BIENNALE A RUFISQUE Les artistes de la ville étalent leur misère

Ville de RufisqueLes   artistes plasticiens de Rufisque ont étalé leurs misères  à l’occasion du vernissage de l’exposition collective, libre cours, qui se tient  du 23 au 31 Mai 2014, au cercle Maurice Guèye. Ce rendez-vous qui a réuni plus d’une dizaine d’artistes a été  rehaussé par la présence  de l’artiste peintre de renom Tita Mbaye qui s’est engagé à animer un atelier de peinture avec l’appui de la fondation Sococim.

Le président  de l’Association des artistes plasticiens de Rufisque n’y est pas allé par quatre chemins pour étaler leurs peines et  déplorer le manque  de soutien des autorités  locales qui les ont « laissés à eux-mêmes ». « L’une des  plus grandes peines des membres de notre association qui compte plus d’une trentaine de membres, c’est un manque d’espaces d’expression. A Rufisque, nous n’avons aucun lieu, à part le cercle Maurice Guèye, pour faire des expositions ». Une situation qui les conduit souvent, selon l’artiste plasticien, « à exposer en plein air ».
L’autre  problème  que déplorent les artistes rufisquois, c’est un manque  de visibilité. « Nous avons l’impression de vivre dans une zone très enclavée, inaccessible alors que nous avons du talent à revendre. On ne compte pas les Sénégalais en général, et Rufisquois en particulier, qui sont amoureux de l’art. D’ailleurs, ils ne sont pas nombreux , les habitants de Rufisque qui savent qu’il y a une association d’artistes plasticiens ou même des artistes plasticiens tout court », se désole Mr Sy.
Le mépris des autorités locales n’est pas pour   « nos autorités locales qui ne font rien pour nous aider“ dit-il. Et de poursuivre : “Je pense que s’ils ne peuvent pas faire en sorte que nous ayons des ou un espace d’expression, elles pourraient quand bien même nous aider parfois financièrement ». Pire rajoute, le président de l’AAPR : « à l’occasion de nos rares expositions que nous organisons, les autorités ne daignent même pas répondre à nos invitations. Ce qui ne participe pas au renforcement de notre art ».
Pour sa part, Mamadou Samb, jeune artiste plasticien  se dit  prêt à quitter la ville pour aller vers une direction où leur  talent  est reconnu et où il pourrait vivre de son art. « Les acteurs d’art plastiques sont obligés souvent de se rabattre sur Dakar pour s’affirmer. Nous voudrions être connus en premier à Rufisque avant les autres localités », fait-il remarquer.
Pour  combler ce manque, les artistes de la ville  se rabattent sur la fondation Sococim qui a accueilli l’exposition « Libre Cours » au centre culturel Maurice GUEYE, afin de  permettre aux artistes du département de Rufisque, de pouvoir avoir un espace d’expression pendant la biennale  2014 et même au delà, cela   afin de leur  permettre de  s’exprimer, pour présenter leurs œuvres.  C’est ainsi qu’a expliqué le motif  de l’exposition, le commissaire  de l’exposition Amady Baro Diouf,  « cette exposition s’est fixé pour objectif de donner les possibilités à chaque artiste de pouvoir exprimer son talent. Ils sont au total 13 artistes. Nous avons la chance d’avoir parmi eux, l’artiste Tita Mbaye, le sculpteur designer, Babacar Mbodj Niang, Mbaye Babacar Diouf qui a été sélectionné comme invité à la biennale de cette année. En plus, il y a de jeunes talents avec lesquels, les anciens ont exposé ».  « Souvent, on voyait que les artistes connus ne se mélangeaient avec des artistes moins connus. Mais, nous avons été aujourd’hui agréablement surpris, parce que les artistes que nous avons contactés, même si certains comme Tita Mbaye sont très connus,  ont quand même accepté de partager l’espace avec des artistes moins connus », a dit Patricia Diagne,
 Afin d’accompagner  les artistes, Mme Diagne a annoncé l’organisation d’un atelier que sa structure va soutenir ,  pour consolider les échanges entre artistes rufisquois. « Nous avons discuté avec Tita Mbaye de la possibilité d’organiser un atelier, parce qu’il a été surpris de la créativité des artistes rufisquois. Ainsi, il s’est proposé d’animer un atelier pour renforcer les compétences des jeunes artistes », a-t-elle révélé.
 Mme Diagne  se désole  du déficit  de soutien des autorités et des populations  de la ville  à l’endroit  de la  communauté artistique, « je trouve dommage que les artistes rufisquois ne soient pas bien connus. Nous faisons un effort pour mettre en valeur ce travail. Et J’espère que tout le monde sera conscient du fait qu’il faut faire plus, pour rendre hommage et mettre en valeur leurs œuvres ».

Daouda GUEYE

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