Bob Denard, un « affreux » au Rwanda

Photo taken 04 October 1995 in Moroni of French mercenary Bob Denard poses during a press conference after French troops mounted an operation to end a rebellion of mercenaries against the Comorian government. France's best-known mercenary Bob Denard, who played a part in several African wars and coups d'etat from the 1960s, has died at the age of 78, his family said 14 October 2007. AFP PHOTO ALEXANDER JOE / AFP PHOTO / ALEXANDER JOE

Un rapport de l’association Survie publié jeudi révèle que le mercenaire français aurait été présent au côté des génocidaires hutu en 1994.

Bob Denard (1929-2007) a mis en scène sa propre légende. « Corsaire de la République » – le titre flatteur de son autobiographie – pour l’honneur de la France, plutôt que chien de guerre. Il a repeint sa vérité en couleurs camouflage. C’est le cas avec le Rwanda. https://survie.org/themes/genocide-des-tutsis-au-rwanda/la-france-et-le-genocide-des-tutsis/article/rapport-de-survie-revelations-sur-l-implication-de-bob-denard-au-rwanda-paye Un rapport publié jeudi 1er février par l’association Survie et intitulé Le crapuleux destin de Robert-Bernard Martin révèle ainsi la présence du plus célèbre des « affreux » français au côté des génocidaires hutu. Il avait oublié d’en parler. Pourtant ces informations, au-delà du personnage, jettent un voile d’ombre supplémentaire sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsis en 1994.

Dans le livre retraçant sa vie, le mercenaire français avait écourté cet épisode dans la région des Grands Lacs. En 1998, quatre ans après ce génocide de cent jours, Bob Denard écrivait :

« Les projecteurs de l’actualité sont braqués sur le Rwanda. Depuis la mort du président Habyarimana [le 6 avril 1994], les ministres rwandais font savoir qu’ils redoutent un véritable génocide. Les services français, avec lesquels je suis en contact, s’inquiètent eux aussi de la situation. Je suis prêt à aller plus loin au service du Rwanda. ».

Fin du récit rwandais sous la plume du mercenaire.

Dans un autre ouvrage, Politiques, militaires et mercenaires français au Rwanda – chronique d’une désinformation (édition Karthala, 2014), Jean-François Dupaquier ne retrouvait pas non plus la trace de Bob Denard. Le journaliste rapportait alors les confidences d’un ancien de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Les services de renseignements français de l’époque auraient alors convaincu le « vieux mercenaire [de ne pas s’engager] dans le camp du génocide ». « Cette mission fut finalement assumée par le commandant de gendarmerie en disponibilité, Paul Barril », écrit l’auteur.

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