Ambassade américaine : des heurts à la frontière entre Gaza et Israël. 30 morts et plus de 1 200 blessés (provisoire)

aLe célèbre protestataire paraplégique palestinien, Fadi Abu Salah, a été tué. Il était devenu un vrai symbole de la lutte

Dernier bilan: 30 morts dont 3 enfants, + de 1 200 blessés dont 50 dans un état critique

L’armée israélienne déclare la frontière zone militaire fermée. Les tunnels sont tous bombardés.

Palestiniens et soldats israéliens se sont affrontés lundi le long de la frontière, quelques heures avant l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem.

La décision américaine de déménager l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem continue de déplaire. Lundi, alors que l’inauguration de l’établissementdoit avoir lieu dans quelques heures, des heurts ont éclaté tôt dans la matinée entre des soldats israéliens et des Palestiniens dans la bande de Gaza, le long de la frontière entre les deux territoires. Au total, quelque 12 personnes ont été blessées selon les autorités gazaouies. Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés en différents points aux environs de la frontière, et des petits groupes ont tenté de s’approcher au péril de leur vie de la barrière de sécurité lourdement gardée par l’armée israélienne, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Ces petits groupes ont tenté de s’attaquer à la barrière de sécurité, ont lancé des pierres en direction des soldats et ont essuyé des tirs en retour, a rapporté un journaliste de l’AFP. L’armée israélienne s’attend à ce que des dizaines de milliers de Palestiniens protestent dans la bande de Gaza sous blocus, mais aussi en Cisjordanie occupée contre l’inauguration dans l’après-midi de l’ambassade américaine à Jérusalem. Elle a prévenu dimanche et lundi les Gazaouis par tracts distribués par les airs qu’ils s’exposaient en prenant part aux manifestations et qu’elle ne permettrait pas qu’on s’en prenne à la barrière de sécurité, aux soldats ou aux civils israéliens riverains du territoire palestinien.

Des effectifs doublés

Ivanka Trump et Jared Kushner, la fille et le gendre et conseillers du président américain, prendront part à partir de 16 heures (13 heures GMT) avec des centaines de dignitaires des deux pays à la cérémonie saluée comme « historique » par Israëlet largement perçue comme défiant la réprobation de la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale. À quelques dizaines de kilomètres de là, des centaines de Palestiniens ont commencé à prendre la direction de la frontière israélienne dans la bande de Gaza avec, pour certains, l’intention proclamée de tenter de forcer au péril de leur vie la barrière de sécurité. Les manifestants ont entrepris de rassembler des pneus qu’ils enflammeront pour créer des écrans de fumée.

Des milliers de policiers israéliens sont mobilisés dans tout Jérusalem, et un millier autour de l’ambassade et ses alentours dans le quartier périphérique et verdoyant d’Arnona. Concrétisant un engagement de campagne, le transfert de l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem constitue une rupture de plus avec, en l’occurrence, des décennies de diplomatie américaine et de consensus international. Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses de l’insoluble conflit israélo-palestinien.

Un conflit sans fin ?

La décision américaine comble les Israéliens comme la reconnaissance d’une réalité de 3 000 ans pour le peuple juif. Elle coïncide avec le 70e anniversaire de la création de l’État d’Israël, en pleine effusion nationale et ferveur pro-américaine. « Jérusalem restera la capitale d’Israël, quel que soit l’accord de paix que vous imaginiez », a affirmé dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahou lors d’une réception devant Ivanka Trump et Jared Kushner. Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l’a annexée. Tout Jérusalem est sa capitale « éternelle » et « indivisible », dit-il. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

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La sensibilité du sujet est exacerbée par la religion. Jérusalem est sainte pour musulmans, juifs et chrétiens. M. Trump a fait vœu de présider entre Israéliens et Palestiniens à l’accord diplomatique « ultime ». En annonçant le 6 décembre reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, il a voulu favoriser la recherche de la paix en « retirant Jérusalem de la table », dit-il.

L’ONU et la communauté internationale disent non

Pour la communauté internationale, Jérusalem-Est reste territoire occupé et les ambassades ne doivent pas s’installer dans la ville tant que le statut n’en a pas été réglé par la négociation entre les deux parties. Le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a appelé dimanche au djihad contre les États-Unis, affirmant que la décision de Washington était la preuve que les négociations et « l’apaisement » n’ont pas servi aux Palestiniens. Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’ONU, 128 ont condamné la décision américaine, dont des alliés des États-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Le vote a provoqué la fureur de Washington et les menaces de rétorsion de son ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley.

Le tollé soulevé par l’initiative unilatérale américaine semble être retombé. Jérusalem est pavoisée de drapeaux israéliens et américains et d’affiches proclamant « Trump Make Israel Great Again » ou « Trump is a friend of Zion ». Mais l’inauguration de l’ambassade, provisoirement installée dans les locaux de ce qui était le consulat américain en attendant la construction d’une nouvelle représentation, a lieu dans une période éminemment sensible. Les Palestiniens perçoivent comme une « provocation » la date choisie, précédant de 24 heures les commémorations de la « Nakba », la « catastrophe » qu’a constitué la création d’Israël pour des centaines de milliers d’entre eux chassés ou ayant fui de chez eux en 1948.

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