BAISSE DU NIVEAU DES ELEVES : Les enseignants au banc des accusés

BAISSE DU NIVEAU DES ELEVES : Les enseignants au banc des accusés

Les mauvais résultats des élèves dans les lycées et collèges ne résultent pas de la médiocrité des potaches, mais plutôt au manque de niveau des professeurs. Telle est la conviction du Pr Abdoul Sow, formateur à la Fastef.

Si au Sénégal les élèves n’arrivent pas à faire de bons résultats dans les lycées et les collèges, c’est parce que les professeurs qui donnent les cours ne sont pas à la hauteur des attentes. C’est l’avis du professeur Abdoul Sow, formateur à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef).

L’historien s’exprimait, ce samedi, à Dakar, lors du lancement de l’Institut supérieur des sciences et technologies de l’Education et de la formation de Dakar (Isstef-Dakar).

«Je m’étonne d’entendre les gens dire dans les médias que le niveau des élèves a baissé. Mais si nous avons de mauvais enseignants, forcément nous aurons de mauvais élèves. Il n’y a pas de secret. Nous avons des enseignants qui ne parlent pas français dans leurs classes.

Des instituteurs qui parlent wolof et ne maîtrisent pas le français. Le français est notre langue officielle, il faut que les enseignants parlent français correctement», constate Pr Abdoul Sow.

Pour le doyen à la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh), parmi les enseignants du moyen et du secondaire, il n’y a que 26 % qui sont diplômés. Alors que l’enseignement est une profession. De son avis, on ne peut pas prendre des gens qui ne sont pas formés et en faire des enseignants.

Selon lui, l’émergence que Macky Sall et son régime veulent établir ne doit pas rimer avec désordre. A en croire l’enseignant au département d’Histoire, l’Etat a prévu de faire implanter dans chaque département 50 Espaces numériques ouverts (Eno). Mais, avance-t-il, au lieu de faire venir les enseignants à Dakar et qu’ils libèrent les salles de classe, il faut, soutient-il, utiliser ces Eno dans chaque département pour former ces enseignants.  

«Avec les nouvelles technologies, nous pouvons inscrire des milliers d’enseignants et les former. Mais si on les amenait tous à la Fastef, les salles sont petites et ne peuvent même pas contenir 50 personnes. Ce qui fait qu’ils rencontrent d’énormément difficultés. Certains d’entre eux dorment dans les couloirs faute de logement. Ce n’est pas possible. Il faut qu’on arrête de se leurrer.

Ces enseignants ne peuvent pas donner du savoir sans une bonne formation», dénonce Pr Sow. Un autre problème soulevé par l’enseignant a trait à l’élévation au niveau des grades. A ce niveau aussi, il a relevé beaucoup de limites.

«Aujourd’hui, on est enseignant, le lendemain, on est nommé directeur ou doyen de faculté ou bien principal ou surveillant général sans aucune formation dans ce sens. C’est grave. Il faut former les cadres de l’Administration scolaire», peste M. Sow.

Qui, par ailleurs, affirme que l’Etat doit amener l’enseignement privé secondaire à arrêter de recruter des agents du public. Car, souligne-t-il, ce sont les assisses de l’éducation nationale qui l’interdisent. De son avis, tant que nous n’arriverons pas au baccalauréat avec une réussite de 80 %, nous ne serons pas performants.

«On ne peut pas avoir 30 % à 40 % de bacheliers pour dire qu’on veut être émergent. 80 à 90 % des élèves qui se présentent au bac doivent réussir», dit-il.  Pour sa part, le président de l’Isstef, Pape Senghor, indique que tous les pays qui ont émergé, aujourd’hui, ont placé l’enseignement et la formation au cœur de leur préoccupation.

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