Au delà de la caricature le mal profond de la presse au Sénégal (Par Abdoulaye Mbodji)

Depuis quelques jours c’est la caricature du président de la république qui défraie la chronique. Des jeunes ont dessiné de façon très obscène Mr Macky sall. Le groupe a été arrêté. Bravo au professionnalisme de nos policiers enquêteurs.  Ici et là s’élèvent des voix contre ces arrestations et dénoncent du même coup ce qu’elles pensent être une entorse à la liberté de la presse. Que nenni. Ces jeunes méritent la peine proportionnelle à la gravité de leurs actes. Pour comprendre cette gravité revenons au statut même de caricaturiste. Le caricaturiste est un journaliste à part entière, il croque avec humour personnalités et évènements d’actualité. Dans certaines publications, notamment en France, on les appelle des “reporters dessinateurs”. Ils bénéficient d’une carte de presse délivrée par la commission des cartes de presse. Quant au parcourt du dessinateur de presse, il est celui de l’artiste. Cette formation artistique (Ecole des Beaux arts, etc…..) permet aux dessinateurs de presse d’avoir les bases indispensables de leur métier. Mais, il faut l’admettre au passage, le dessin peut relever aussi du don. Décryptons sous ces différents angles d’acquisition du statut de caricaturiste l’attitude de ces pseudo caricaturistes. Cette caricature est révélatrice d’un mal profond qui affecte le secteur même de la presse en général au Sénégal. Qui est journaliste ? Qui ne l’est pas ?. Le Sénégal est presque le seul pays au monde où devenir journaliste est le plus facile au monde. Il faut savoir parler ou savoir écrire et le tour est joué. La célèbre école de formation des journalistes, CESTI qui était jusqu’à un passé récent le passage obligé des candidats au journalisme subit la concurrence rude du vaste secteur informel du journalisme sur le tas. Ils, ces rédacteurs et autres laudateurs issus de ce secteur informel, sont nombreux dans les rédactions, presse écrite, radios et télévisions exposant leurs organes à des infractions régulières aux principes éthiques et déontologiques de la presse. Un toilettage s’impose pour redonner à la presse ses lettres de noblesse, un travail qui incombe aux patrons de presse mais aussi et surtout aux journalistes eux-mêmes qui doivent engager le combat de l’honneur et de la fierté d’être journaliste. Un travail de déparasitage qui requiert aussi la participation de l’état. Quant aux quatre jeunes “caricaturistes” dont le dessin, du reste fade et dépourvu d’imagination créatrice, relève plus de la méchanceté, l’indécence, et l’envie de salir, la justice doit sévir.
Abdoulaye Mbodji
Journaliste

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