ANNEE SCOLAIRE 2013-2014 Les enseignants brandissent encore l’arme de la grève

Ce n’est pas demain la veille de l’accalmie tant souhaitée dans l’espace scolaire sénégalais. Après une année qui a failli, de peu, être blanche, les enseignants menacent de redéployer leur plan d’action, l’Etat n’ayant pas respecté ses promesses.saes edu

Rebelote ! L’année scolaire 2013-2014 va droit vers la tourmente. La menace est du Grand cadre des syndicats d’enseignants (Gcse), «si le gouvernement ne s’attèle pas, dans les plus brefs délais, à la signature du protocole d’accord d’ici au 1er janvier 2014.» Le porte-parole dudit cadre syndical, Gnougna Niang, de rappeler : «nous n’avions pas levé notre mot d’ordre, nous l’avions juste suspendu ; à tout moment, en accord avec notre base, nous pouvons dérouler notre plan d’action.» il argue que leur préavis de grève et le plan d’action courent jusqu’au 1er janvier, date à laquelle ils sont prêts à en déposer d’autres. En conférence de presse, hier, le Gcse dit alerter l’opinion par rapport à l’attitude du gouvernement qui se fige dans un immobilisme non compréhensible. «Après 20 mois de négociation où on s’attendait à signer un protocole d’accord et aller vers son application», dira Gnougna Niang, «l’idéal aurait été d’avoir une année scolaire apaisée, vu que nous avons tout fait pour en créer les conditions». «Nous venons de Saly où il était question de créer les conditions de cet apaisement et on l’avait conditionné à la signature du protocole d’accord avant le 30 novembre», précisera-t-il.

«Le blocage émanerait de…»

Mais, «à notre grande surprise, nous sommes aujourd’hui le 03 décembre et rien n’est encore fait», déploreront les enseignants, qui attribuent le blocage au ministre du Budget qui s’est opposé, à la dernière minute, à ce consensus, refusant de signer le document, pour motif qu’il n’était pas prêt à faire des efforts. Pourtant, déclare Gougna Niang, «on s’est accordé d’une manière consensuelle sur les rappels des 2/3 des années de vacation, contractualisation et de volontariat avec le ministre de l’Education nationale.» Assimilant leur attitude à une solution pour faciliter le paiement de ces rappels, M. Niang d’accuser le gouvernement de bloquer les négociations. Et au delà de la signature du protocole d’accord, les enseignants s’indignent de la posture de Serigne Mbaye Thiam qui, disent-ils, «est en train de déficeler les acquis et les consensus, par une utilisation abusive du pouvoir discrétionnaire». Pour preuve, les enseignants de préciser, pour le déplorer, que les affectations du personnel enseignant qui se faisaient sur la base d’un consensus, ont été, pour cette année, décidées dans son bureau, avec des fonctionnaires acquis à sa cause, transgressant ainsi l’acquis des commissions, avec des critères préalablement établis, gage d’affectations démocratiques.

«Le ministre fait du dilatoire»

Amer, le Grand cadre de déplorer, par la voix de Gougna Niang, que le ministre opte pour le dilatoire et la manipulation de l’opinion. La conférence de presse du Grand cadre des syndicats d’enseignants a aussi été l’occasion de faire constater à l’opinion, la violation des accords, notamment, avec le non-paiement des indemnités de déplacement du Bac et du Bfem jusqu’au 30 novembre. «L’organisation des assises de l’éducation, cloisonnée en secteur, sans implication totale et correcte des acteurs du système, l’application aveugle de certaines recommandations des concertations nationales sur l’avenir de l’enseignement supérieur qui a conduit à de nombreux dysfonctionnements dans l’orientation de nouveaux bacheliers et des difficultés de tout genre dans les inscriptions», seront autant de griefs listés par les enseignants pour expliquer leur courroux, sans oublier les sortants de la Fastef encore non-affectés malgré les engagements du premier ministre. Aussi, le Secrétaire général du Saemss, Mamadou Lamine Dianté, parlera-t-il d’injustice, le ministère de l’Education n’ayant pas vocation à recruter, mais à affecter, le recrutement étant acquis par ces étudiants depuis leur réussite au concours. Pendant ce temps, lycées et collèges souffrent d’un manque criard de professeurs, déplore-t-il.

Christine MENDY 

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