaara (école coranique) et organisa un gamou dont la première édition fut célébrée en 1904.

La construction d’une grande mosquée, pour les prières du vendredi, intervint en 1951, suite à une concertation avec les habitants de Kébémer qui souscrivirent à son initiative. Pour concrétiser sa proposition, il décida de mettre avant toute contribution, le produit de la vente de sa maison de Saint Louis pour marquer son engagement et sa détermination à doter la ville d’une telle infrastructure.

Les prières dont le Cheikh bénéficia de son Maître avant son départ de Saint Louis ne tardèrent pas à avoir des effets bénéfiques et très fructueux pour lui procurer une aisance financière et une opulence considérables. D’une forte assise matérielle et économique, il lui était possible d’acheter toutes les maisons et terrains qui étaient mis en vente à Kébémer, en dehors des quatre terrains qu’il avait déjà acquis pour y loger les membres de sa famille (kër gu mak, kër gi ci jakka ji, kër gi ci xur wi et kër gu bèes). Mais, en consultant son Maître sur cette question, ce dernier lui fit cette remarque : « Bari ay kër, bari ay rakkaa moo ko gën » (« Avoir plusieurs rakkas (prières) est plus méritoire qu’avoir plusieurs maisons »). Il n’empêche, il était riche et prospère. Amadou Anta Samb disposait de trois véhicules à une époque où c’était un luxe que de se payer ce moyen de locomotion. Et, nonobstant sa générosité légendaire, ses dépenses faites avec prodigalité, ses investissements divers relatifs à toute œuvre islamique, sa fortune augmentait chaque jour. On aime dire dans la contrée du Cayor que tous ses habitants ont bénéficié de ses largesses. Lui-même, Serigne Amadou Anta Samb, a confié à des proches qu’il n’avait jamais souhaité passer la nuit ailleurs qu’à Kébémer par crainte que quelqu’un qui a des problèmes ne vienne le voir et le trouve absent. On a aussi rapporté qu’à chaque fois qu’il rendait visite à son Maître à Tivaouane, certaines personnes disaient en wolof : « Reer, dina neex tey » (« Le dîner sera aujourd’hui copieux, consistant et succulent ». Les auteurs de ces déclarations voudraient tout simplement faire allusion aux dépenses combien importantes que le saint homme effectuait à ces occasions.

On sait également que chaque fois qu’un talibé soumettait un problème d’ordre financier ou matériel à Seydi Hadji Malick Sy, celui-ci n’hésitait pas à le diriger à Kébémer, auprès de l’âme charitable Samb, pour sa satisfaction.

Amadou Anta Samb a reçu de son Créateur une gratification rare en ce bas-monde : il était riche, c’était un érudit, il avait une famille nombreuse (32 enfants) et il a vécu longtemps. Beaucoup de savants s’accordent à dire que ce n’est pas très courant que tous ces quatre bienfaits de Dieu se retrouvent à la fois chez une seule et même personne.

Comme il avait aussi une certaine assise financière qui le lui permettait, Amadou Anta Samb se faisait le plaisir de participer activement à l’organisation matérielle du gamou de Tivaouane. A un mois de la célébration de cet évènement, le docteur de la religion faisait convoyer à Tivaouane, par des bergers, pas moins d’une trentaine de bovins. A l’approche de la Tabaski, Amadou Anta Samb affrétait un wagon à la Régie des chemins de fer du Sénégal qu’il remplissait de moutons à destination de Tivaouane. Il était d’une prodigalité telle qu’il redistribuait tout ce qu’il gagnait. Le chérif Ibn Zoubeir de Kolda a dédié un poème à Serigne Amadou Anta Samb où il disait, entre autres, « Il était libéral[1], aussi généreux dans ses dons qu’une pluie diluvienne ».

Certains membres de la famille de Seydi Hadji Malick Sy avaient l’habitude de se rendre à Kébémer pour y passer le mois de Ramadan, pour ne retourner à Tivaouane qu’à quelques encablures de la Korité.

Une autre preuve de l’attachement de Amadou Anta Samb à El Hadji Malick Sy, la plupart de ses enfants ont été baptisés avec des patronymes de la famille de Maodo : El Hadji Malick, Habib, Cheikh Tidiane, Babacar dit Mbaye Sy, Mansour, Abdou Aziz, Ousmane, Rokhaya, Safiétou, etc.

Pour raffermir les liens avec son marabout, Amadou Anta Samb a marié sa fille Maïmouna à Aladji Sy Mbeur, neveu de El Hadji Malick Sy et fils de Mor Bineta Sy dit Mbeur à qui Maodo était très lié au point qu’il émit le vœu qu’à sa disparition, Mbeur s’occupât du tryptique « diiné ji-tarixa bi-njaboot gi ». Mais, Serigne Mor Binta Sy Mbeur fut rappelé à Dieu avant Maodo qui en fut très peiné.

Quand Amadou Anta Samb organisait des séances collectives de circoncision, il le faisait sans distinction pour tous les enfants de Kébémer. Parfois, le nombre des jeunes circoncis dépassait 200 enfants, tous entièrement pris en charge par lui.

