ANNIVERSAIRE – Les droits de l’hommistes protestent contre la gestion du pouvoir en Gambie : Un régime sous les feux des critiques

Yaya Jammeh President of The Gambia

La Gambie a célébré hier, les 20 ans de pouvoir du Président Yahya Jammeh, qui s’est imposé à la tête du pays un certain 22 juillet 1994, suite à un coup d’Etat contre le régime de Dawda Diawara. Si à Banjul, cette célébration a donné lieu à des festivités, les associations de défense des droits de l’Homme elles et certains Gambiens résidant au Sénégal, ont opté pour un sit-in, devant l’ambassade de la Gambie au Sénégal, pour manifester leur indignation et dénoncer le règne de l’oppression et de la dictature du Président Jammeh, sur le Peuple gambien.

Ils ont voulu marquer sous le signe de la solidarité africaine, les 20 ans de règne du Président Yahya Jammeh et montrer aux uns et autres, la situation alarmante qui prévaut en Gambie.

«Nous dénonçons l’affaiblissement du système judiciaire depuis l’avènement au pouvoir, du Président Jammeh du fait de l’ingérence récurrente de l’Exécutif et l’adoption de lois toujours plus répressives visant à réduire au silence les voix dissidentes», a dit Seydi Gassama de Amnesty en marge du sit-in.

Aboubacry Mbodj, secrétaire général de la Rencontre africaine des droits de l’Homme (Raddho) de faire remarquer, pour sa part, que «la situation des droits de l’Homme en Gambie est préoccupante dans la mesure où il y a toutes formes de victimes». Comme par exemple, la peine de mort, dont les manifestants ont réclamé son abolition. 

Aussi, dans la foulée de cette manifestation, est-il demandé la délocalisation de la Commission africaine de promotion des droits de l’Homme et des peuples, jusque-là basée à Banjul. Ce qui est un paradoxe pour les manifestants qui estiment que «la Gambie ne mérite pas aujourd’hui d’abriter le mécanisme africain de promotion et de protection des droits humains».

Seydi Gassama (Amnesty Inter­national), Aboubacry Mbodj (Raddho) et leurs camarades défenseurs des droits de l’Homme ont aussi invité Yahya Jammeh à ratifier la Convention internationale contre la torture. Sur leurs  pancartes, on pouvait lire entre autres : «Justice pour Musa Saidy Khan et les victimes de torture. Faite changer la situation pour la journée de la liberté. 20 ans de peur. Stop aux agressions contre les journalistes. Protéger les défenseurs des droits humains.» 

La présidente de l’Article 19 / Afrique de l’Ouest, Fatou Jagne Senghore, n’y est pas aussi allée de main morte. Elle fait remarquer, furieuse : «Notre évaluation montre 20 ans d’oppression, de confiscation des libertés fondamentales, 20 ans de bâillonnement de la presse et de tous moyens d’expression, un bilan négatif en matière de protection des droits humains.» Avant d’ajouter : «Les citoyens ont peur de s’exprimer, ils ont peur d’être emprisonnés pour un oui ou un non. Les journalistes ne peuvent plus exercer leur travail dans un cadre serein.» 

Pour se faire entendre, Amnesty, Duga, Y’en a marre, Reporter sans frontières, Raddho, Faj, Misa, Cicodev Afrique, Cosopci entre autres organisations, comptent accentuer davantage le plaidoyer, pour dénoncer l’absence de liberté d’expression, d’association, de penser, d’écrire et de culte des Gambiens et faire en sorte que l’opinion internationale sachent ce qui se passe dans le pays de Yahya Jammeh. Parmi les actes de violence perpétrés ces 20 dernières années, les droits de l’hommistes se sont rappelé la sanglante répression  d’élèves en avril 2000, la disparition forcée du journaliste Ibrahima Mané, la torture du journaliste Moussa Seydi Kane en 2006… 

  • Écrit par  Khady SONKO

ksonko@lequotidien.sn

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