Brexit, l’oligarchie panique en découvrant que le peuple existe !

mediapartLes Britanniques ont voté et ont décidé de quitter l’Union Européenne. C’est la panique à la City. Toutes les bourses sont en train de dévisser les unes après les autres. Preuve que cette Union Européenne est l’intérêt du capital. La leçon du Brexit c’est que le rapport de force national face aux institutions européennes est possible et nécessaire. “L’heure du Plan B sonne en 2017 !”

Les Britanniques ont voté et ont décidé de quitter l’Union Européenne.

C’est la panique à la City qui chute, après avoir enregistré une hausse record hier soir quand les pronostics prédisaient la victoire du maintien dans l’Union Européenne. Toutes les bourses sont en train de dévisser les unes après les autres. Le CAC40 s’effondre et même si l’ouverture à New York ne se fera que vers 15h, heure française, le Dow Jones sera entraîné dans la même chute. Preuve que cette Union Européenne est l’intérêt du capital.

On assiste ce matin à la gueule de bois des médias à la solde du système qui découvrent un acteur sans cesse méprisé et piétiné dans la construction européenne : le peuple. Ils sont tellement scotchés dans leur bien-pensance qu’ils n’ont rien vu venir.

Bien sûr, les médias n’ont donné à voir qu’une campagne réduite à l’opposition entre deux camps, l’un acquis ou soumis à l’ordolibéralisme autoritaire de la droite allemande, l’autre, dominé par l’ultralibéralisme xénophobe de la droite anglaise. Les questions essentielles de démocratie, de justice sociale et d’urgences écologiques n’ont eu aucune place dans ce débat. Avez-vous eu accès aux positions des organisations syndicales très ancrées à gauche qui soutenaient le Brexit ? Non. Etouffées, ignorées des médias.

C’est une grave erreur de réduire les motivations des électrices et électeurs britanniques en faveur du Brexit aux ressorts ultralibéraux et xénophobes. Les premières analyses du vote en faveur du Brexit montrent une cartographie sociale claire et nette : les couches populaires du salariat, celles et ceux qui subissent le plus les politiques libérales austéritaires, la précarité, le chômage et la misère. Cependant, l’absence d’expression politique à gauche contre cette Europe libérale porte une lourde responsabilité dans le boulevard laissé à l’extrême droite.

Et maintenant ? Le monde va t-il s’effondrer ? Va t-il pleuvoir des grenouilles  comme les euro-idôlatres de Bruxelles nous l’ont prédit ? Ne cédons pas à la peur panique alimentée. Cette Union Européenne est en pleine crise de dislocation. Ce n’est pas un drame en soi, ou, dit autrement, le drame n’est pas ce dernier épisode. Si l’on montre qu’une autre voie est possible, cette crise peut être salutaire. Mais la course de vitesse s’accélère plus encore. Si le maintien dans l’Union Européenne était passé, la crise serait tout autant conséquente.

L’Allemagne et l’Eurogroup n’avaient pas hésité à céder en amont aux demandes néolibérales et réactionnaires de Cameron pour éviter le Brexit, quand les mêmes menaçaient du Grexit pour imposer les mémorandums austéritaires au peuple grec. Aucune révision des traités n‘était envisageable pour répondre à l’urgence humanitaire et aux exigences sociales légitimes du peuple grec. Pour la City, tout fut possible.

Les tenants de l’Europe austéritaire ne peuvent plus faire gober aux peuples que nous aurions “une Europe qui protège”. Dorénavant , chaque pays sait qu’il pourra faire du chantage à la sortie pour obtenir ce qu’il voudra. Rétrospectivement, cela démontre toute l’incurie de Hollande, autant soumis qu’acquis à l’Europe allemande, lui qui a trahi sa promesse de renégocier le traité Merkozy. Cela montre également rétrospectivement que la capitulation de Tsipras fut une terrible erreur stratégique. Le référendum français et sa victoire pour le Non au Traité constitutionnel Européen de 2005 (ainsi que le référendum aux Pays bas), comme le référendum grec “Oxi” aux mémorandums n’ont pas été respectés. Cameron, lui, concédons lui cela, entend respecter le vote. Il a d’ores et déjà annoncé sa démission pour octobre prochain.

Mais que voulons-nous ? Continuer à laisser la troïka piller les peuples un par un à coup d’austérité forcée, imposer la privatisation de l’ensemble des secteurs, déréglementer les marchés du travail par leurs lois El Khomri, via ses coups d’état financiers répétés comme en Grèce ? La laisser encourager l’agriculture intensive qui pollue, tue nos paysans et nous condamne à la malbouffe ? La laisser servir et de défendre les intérêts de tous les lobbys pro énergies carbonnées et  nucléaires, chimiques, pro diésel, etc. ce qui accélère le réchauffement climatique dans la logique effrénée du productivisme ?

Et se morfondre devant la montée du fascisme se nourrissant d’une politique calamiteuse sur les réfugiés, qui délègue à la Turquie le contrôle des frontières, remet en cause le droit d’asile et aggrave les causes des exils par ses politiques va t-en guerre et de libre échange ? La soumission à cette Europe sans les peuples et contre les peuples doit cesser, sous peine de laisser la main à Madame Le Pen et ses amis Hongrois and co.

La leçon du Brexit, c’est que le rapport de force national face aux institutions européennes est possible et nécessaire. C’est notre Plan A. En grand secret, Merkel prépare un nouveau traité visant à renforcer l’intégration européenne qui ne tiendra aucunement compte des cris de colère des peuples. Pour quand ? 2017… Donc, plus que jamais, nous devons poursuivre notre  implication dans le Sommet Internationaliste du Plan B, de rupture unilatérale avec les traités, initié par le Parti de Gauche et Jean Luc Mélenchon au lendemain de la crise grecque. Sur la méthode, c’est bien au peuple souverain de trancher pour préserver sa souveraineté. L’enjeu de l’élection présidentielle sera de faire sauter ce verrou : rompre avec les traités libéraux européens, pour permettre d’engager d’autres coopérations entre les peuples, non basées sur les intérêts de la finance, du libre échange et la logique mortifère du Grand Marché Transatlantique, mais de la préservation de notre écosystème, de la justice sociale et de la démocratie.

Avec la proposition de candidature de Jean Luc Mélenchon, nous défendons plus que jamais une France insoumise aux traités pour faire prévaloir l’intérêt général écologique, social et démocratique !

https://blogs.mediapart.fr/danielle-simonnet/blog

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