Bruno Julliard quitte l’épave Hidalgo avant qu’elle ne sombre

Bruno Julliard est un homme politique franais, membre du Parti socialiste (PS) et, depuis avril 2014, premier adjoint ˆ la maire de Paris, chargŽ de la culture. Photo ©ÊEd Alcock / M.Y.O.P. 13/9/2018 Bruno Julliard is a French politician, member of the Socialist Party (PS) and, since April 2014, first deputy mayor of Paris, in charge of culture. Photo ©ÊEd Alcock / M.Y.O.P. 13/9/2018

Le premier adjoint et adjoint à la culture à la maire de Paris, Bruno Julliard, a décidé de quitter ses fonctions, après avoir mûri sa décision pendant tout l’été. Il a annoncé son choix à Anne Hidalgo, lundi 17 septembre, dans la matinée. Celui qui fut son porte-parole aux municipales de 2014 a également décliné la proposition de la maire de devenir son directeur de campagne pour les prochaines échéances électorales de 2020. Il critique « l’inconstance » de l’édile, ainsi qu’une gestion inefficace et solitaire.

Quelles sont les raisons qui vous conduisent à quitter vos fonctions ?

Bruno Julliard : C’est un choix douloureux, pris en conscience. Depuis plusieurs mois, de vifs désaccords d’orientation et de méthodes de gouvernance nous ont éloignés. Anne Hidalgo m’a proposé de prendre la direction de sa campagne dans la perspective des élections municipales de 2020. J’ai pris, cet été, le temps de la réflexion avant de lui annoncer ce matin que je déclinais sa proposition. Ma démission est la suite logique de cette décision. Au lieu de s’ouvrir et d’engager le dialogue avec les Parisiens pour surmonter les difficultés actuelles, c’est le repli sur l’Hôtel de ville et le déni de sa part qui l’ont trop souvent emporté. Le redressement nécessiterait des inflexions que je ne peux parvenir à entraîner, pas même à suggérer. Notre complémentarité initiale est devenue une incompatibilité. Je n’y crois plus. Je ne veux pas faire semblant.

Votre départ n’est-il pas une trahison ?

Je crois avoir fait preuve, pendant quatre ans, d’une loyauté totale à l’égard de la maire de Paris. J’ai toujours fait en sorte d’émettre mes réserves en tête à tête ou lors de réunions de travail, jamais publiquement. Je suis arrivé au bout de l’exercice. Par mon départ, et cet acte de sincérité, j’espère provoquer un électrochoc nécessaire, utile à la gauche et au camp progressiste et écologiste.

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