Approvisionnement en eau de la capitale : La société civile doute des chiffres du gouvernement

Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 92 % des ménages ont accès à l’eau à Dakar-Urbain et à Rufisque.
Ces chiffres de l’ANSD semblent ne pas refléter la réalité. Pour cause, il ne se passe pas un jour sans que des citoyens ne se plaignent de difficultés d’accès à l’eau potable dans certains quartiers de Dakar. C’est, conscients de cet écart entre les chiffres et la réalité, que des acteurs de la société civile veulent passer à la phase de vérification. Ce, dans le cadre du projet dit de promotion du contrôle citoyen et du droit à l’eau et à l’assainissement financé par l’Union européenne à hauteur de plus de 114 millions Cfa.
Les animateurs de comités, issus de quatre communes de la région de Dakar, subissent depuis hier une formation dispensée par des organisations de la société civile pour promouvoir la redevabilité et la transparence dans la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement. Il s’agit des communes de Grand-Dakar, Dalifort, Médina Gounass et Rufisque-Ouest. Cela vise à permettre d’accroitre et de renforcer leur implication dans la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement qui est un secteur qui soulève beaucoup de débats ces derniers temps avec les difficultés liées à l’accès au liquide précieux. Ce projet qui est dans sa deuxième phase aura pour objectif de renforcer les capacités techniques des animateurs pour une mise en œuvre réussie du processus d’audit social de la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement dans les quatre communes. Mais aussi, il permettra de partager et d’harmoniser les outils de collecte conçus pour permettre aux animateurs des quatre comités de conduire les opérations sur le terrain afin d’adopter la même démarche pour que, à la fin, les rapports produits puissent être comparés et même consolidés pour donner un rapport assez représentatif de la région de Dakar. «Cela permettra de dialoguer autour de connaissances, d’informations factuelles produites par les citoyens non pas pour les opposer aux chiffres produits par le gouvernement, mais créer les conditions d’une discussion autour de la réalité à l’accès à l’eau et à l’assainissement dans la région de Dakar», a déclaré Seydou Ndiaye, président de l’Ong Paisc. «Nous irons sur le terrain faire une recherche participative en utilisant des outils expérimentés pour permettre aux citoyens eux-mêmes de mesurer leur degré de satisfaction sur la qualité de l’eau», ajoute-t-il.

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