Benalla “se fout de nous, c’est un gros malin” : les sénateurs ne décolèrent pas

Simple collaborateur ou garde du corps du chef de l’Etat ? Des doutes persistent après l’audition au Sénat d’Alexandre Benalla.
Ce mercredi matin, les sénateurs ont tenté de déterminer si Alexandre Benalla a outrepassé ses fonctions ou s’il avait un rôle, officiel ou non, dans la sécurité du président. Mais son audition n’a visiblement pas permis de lever les zones d’ombre entourant son rôle à l’Elysée. Les sénateurs d’opposition soulignent des “contradictions”, tandis que ceux du parti présidentiel LREM dénoncent toujours une “instrumentalisation politique”.
Tiré à quatre épingles, Alexandre Benalla, 27 ans, a déclaré sous serment n’avoir “jamais été le garde du corps d’Emmanuel Macron”, que ce soit pendant la campagne présidentielle ou après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée.
Il a ajouté qu’il était “chargé de mission, c’est-à-dire le niveau le plus bas” dans le cabinet de l’Elysée, pour un salaire de 6.000 euros net par mois. Mais sans convaincre totalement les sénateurs, à en croire leurs premières interventions ce mercredi après-midi.

“De quoi ont-ils peur ?
“De quoi ont-ils peur ? Qu’a fait Mr Benalla pour avoir autant de soutiens gouvernementaux ?”, a dit l’élu LR Pierre Charron sur BFMTV .”Il se fout de nous […] C’est un gros malin”, a-t-il lancé.

Son collègue François Grosdidier, membre LR de la commission des Lois du Sénat a renchéri devant les journalistes : “Cette audition “n’a pas fait avancer la vérité car on est toujours devant les mêmes invraisemblances. Ce qui est très gênant c’est qu’on se sente baladés et qu’on puisse nous asséner des contrevérités contredites par les faits, comme ça, sous serment.”
Le porte-parole du parti Les Républicains, Gilles Platret, a pour sa part estimé que “l’audition de M. Benalla par la commission d’enquête du Sénat n’a pas permis de lever le doute sur la seule question qui vaille : pourquoi a-t-il bénéficié, de la part du président de la République, d’une protection qui a confiné au privilège en dehors du cadre de la loi ?”

Il a été rejoint par Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat :
“Tous les Français qui ont suivi les auditions ce matin ont pu juger du ridicule des accusations de l’exécutif de ces derniers jours. Les sénateurs non seulement ne mettent pas en danger les institutions mais honorent le rôle de contre-pouvoir du Parlement !”

“Benalla c’est le Tatayet de Macron”
Les autres partis d’opposition ont également fait part de leurs doutes. Au Rassemblement national, c’est Sébastien Chenu, membre du bureau exécutif du parti et député du Nord, qui est monté au créneau dans les couloirs de l’Assemblée : “Je me pose une question au bout du compte : qui protégeait qui ? Est-ce que c’était M. Benalla qui protégeait le président de la République ? Ou est-ce que c’est le président du corps qui est le garde du corps de M Benalla? […] M. Benalla a laissé des zones d’ombre très fortes et a aussi mené en bateau la représentation nationale. […]. M Benalla c’est le Tatayet de M. Macron, cette petite marionnette qui dit en réalité ce que pense celui qui l’agite. […] Il a été très préparé par les communicants de l’Elysée.”
Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a de son côté tweeté : “Lors de son audition, Benalla explique aux sénateurs comment faire une campagne électorale en 10 leçons”. “Situation professionnelle : “Pôle Emploi”. Benalla n’a pas du traverser la route…”

“Benalla l’homme qui frappe aussi fort qu’il ment mal. Une arme pour “raisons personnelles” ? L’arrêté qui l’y autorise parle de “missions de police”, pointe quant à lui Eric Coquerel, député LFI. Au PS, le sénateur Rachid Témal a déclaré : “Monsieur Benalla nous a dit sous serment devant la commission d’enquête ne pas avoir assuré la sécurité du candidat puis du président Macron, ni avoir été son “garde du corps”, ni son “siège” ou ” épaule”… les images montrent l’inverse !”

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