Athlétisme: Lamine Diack mis en examen pour corruption

Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme
Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme

L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et son conseiller juridique Habib Cissé ont été mis en examen à Paris, ce mercredi 4 novembre. Lamine Diack est accusé de corruption passive et de blanchiment aggravé. Le Sénégalais aurait touché de l’argent de la part de la fédération d’athlétisme russe.

L’ex-président de l’IAAF, le Sénégalais Lamine Diack, a été mis en examen ce lundi à Paris pour corruption, soupçonné d’avoir couvert des cas de dopage d’athlètes, notamment russes. Lamine Diack a été remplacé cet été à la présidence de l’IAAF par le Britannique Sebastian Coe.

Son conseiller juridique, l’avocat Habib Cissé, a également été mis en examen par deux juges financiers parisiens. Un médecin, qui était en charge de la lutte antidopage à la fédération jusque fin 2014, est en garde à vue. Tous les deux ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Selon les informations d’I-Télé, Lamine Diack et  Habib Cissé sont « soupçonnés d’avoir touché de l’argent de la part de la fédération d’athlétisme russe pour avoir caché des cas de dopage d’athlètes » locaux.

Quinze ans à la tête de l’IAAF

A la fin de son mandat, Lamine Diack, 82 ans, a vu plusieurs affaires venir ternir le bilan de sa présidence au sein de l’IAAF. Exemple : son fils, Pape Massata Diack, chargé de mission marketing au sein de l’IAAF, a été contraint de quitter l’instance, accusé d’être impliqué dans une affaire de corruption visant à couvrir des cas de dopage en Russie. L’affaire pour laquelle Diack est mise en examen vient ternir encore un peu plus son bilan.

Lamine Diack a tenu quinze ans les rênes de l’institution. Et le premier président non-européen, de surcroit africain, de l’institution gérant le premier sport olympique, se flatte d’avoir mondialisé sa discipline. Sur le plan comptable, son bilan est positif.

Les recettes de télévision et de sponsoring se sont élevées en quinze ans à plus d’un milliard d’euros et les réserves financières de l’IAAF, basée à Monaco, se chiffrent à quelque soixante millions d’euros. Diack avait été élu par acclamations à la tête de l’IAAF en décembre 1999, après la mort subite de l’Italien Primo Nebiolo.

L’IAAF assure qu’elle « coopère pleinement » avec la justice française

« Tout ça n’est pas bon du tout pour l’image de l’athlétisme. C’est normal que les procédures aillent au bout. Peut-être faut-il purger le problème », a déclaré ce mercredi Bernard Amsalem, président de la Fédération française (FFA) et membre du conseil de l’IAAF.

Et de rappeler que le nouveau président, dont il a soutenu la candidature, « a fondé son projet sur l’intégrité, la défense des valeurs et la lutte contre le dopage ». « Le dopage est un fléau. Dès lors que les gens ne croient plus à ce qu’ils voient, le sport est mort », disait Lamine Diack en août.

La Fédération internationale d’athlétisme a réagi dans un communiqué en disant qu’elle « coopère pleinement » avec la justice française. « Dans le cadre de l’enquête française, la police a perquisitionné le siège de l’IAAF hier (mardi, ndlr) pour mener des auditions et consulter des documents », ajoute la Fédération internationale.

L’enquête des juges français est consécutive à un signalement de l’Agence mondiale antidopage, parvenu début août au parquet national financier (PNF). Après une enquête préliminaire, les investigations ont été confiées à des juges d’instruction financiers.

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