Amadou Bâ, enquête sur un haut fonctionnaire, enfant de Dakar

Celui qui aura la lourde tâche de diriger la liste de Bennoo Book Yakaar à Dakar est un homme d’expérience et de réseaux. Cet inspecteur des Impôts et Domaines a fait toute sa carrière au sein de l’administration, comme haut fonctionnaire avant de devenir ministre de l’Economie, des Finances et du Plan en 2013. Il vient d’être consacré meilleur ministre dans son domaine.   

Ce toucouleur, bon teint, est né à Dakar en 1961, au quartier de Grand Dakar. Il a obtenu son baccalauréat en 1980, un bac G2. Il suit des études économiques à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar d’où il sort, quatre ans plus tard, avec un diplôme de Maîtrise ès Sciences économiques, Option Gestion des Entreprises. A 27 ans, il est breveté de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM).

Auteur d’une brillante carrière professionnelle, Amadou Ba est également titulaire d’un Diplôme supérieur en Comptabilité et a eu à enseigner cette matière, à plusieurs promotions d’élèves inspecteurs de la section « Impôts et Domaines » de l’Ecole Nationale d’Administration et cela depuis 1992. Entre 1995-2000, il est chargé de d’enseignements au Centre Ouest Africain de Formation et d’Etudes Bancaires (COFEB) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).  

Sur le plan professionnel, l’actuel ministre de l’Economie et des Finances débute sa carrière à Diourbel avant d’être ensuite affecté à Thiès, ville où il a connu son épouse. Puis, il sera affecté au Centre des Services fiscaux (CSF) de Dakar Plateau. Entre 1992 et 1994, il occupe le poste de Commissaire Contrôleur des Assurances à la Direction des Assurances avant de revenir à la Direction Générale des Impôts et Domaines en tant qu’Inspecteur Vérificateur à la Direction des Vérifications et Enquêtes jusqu’à 2002.  

A partir de 2002, monsieur Amadou Bâ va diriger successivement le Centre des Grandes Entreprises et la Direction des Impôts avant d’être promu Directeur général des Impôts et Domaines en novembre 2006, poste qu’il occupe jusqu’au lundi 02 septembre 2013, date de sa nomination au poste de ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal.  

Ce père de trois enfants est devenu en quelques années l’un des piliers du régime de Macky Sall. «A son arrivée comme ministre des Finances, le Président Macky Sall cherchait un homme capable de lui dérouler sa feuille de route et amener des capitaux pour développer le pays ». Rapidement, il donne son avis et conseille au pouvoir d’annuler la réunion du Club de Paris, prévu alors fin 2013 pour début 2014. «Le temps de mieux préparer ce rendez vous où le Sénégal devait aller pour récolter plusieurs milliers de milliards pour financer son développement ».  

Il coordonne avec ses équipes pour le Plan Sénégal Emergent et présente le projet en avant-premières au patronat, à la presse et même aux députés. En février 2014, quand il descend à Paris aux côtés de Macky Sall, il réalise, assis à côté du présient, un chiffre historique de 5000 milliards de financements que les bailleurs publics comme privés sont prêts à mettre dans le programme si cher au Président. «C’est ce jour là qu’il a été propulsé au devant de la scène ». Certains lui reprocheront par la suite d’en faire un projet personnel. «Mais ce n’était pas du tout le cas. Il a voulu mettre en évidence le Président de la République ».  

Amadou Bâ est un homme travailleur. Il dort également peu et quitte son bureau parfois à minuit. «Même les week-end, vous pouvez le croisez à son bureau ». Celui qui ne se repose plus depuis qu’il est devenu ministre, voyage beaucoup. «Il peut prendre parfois cinq avions dans la semaine. Ses collaborateurs se demandent d’ailleurs comment il fait pour tenir ». Récemment, lors du dernier Eurobond, il a fait plus 20 000 kilomètres en avion et trois continents pour convaincre les investisseurs.  

Ses collaborateurs disent qu’il a une rapide maîtrise d’un dossier. «Quand il vous demande une note sur une question précise, il le survole rapidement, mais dès qu’il est devant l’auditoire il en a une maîtrise parfaite, il a un esprit très alerte et comprend très vite ». Décrit comme intelligent, il a battu tous les records depuis son arrivée au ministère des Finances. Du taux de croissance en passant par les hausses régulières dans le budget. «A son arrivée, la situation n’était pas facile avec Amadou Kâne, il a su rapidement de concert avec le Président Macky Sall travailler à apporter des résultats ». Proche du Président Sall, il dit à ses amis et visiteurs qu’il lui doit tout. «Les résultats que nous avons obtenus sur le plan économique, c’est parce que le Président Macky Sall inspire la confiance aux bailleurs. Il est très respecté au plan international et les bailleurs savent qu’il a un cap et un programme défini, c’est grâce à la forte personnalité de Macky Sall que nous arrivons à faire de bons résultats économiques », ne cesse-t-il de répéter.  

Il est entré au sein de l’Alliance pour la République (Apr) à la demande du Président de la République. Ainsi, il va choisir les Parcelles Assainies, lieu de domicile de ses parents, localité d’ailleurs où il dispose d’une maison. «Amadou Bâ connait bien la politique, lors du référendum, il a rapidement changé la donne en s’alliant avec des hommes d’expérience, c’est pourquoi il a été redoutable », témoigne un de ses proches. Depuis plusieurs mois, il tisse sa toile au sein de cette commune disputée avec Moussa Sy. «Il a débauché beaucoup de personnes qui comptaient au sein de l’entourage de Moussa, jusqu’à une de ses secrétaires ». Depuis plusieurs mois, il est sur le terrain. Alors que les inscriptions sur les listes électorales venaient de débuter, il allait nuitamment dans les maisons pour demander à ses militants d’aller s’inscrire.  A côté de cela, il a effectué beaucoup d’actions dans le social. Il a rénové plusieurs mosquées, plusieurs écoles et donné à tous les élèves de la ville des fournitures scolaires. «C’est un enfant issu du peuple, il comprend les problèmes auxquels les gens sont souvent confrontés ».  

Homme simple et courtois, il est d’un commerce facile. «Il n’a pas changé au plan humain. En dehors de ses heures de service, il conduit propre  sa voiture ». Très peu protocolaire, il est resté le même, bien qu’il soit devenu ministre, témoigne ses proches. A Dakar, il compte de nombreux amis dans différents cercles et passe pour compter dans son entourage beaucoup de journalistes influents qu’il fréquente pour la plupart depuis plus de dix ans alors qu’il était directeur des Impôts. 

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