BURUNDI : Barack Obama sanctionne quatre hauts responsables

barack sanctionLe président américain Barack Obama a imposé hier des sanctions contre quatre hauts responsables burundais, parmi lesquels Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité publique et véritable numéro 2 du régime, pour leur responsabilité dans les violences qui secouent ce pays des Grands Lacs.
Ces sanctions – restriction de circulation et gel des avoirs – interviennent après celles annoncées début octobre par l’Union européenne. Elle “ne visent pas le peuple burundais” mais des individus au sein du gouvernement qui “contribuent aux troubles”, “affaiblissent les institutions démocratiques” et se rendent coupables “d’atteintes aux droits de l’Homme”, précise l’exécutif américain. La candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, contraire selon les contestataires à la Constitution et à l’accord d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile, a plongé au printemps le Burundi dans une crise qui a déjà fait au moins 200 morts. Une brutale répression des manifestations et la réélection en juillet de M. Nkurunziza ont contribué à l’intensification des violences. L’exécutif américain évoque des informations “multiples et crédibles” faisant état d’assassinats ciblés, d’arrestations arbitraires ou encore de faits de torture perpétrés par les forces de sécurité, ainsi que “des violences perpétrées par des milices affiliées au parti au pouvoir”. La Maison Blanche, qui estime que la “rhétorique incendiaire” de plusieurs responsables gouvernementaux a contribué à “un climat de peur” et risque “d’inciter à encore plus de violence”, condamne par ailleurs ceux qui, parmi les opposants au gouvernement Nkurunziza, ont recours à la violence et contribuent aussi à l’instabilité au Burundi.
“Le Burundi est au bord du précipice, mais il existe une voie pour ses responsables pour trouver une solution politique à la crise”, a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. Parmi les personnes visées, figure Godefroid Bizimana, directeur général adjoint de la police nationale, également dans le collimateur de l’Ue. Selon Washington, il a dirigé les opérations de police visant à empêcher la tenue de manifestations pacifiques d’opposants, en ayant recours à “un usage disproportionné” de la force.
Sont également visées par les sanctions américaines Godefroid Niyombare, ancien chef du service de renseignements et ex-chef d’état-major de l’armée, et Cyrille Ndayirukiye, ex-ministre de la Défense.

AFP

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