Bande de Gaza : Un ramadan sous le signe de la guerre

La fermeture du point de passage égyptien a conduit à des pénuries de nourriture et de fournitures médicales.

Le conflit actuel entre Gaza et Israël s’est créé à un moment particulièrement inopportun pour la population civile de Gaza, qui célèbre le mois sacré du ramadan.

Les musulmans pratiquants jeûnent toute la journée pendant le ramadan, depuis le levé jusqu’au coucher du soleil. Au-delà des frappes aériennes israéliennes qui ont tué plus de 100 Palestiniens dans les cinq jours depuis le début de l’opération «Bordure protectrice».

L’Egypte a fermé le point de passage entre Gaza et le Sinaï sans explication vendredi. Certains camions remplis de nourriture pénètrent dans le territoire seulement du point de passage israélien avec Gaza.

La fermeture du point de passage égyptien a conduit à des pénuries de nourriture et de fournitures médicales, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Par ailleurs, un problème dans les banques a conduit à la fermeture de la plupart des guichets automatiques à un moment où les familles dépensent généralement plus que d’habitude, à cause du jeûne, rapporte le New York Times.

«Le ramadan apporte généralement de bonnes choses», a déclaré Mohamed Ahmad, un vendeur de fruits dans la bande de Gaza. Il a confié au quotidien américain qu’il remporte habituellement 1 000 shekels par jour pendant le mois sacré (soit 215 euros), mais ce vendredi après-midi, il a gagné seulement 50 shekels.

Dr Ayman al-Sahbani, le chef des urgences à l’hôpital Al-Shifa de Gaza, affirme que son unité a traité environ la moitié des plus de 600 Palestiniens blessés depuis le début de l’opération israélienne.
«En temps normal, nous avons du matériel médical suffisant pour trois semaines», a-t-il dit. «Maintenant, nous en avons moins, mais si la situation s’aggravait avec une opération au sol, le matériel disparaîtrait en une journée».

Dr. Sahbani avoue au New-York Times ressentir l’impact psychologique du nombre d’enfants blessés qui traversent les portes de l’hôpital. «Nous espérons que cela va s’arrêter. Je sais que c’est politique, mais nous les médecins ne pensons qu’à l’humanité et voyons les enfants pleurer et de blessés mourir.»

Il a poursuivi en disant qu’il n’a pas été en mesure de quitter Gaza. Il affirme qu’au cours des huit dernières années, il y a eu une pénurie «d’essence, d’électricité, de fournitures médicales et de matériaux de construction», avec des frontières presque constamment fermées. «Maintenant que nous sommes bombardés, où pouvons-nous aller ?», a-t-il demandé. «Il n’y a nulle part où aller.»
Une interview avec un gardien de zoo à Gaza a été rapportée par le site d’information The Guardian. L’homme a avoué qu’à cause de la pénurie, il a été poussé à empailler les animaux morts pour conserver son zoo.

Il a expliqué qu’il ne peut pas compter sur un revenu stable compte tenu de la crise économique dans Gaza, et donc de la difficulté à acheter de la nourriture pour les animaux.
Pendant ce temps, les militants pour la solidarité internationale restent à l’hôpital Al Wafa de Gaza que l’Armée israélienne envisage de bombarder, confirme le quotidien israélien Haaretz. Ils restent avec les patients palestiniens incapables de quitter l’hôpital parce que les autres centres de Gaza sont déjà bien remplis.

Al Wafa est le seul hôpital de rééducation à Gaza et abrite actuellement 14 patients âgés de plus de 60 ans qui ont besoin de traitement et de soins intensifs. Les patients qui étaient plus mobiles ont quitté l’hôpital.

  • Écrit par  Habibatou WAGNE

Stagiaire

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