Après leur défaite dans leur fief : D’autres ministres veulent anticiper le remaniement

Cheikh Bamba Dièye a rendu le tablier hier. Et d’autres ministres qui ont perdu dans leur fief mènent d’intenses discussions pour anticiper leur limogeage. Mimi Touré, elle, partira et il reste à savoir quand.

Cheikh Bamba Dièye n’a fait qu’anticiper sur le remaniement inéluctable qui se profile à l’horizon, après la déroute de la coalition Benno bokk yaakaar à Dakar notamment, et celle du Premier ministre à Grand Yoff. Mais son départ avant la publication officielle des résultats pourrait précipiter le changement de gouvernement.

Il y a une question, pour le moment sans réponse : Qui pour remplacer le ministre de la Communication et de l’Economie numérique ? Il n’y en aura pas en tout cas dans ce contexte puisque son successeur ne serait là que de façon éphémère. Et le chef de l’Etat n’a qu’un seul choix : attendre la composition du nouveau gouvernement pour boucher ce trou laissé par le maire de Saint-Louis. 

D’autres Bamba Dièye 
Le Quotidien a appris qu’en plus de Cheikh Bamba Dièye qui est parti, il y a d’autres ténors de l’Alliance pour la République (Apr) qui envisagent d’anticiper leur limogeage après leur défaite dans leur fief. Ce, pour ne pas attendre que le sabre s’abatte sur eux.

Il se passe d’intenses tractations pour ne pas se laisser surprendre. Certains ministres consultent leurs proches et amis depuis hier. Bamba Dièye s’étant de fait «auto-exclu» de Benno bokk yaakaar, sa démission n’aurait pas gêné le Palais. Mais les ministres apéristes, eux, s’abstiendraient de court-circuiter le Président Sall «pour ne pas le mettre mal à l’aise et perturber le fonctionnement du gouvernement». 

Mimi partira… partira
Quant au chef du gouvernement, ses jours seraient comptés au 9ème étage du Building administratif. Aminata Touré le sait et ne se fait pas d’illusion. Si elle a prolongé encore son séjour à la Primature, après sa défaite face à Khalifa Sall et sa coalition, c’est parce que, apprend-on, elle ne voudrait pas indisposer le chef de l’Etat à qui elle laisse l’initiative. Macky Sall, à son tour, joue au «gentleman President» quoique, confie-t-on, il a du mal à avaler la pilule du 29 juin. Le principe républicain commanderait qu’il attende la fin du processus électoral, c’est-à-dire l’installation des conseillers élus avant de prendre une quelconque décision.

On se souvient qu’aux Locales du 22 mars 2009, après la razzia de Benno siggil senegaal, Abdoulaye Wade n’avait composé le gouvernement Souleymane Ndéné Ndiaye que plus d’un mois après le scrutin, précisément le 1er mai. Seulement cette fois-ci, tout dépendra du nombre de ministres qui décideront de faire comme Cheikh Bamba Dièye. 

  • Écrit par  Hamath KANE

hamath@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*