Angola : José Eduardo dos Santos, l’heure du bilan

Au moment où le président José Eduardo dos Santos quitte le pouvoir après 38 ans de règne, les enjeux du scrutin du 23 août sont majeurs pour ce pays en pleine crise économique.

Président de la République d’Angola depuis septembre 1979, José Edouardo dos Santos détient à l’heure actuelle le second record de longévité à la tête d’un État.
Le président de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est au pouvoir depuis août 1979. Il a occupé le fauteuil présidentiel quelque sept semaines avant le président angolais. C’est le président qui a régné le plus longtemps sur le sol africain.
Jeunesse engagée
Le président Dos Santos n’a que 19 ans lorsqu’il rejoint le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola, le MPLA, qui n’est alors qu’un comité politique. Durant cette période, il travaille activement pour le renversement de la domination coloniale portugaise.
En 1975, l’Angola gagne son indépendance.
Mais peu de temps après, plusieurs conflits armés entre l’UNITA et le MPLA, deux mouvements de libération, résultent en une guerre civile qui ravagera le pays pendant 27 ans.
27 ans de guerre civile
Cette guerre, caractérisée par l’utilisation généralisée des mines anti personnelles, est activement relayée dans la presse du monde entier lorsque Princess Diana se rend dans le pays en 1997 pour sensibiliser sur la question.
La succession du chef d’État est l’un des événements politiques les plus importants en Angola depuis la fin de la guerre.
D’autant que son départ intervient à une période charnière pour ce pays en pleine crise économique.

Crise économique
Depuis la fin de la guerre, le pays s’est construit sur le pétrole.
L’effondrement des prix du pétrole à l’échelle internationale en 2015 a entraîné une chute rapide de l’afflux de dollars américains ainsi qu’une forte baisse de la valeur de la monnaie locale, le kwanza.
 Ceci a provoqué l’envolée des prix dans un pays où de nombreux produits de base sont importés.

Les candidats au fauteuil présidentiel
Le ministre de la Défense, Joao Lourenço du MPLA, est considéré comme l’héritier de dos Santos. A 63 ans, ce général à la retraite est respecté au sein de l’armée et du MPLA.
Son adversaire, Isaias Samakuva, dirige l’UNITA, principal mouvement rival du MPLA. Ils ont tous deux récolté près de 20 % des voix lors des dernières élections.
Un autre parti de l’opposition, CASA-CE, dirigé par Abel Chivukuvuku, connaît de plus en plus de popularité même si le parti n’a remporté que 6 % des suffrages en 2012. Il s’agissait alors d’un jeune mouvement et de nombreux observateurs s’interrogent aujourd’hui sur la force mobilisatrice du parti.
Dans cette élection atypique, c’est le candidat du parti qui remporte le plus de voix qui accède à la présidence.
Et même si M. Dos Santos n’est pas candidat à sa propre succession, il demeure un homme de pouvoir.
Une famille de pouvoir
A 74 ans, il demeure le leader du MPLA. Selon une nouvelle loi, le nouveau président ne peut pas limoger les chefs de l’armée, de la police et des services de renseignement pendant huit ans
M. dos Santos est et restera à l’abri de toutes poursuites judicières éventuelles.
Et pour conclure, sa famille est toujours très influente. Sa fille, Isabel, gère la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Elle est également considérée comme la femme la plus riche d’Afrique.
Son fils, José Filomeno de Sousa Dos Santos, est depuis juin 2013 à la tête du fonds souverain de l’Angola fort de 5 milliards de dollars
Le saviez-vous ?
1979, l’année où José dos Santos a accédé au pouvoir, est également l’année pendant laquelle la chanson de Gloria Gaynor, “I’ll Survive” s’est retrouvée au top des charts.
Surnommé “camarade numéro un”, José Edouardo dos Santos a exercé un contrôle absolu sur le parti, les médias et a toujours eu une grande influence sur la société en général. A l’instar de ses anciens alliés soviétiques et cubains, le parti de dos Santos est apparu, pour beaucoup, et au fil du temps, de plus en plus autoritaire
Le rappeur Luaty Beirao est également une figure de l’opposition qui mobilise par ses textes et ses connaissances du milieu politique une partie de la jeunesse angolaise
Geneviève Sagno – BBC

: Afrique Monde

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