Après l’Algérie, Enrico Macias indésirable au Maroc

Le chanteur français d’origine algérienne, Enrico Macias, serait indésirable au Maroc, pour son « soutien à Israël ». Une campagne de boycott a été lancée sur les réseaux sociaux par le collectif Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), pour inciter les Marocains à bouder le concert d’Enrico Macias à l’occasion de la Saint-Valentin, prévu le 14 février prochain au Megarama de Casablanca.

En effet, un communiqué publié par le Moroccan academic and cultural boycott of Israël (MACBI), membre de BDS Maroc, dénonce la venue du chanteur d’origine juive. Il considère le concert d’Enrico Macias au Maroc comme une normalisation avec l’État sioniste, dont le chanteur affiche et affirme un soutien indéfectible.

La lettre du MACBI, relayée par l’activiste marocain de confession juive Sion Assidon, présente le chanteur comme « un défenseur inconditionnel de l’occupation de la Palestine et tout particulièrement de son armée ». Elle accuse Enrico Macias, qui se présente comme un « chanteur de la paix » de s’investir « sans compter, dans une association (Migdal) qui soutient les soldats de l’unité chargée de la surveillance des frontières (Magav), connue pour ses crimes de guerre contre la population. Citation : « Depuis le début de ma vie, je me suis toujours donné corps et âme pour l’État d’Israël […] donc pour Tsahal et pour Magav, et pour Migdal. […] Croyez-moi, c’est ça le miracle d’Israël… » », lit-on dans ladite lettre.

Avant d’affirmer que la présence d’Enrico Macias au Megarama serait une « une honte et une insulte au public casablancais », le MACBI rappelle qu’« il a été décoré en 2006 par le ministère israélien de la Défense pour son soutien à l’État d’Israël et à son armée tout au long de sa carrière. En France, il est de tous les rassemblements organisés par l’État-major du lobby sioniste (le CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France), qui est inconditionnel de tous les crimes commis contre le peuple palestinien ».

Enrico Macias a subi le même sort dans son pays d’origine : l’Algérie

Né le 11 décembre 1938 à Constantine dans l’Est algérien, à l’époque de l’Algérie française, il a été contraint de quitter son pays natal à la fin de la guerre de libération, pour s’installer en France, où il se lança dans sa carrière artistique après avoir exercé comme instituteur dans une école.

Le départ d’Enrico Macias n’était pas volontaire, mais forcé. Il a fait partie des milliers des juifs algériens ayant choisi de suivre la France, par crainte de représailles en Algérie à l’aube de l’indépendance.

Il n’a pas cessé de chanter son chagrin, amour et nostalgie de son pays d’origine. Son vœu de visiter l’Algérie avant de mourir risque de ne jamais être exaucé. La question suscite à chaque fois des réactions violentes de l’opinion publique algérienne, qui l’accuse de soutien à Israël au détriment de la Palestine. Une question hautement sensible dans le pays.

observalgerie.com

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