Amadou Anta Samb était également auteur de prédictions justes (« Lu mu masa wax gis nañu ko »). A Abdou Karim Fall, ancien député-maire de Kébémer et ancien secrétaire général du khalife général des Mourides, Serigne Abdou Lahat Mbacké (RTA), qui avait mis à disposition un camion-benne pour les travaux de la mosquée de Kébémer, Amadou Anta Samb le remercia vivement et pria pour lui en ces termes : « Yalla nala Yalla yombal auto » (« Dieu fasse que tu aies beaucoup de voitures ». Une prière sans doute exaucée par Dieu dans la mesure où depuis, les camions à l’effigie des « Transports AKF » sillonnent toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

Amadou Anta Samb avait aussi le « kashfu » (illumination) qu’Allah gratifie certains érudits. Et c’est à travers une illumination qu’un jour de l’année 1957, Amadou Anta Samb répondit à son chambellan Modou Mbaye qui s’étonnait que le marabout eut l’air préoccupé après que Abdou Aziz Sy (RTA), fils de Seydi Hadji Malick Sy, qui lui avait rendu visite dans la journée, prit congé de lui. « Mon étonnement, répondit Amadou Anta Samb, c’est que ce jeune qui vient de partir [Abdou Aziz Sy], je l’ai vu déjà accéder au Khalifat alors qu’il y a ses deux frères aînés qui sont encore là [Khalifa Ababacar, alors Khalife en exercice et Mansour qui suit dans l’ordre successoral] ». Quelques temps seulement après, Khalifa Ababacar mourut le lundi 25 mars 1957, suivi de Mansour, le vendredi 29 mars 1957, en l’espace de quatre jours seulement. Le Khalifat échut alors à Abdou Aziz Sy dont l’accession précoce à ce titre est venue confirmer les prédictions de Amadou Anta Samb.

Amadou Anta Samb entretenait aussi de très bonnes relations avec les différents khalifes généraux des Mourides dont il était le contemporain (Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké et Serigne Fallou Mbacké), mais aussi avec d’autres fils de Serigne Touba (RTA) comme Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké ou Serigne Bassirou Mbacké.

Amadou Anta Samb était le fils de Fatou Fall qui était la sœur de Madjigène Fall, qui était la mère de Doudou Gaye Massar, qui était le père de Yacine Gaye Massar, qui était la mère de Coumba Dème, mère du président Abdou Diouf dont Amadou Anta Samb était par conséquent le grand-père.

D’autre part, Mor Tolla Wade, père de Me Abdoulaye Wade, était un grand ami de Amadou Anta Samb avec qui il était tout le temps ensemble. Les deux hommes partageaient le petit-déjeuner, le déjeuner et le diner. Ils ne se séparaient que le soir, au moment d’aller se coucher. C’est ainsi que Mor Tolla Wade confia ses enfants Moustapha Wade et Abdoulaye Wade à Amadou Anta Samb, pour leur éducation religieuse dans son daara dirigé alors par Serigne Makhary Ndiaye.

Tous les chemins des présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade mènent à… Amadou Anta Samb. Comme on le dit souvent de façon triviale, « Sénégal benn bopp la kenn mënu ko xar ñaar». Autrement dit, le Sénégal est un et indivisible.

Par ailleurs, Amadou Anta Samb était le père de Amadou Bineta Samb, père de feu Issa Mbaye Samb, ancien ministre sous le régime du président Abdoulaye Wade.

Amadou Anta Samb était le père de Soda Samb, mère de la ministre Aminata Mbengue Ndiaye. Les ministres Issa Mbaye Samb et Aminata Mbengue Ndiaye sont donc cousin et cousine car le père de Issa Mbaye Samb (Amadou Binta Samb) et la mère de Aminata Mbengue Ndiaye (Soda Samb) sont de même père et de même mère. Comme le monde est petit !

Serigne Amadou Anta Samb fut rappelé à Dieu le 24 rabî II, du 3ème mois lunaire de l’ère hégirienne 1386 (12 août 1966) et inhumé dans la grande mosquée de Kébémer après des funérailles grandioses auxquelles assista El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh (RTA). La prière mortuaire fut dirigée par le jeune frère de ce dernier, Serigne Habib Sy (RTA), fils de El Hadji Malick Sy. « Le ciel et la terre ont pleuré la perte de mon imam, de même les nuits et les jours ont versé sur lui beaucoup de larmes » a chanté Ibn Zoubeir dans un éloge funèbre en hommage à Serigne Amadou Anta Samb.

Parmi les témoignages forts sur Amadou Anta Samb, celui de Serigne Hady Touré (RTA) a sans doute été l’un des plus marquants. Un jour, le Saint de Fass Touré a eu à interroger Tafsir Hamzata Samb, fils spirituel de Amadou Anta Samb qui lui succéda à l’imamat de la grande mosquée de Kébémer où il dirigea les prières pendant 51 ans (1960-2011):

-« Hamzata, est-ce que tu connais bien ton père ? » demanda Serigne Hady Touré.

-« Je crois le connaître pour ce qu’il fut mon père ! » répondit Imam Hamzata Samb.

-« Non ! Tu ne le connais pas bien ! Et les gens de Kébémer ne le connaissent pas non plus ! Moi, poursuit-il, je suis un des témoins (« Anaa mina chaahidine »). En wolof : « Man mii maa bokk ca seede ya ». Il le répéta 3 fois.

Amadou Anta SAMB
Petit-fils de Serigne Amadou Anta Samb

[1] Mot à mot « abondant en cendres » ; l’abondance en cendres au foyer est le signe d’une grande hospitalité et d’une grande richesse.

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