Aymérou Gningue, Pcr de Mérina Dakhar, membre de l’Apr : «Ce n’est qu’après les Locales que le Président pourra bâtir un grand parti pour la majorité …

Le Président du Conseil rural de Mérina Dakhar est convaincu que ce n’est qu’après les Locales que le président de la République pourra bâtir un grand parti pour la majorité présidentielle. Candidat à sa propre succession, Aymérou Gningue est d’avis qu’«après les élections, on saura qui est qui».

Quel bilan tirez-vous de votre mandat à la tête du Conseil rural de Mérina Dakhar ? 
Pour ce qui est de notre bilan, nous avons eu des réussites certaines. D’abord, des réalisations ont été faites dans le domaine de la Santé. Nous avons mis en place des structures pour les ruraux qui ne disposent d’aucun moyen pour aller se soigner. La communauté rurale de Mérina Dakhar polarise 118 villages pour 32 000 habitants.

Dans ces villages, l’eau coule à flot, les activités maraîchères sont en phase d’initiation réelle, les femmes s’activent pour un décollage économique. Elles confectionnent de pagnes qu’elles revendent dans les marchés de Ngaye Mekhé, Pékesse ou Mérina Dakhar même. 

Sauf que les populations réclament toujours de l’eau potable et de l’électricité…
Pour l’avenir, je sais qu’il y a des priorités liées à l’augmentation du réseau d’adduction d’eau et à l’extension des réseaux électriques.

De ce point de vue, il s’agit de porter le taux d’électrification, qui tourne autour de 5 %, à 50 %, conformément à l’engagement du président de la République d’apporter les investissements indispensables au développement local par la réalisation de pistes de production, de marchés et l’électrification aux populations de Mérina Dakhar. 

Pour l’agriculture, les prévisions sont en gestation. C’était beau peut-être dans les intentions, mais il faut savoir les mettre en œuvre. Nous sommes en train de mettre en place une structure à cet effet. Le gouvernement du Président Macky Sall a engagé des réformes fondamentales dont l’une consiste à faire de l’agriculture le pilier essentiel de notre développement économique. 

Dans le domaine social, qu’est-ce que le Conseil rural a fait pour la réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires ? 
L’équipe du Conseil rural est en train de mettre des programmes pour la réhabilitation de plusieurs écoles de la communauté rurale. Des salles de classe ont été construites dans plusieurs villages, des écoles clôturées. Nous avons pu éliminer des abris provisoires et mettre des élèves dans un cadre adéquat d’études.

Déjà, avec la construction d’écoles en cours, plusieurs réalisations sont prévues. Pour ce qui est des infrastructures, les promesses du président de la République sont déjà en passe de se réaliser puisque les études de la piste devant relier Kelle à Mérina Dakhar sont en cours et l’appel d’offres devrait être lancé incessamment. 

Faites-nous un bref résumé de votre programme ?
Je dirai que notre programme s’appuie sur un certain nombre de projets en cours de réalisation. La Communauté rurale, dans sa volonté d’améliorer la santé de nos populations, s’est résolument engagée dans un programme de renforcement des infrastructures sanitaires. Nous avons prévu de construire un nouveau Centre de santé pour assurer une meilleure prise en charge des problèmes de santé des populations de la Communauté rurale, en particulier dans le domaine de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, mais aussi dans celui de la lutte contre les maladies, en général. 

En résumé, il faut voir ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été et, en fonction de cela, nous ferons les ajustements nécessaires et travaillerons à faire mieux. Il faudra aussi consolider un certain nombre d’acquis dans la Communauté rurale en modernisant le marché hebdomadaire qui fonctionne déjà très bien, pour que les habitants puissent en tirer le maximum d’intérêt.

Après les dépôts des listes, des militants de l’Apr se sont levés pour dénoncer le choix de certains alliés comme tête de liste majoritaire. Des acteurs politiques ont même demandé aux citoyens sénégalais de voter contre les listes de la coalition Benno bokk yaakaar 

Aujourd’hui, l’heure n’est pas encore à une démonstration de force ni à des conflits internes. Être membre d’une coalition et demander aux citoyens de voter contre cette même coalition, c’est vraiment ne pas assumer ses responsabilités. Il ne faut pas ignorer les règles politiques.

L’Apr et ses alliés ont besoin d’unité. Les chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur parlent de 2 700 listes validées et 100 millions de bulletins de vote à imprimer. Avec ce nombre exorbitant de listes présentées aux élections, la concertation et le consensus doivent être de mise pour gagner largement les Locales à venir. Je ne doute pas que certains ténors du parti l’emporteront dans leur fief. Je suis optimiste. 

Du fait de la boulimie de l’Apr, la coalition Bby a éclaté en mille morceaux dans beaucoup de collectivités locales. N’est-ce pas un risque pour vous ?  
Ces frustrations ne peuvent, en aucun cas se répercuter sur les résultats des élections. Nous avons, au sein de la coalition, des hommes et des femmes responsables dont le seul souci, tout comme nous autres, est le développement de leur localité. Si bien que, quel que soit le degré d’adversité, au lendemain de ces élections, nous nous retrouverons forcément.

Il faut rappeler que le Président Macky Sall a clairement averti que tout individu appartenant à l’Apr, qui s’aventurerait à s’opposer à la coalition Bby, risque des sanctions. C’est pour vous dire qu’au lendemain des élections locales du 29 juin, nous verrons si l’opposition va ébranler ou non la coalition qui est actuellement au pouvoir. On saura qui est qui. 

Ne craignez-vous pas une déroute avec les frustrations et dissensions nées des investitures sur les listes de Bby ? 
Nous sommes à la veille des élections locales et dans les listes qui sont déposées pour ces élections, la coalition Benno bokk yaakaar occupe une place de choix. Dans la Communauté rurale de Mérina Dakhar où je suis tête de liste majoritaire et qui est l’une des plus importantes du département de Tivaoune, c’est la coalition au pouvoir qui sera certainement en tête. Je suis candidat à ma propre succession. Je dirige aussi la liste proportionnelle du département de Tivaoune. 

Apparemment, vous êtes très confiant quand à l’issu de élections locales… 
Notre objectif est de remporter la quasi-totalité des circonscriptions électorales parce que le pays a besoin de consensus pour aller de l’avant. Il est temps que les dignes fils de ce pays se retrouvent autour de l’essentiel en essayant de travailler pour le bien des populations et pour le développement du Sénégal. Au soir des élections locales du 29 juin, les acteurs qui se sont présentés sous la bannière des partis politiques ou de coalition de partis seront sanctionnés par les populations au niveau local.

Maintenant, il est loisible pour le président de la République, qui a un parti jeune, qui existe depuis 2008, de pouvoir justement avoir une grille de lecture des résultats des élections locales. C’est à partir de ce moment qu’il pourra  commencer véritablement à bâtir un grand parti pour la majorité présidentielle. C’est au lendemain des élections que le Président Macky Sall saura  sur qui il doit s’adosser pour pouvoir assurer l’émergence de notre pays. Ce n’est aussi qu’après qu’il pourra bâtir un grand parti pour la majorité présidentielle.

cbdiagne@lequotidien.sn

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