Binta Goudiaby et la Fondation Djibonkété primées pour les efforts accomplis pour le développement et le bien-être économique et social des femmes de Casamance

Binta Goudiabyhumanitarian award from LANFAMonsieur le Président…. Madame, monsieur le Ministre, Monsieur le maire, Messieurs les élus, présidents, représentants d’associations,

Chers amis,

Le Prix que je viens de recevoir en votre nom à tous est la reconnaissance du travail de la Fondation Djibonkété et des efforts accomplis pour le développement et le bien-être économique et social des femmes de Casamance.

Notre association vient en aide à toutes celles qui, abandonnées à leur sort et dans l’indifférence, souffrent et se sacrifient en quête d’une vie meilleure.

La fondation a mis les moyens pour permettre à ces femmes d’accéder à l’éducation et à la santé et pour promouvoir leurs talents individuels et collectifs.

Oublier son passé, c’est comme vivre avec les yeux fermés. Ce n’est pas mon cas ni ma conception de l’existence.

Je suis née et j’ai grandi dans ce pays. Il est, comme qui dirait, en moi. Ses souvenirs peuplent encore ma mémoire.

Je veux parler de ces mamans casamançaises qui travaillent avec du matériel rudimentaire et luttent au quotidien pour la survie de leurs familles.

Je veux parler de cette Casamance verte mais minée par une guerre qui endeuille les familles, abandonne les enfants et raye les villages de la carte.

La fondation que j’ai l’honneur de présider entend mettre un terme à ce processus.

Notre travail de terrain a porté ses fruits. Notre démarche n’a pas été vaine, elle est approuvée par les populations et nous vaut aujourd’hui d’être connus bien au-delà des frontières de Casamance.

Ce Prix qui me comble de joie, permettez-moi de le dédier à mon cher papa disparu récemment et à tous les Casamançais, en particulier à toutes ces femmes courageuses qui oeuvrent jour et nuit à la recherche de la paix.

Cette distinction nous apporte non seulement la satisfaction du devoir accompli mais aussi un sentiment de fierté que j’aimerai partager avec vous afin de rendre la part du mérite qui vous revient, la part qui vous est due.

Comment faire autrement que d’exprimer des remerciements à tous celles et ceux qui nous soutiennent, nous aident, nous encouragent. Je voudrais tout d’abord dire toute ma gratitude au président Jammeh.

C’est un président compréhensif et sensible à mes idées de projet. Il a été l’un des premiers à croire et à soutenir mes idées. Alors, c’est vraiment du fond du coeur que je lui adresse un grand MERCI.

Le lien qui m’unit à la Gambie est très fort. C’est un… cordon ombilical. Ma maman vient de ce pays frontalier avec la Casamance. La Gambie est devenue mon second pays. Mes pensées vont également à Monsieur Abdoulaye Baldé, un rassembleur, un maire qui fait honneur à tout un peuple. Il est temps, avec lui, de travailler à l’établissement de la paix en Casamance.

Je lance donc un appel à toutes les Casamançaises et à tous les Casamançais soucieuses et soucieux de développement pour qu’ils se rangent derrière Monsieur Baldé, maire de Ziguinchor, dont l’ambition est de reconstruire une Casamance Nouvelle où l’on peut vivre sans peur. Je lui dédie aussi ce prix.

Je voudrais également mentionner Monsieur Atépa Goudiaby qui, non content d’être un grand architecte et un infatigable bâtisseur, s’investit totalement pour mettre un terme aux conflits qui pourrissent la vie de cette contrée. Des pans entiers de l’histoire politique du Sénégal sont présents à ma mémoire. Nous avons eu et nous avons des hommes politiques casamançais qui n’ont jamais exercé le pouvoir.

Pourquoi ?

Comment se fait-il que nos leaders ne parviennent pas aux plus hautes responsabilités ?

Mon soutien à Monsieur Baldé sera sans équivoque. J’en appelle à la conscience de chacun afin qu’ils réalisent que l’avenir et le destin de la Casamance nous appartiennent, sont entre nos mains !

Chers amis, le vrai bonheur n’est pas dans la course sans fin des plaisirs matériels, dans le « toujours plus » mais dans une communion sincère et honnête avec les autres. Un sourire, une parole, un geste amical, une action positive, du rire, de l’humour, de l’amour…bref tout ce qui peut apporter gaieté, joie de vivre et bonne santé.

Edifions une Casamance nouvelle et apportons ensemble des solutions pour la paix. N’en restons pas aux déclarations d’intention et aux mots. Faisons en sorte qu’ils soient compris et agissons en connaissance de cause. Faisons en sorte qu’il y ait davantage de respect et que la morale écrite sur les tableaux de l’école de notre enfance soit de retour.

Frères et mes soeurs casamançais, pour accomplir ce changement, il faut s’aimer et pouvoir se regarder droit dans les yeux et avoir la conscience tranquille. En avant, populations de Casamance ! Rêvons, créons, imaginons, avançons pour résoudre définitivement ce vieux conflit. Notre Casamance mérite de retrouver son ambiance. Aucune femme de ce pays ne souhaite que son fils ne perde la vie au combat. La paix est la clé de voute du développement durable de la Casamance.

Pour y parvenir, sans doute faut-il prendre le mal à la racine. S’attaquer à ce qui nous fait souffrir, nous paralyse, nous transforme en infirmes, en incapables, en fainéants, à tout ce qui s’appelle violence, indifférence, souffrance, injustice, absence de liberté, à tout ce qui nous rend prisonnier de nos émotions…

Vaste programme, certes. Mais petit à petit et jour après jour, nous avançons dans la bonne direction, sur le chemin de la droiture, et approchons du but. Vérité et pardon sont quelquefois douloureux comme un accouchement mais, au bout du compte, finissent par toucher le coeur de l’homme.

Frères et soeurs casamançais, réfléchissons et concentrons-nous avant d’agir en hommes pour le bonheur de notre région. L’heure est à la fraternité, à l’union. Il est temps de marcher main dans la main, de se parler, d’essayer de se comprendre afin d’aller à l’essentiel. Faisons de nos faiblesses une force pour bâtir cette paix. Je suis persuadée que la modestie fait progresser alors que l’orgueil, lui, fait reculer. La renommée est plus longue que la vie.

Trente deux années de souffrances, de désespoirs, de conflit et de déplacements de population, ça suffit ! Aujourd’hui, qui dit la vérité ? Il paraît qu’elle n’est pas toujours bonne à dire. Ou que ce n’est jamais le moment…? A cette forme de lâcheté, j’opposerai le proverbe africain : « Le mensonge donne des fleurs mais ne donnera jamais de fruits ».

Pour conclure, je voudrais rappeler ici que chaque être humain, où qu’il soit, a droit au respect, à la liberté de parole et de pensée, à la justice. Et j’ajouterai : à sa part de bonheur, tant les Casamançais ne méritent pas toutes les souffrances et les larmes qu’ils ont endurées. Voilà le grand défi qui est devant nous et qu’il faut aborder de façon positive et créative.

Mes amis, brisons les chaînes de la tristesse et formons les maillons de la joie, du bonheur, de l’amour de soi et de son prochain pour une paix définitive en Casamance. Je vous remercie.

Binta Goudiaby

C.E.O et Fondatrice de la Fondation Dijibonkete

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