CADRE DE VIE – Le maire Khalifa Sall sur la grève du nettoiement : La situation était prévisible

Khalifa Sall maire de Dakar

Après quelques jours de grève, les travailleurs du nettoiement ont repris le travail. Samedi, une rencontre a eu lieu au siège de l’Entente Cadak-Car entre le maire de Dakar et les concessionnaires. Les deux parties indexent le gouvernement.

La grève du personnel du nettoiement a connu son épilogue ce dimanche. L’heure est donc à situer les responsabilités. Et dans cet exercice, le maire de Dakar et le président du regroupement des concessionnaires pointent d’un doigt accusateur le gouvernement. «L’Entente Cadak-Car a repris la gestion des ordures le 25 mars 2013.

C’est à cette date que nous avons fait la passation de services avec le ministre de la Décentra­lisa­tion. La situation dont nous héritions à l’époque avait été connue. Sur 12,5 milliards qui étaient inscrits pour le budget 2013, l’Etat et le gouvernement qui géraient les ordures à l’époque avaient dépensé 3 milliards pour liquider des arriérés de 2012.

Et l’Etat avait aussi engagé 2,5 milliards pour faire face aux dépenses du premier trimestre. Et quand nous avons reçu la compétence pour gérer cet argent, il nous a été remis 12,5 milliards moins 5,5. Nous n’avons reçu que 7 milliards.

Et à l’époque, dans le procès-verbal de passation, nous avions dit à l’Inspecteur général d’Etat et au gouvernement que ce montant là ne permettrait pas de couvrir le reste de l’année», explique Khalifa Sall à la sortie de sa rencontre avec les concessionnaires, ce samedi au siège de l’Entente Cadak-Car.

Mais ces mises en garde n’ont pas ému le gouvernement. Et la grève qui vient de s’achever est tout sauf une surprise, souligne Khalifa Sall. «Nous avions écrit à toutes les autorités pour leur dire que nous ne pourrions pas terminer l’année, mais nous n’avions pas été suivis. Donc, cette situation était prévisible pour nous, par nous et pour les concessionnaires et l’Etat», relève M. Sall.

Des concessionnaires qui déplorent également «la banalisation» de la question par les autorités. Selon le député Diop Sy, «le ministre de l’Economie et des Finances savait depuis longtemps qu’il fallait une Loi de finances rectificative».

Face à cette situation, le langage des concessionnaires ne souffre d’aucune ambiguïté. «Pas de chèque, pas de travail», martèle Demba Diop Sy à la fin de sa rencontre avec le maire de Dakar. Il révèle que le contentieux porte sur 1,8 milliard que le gouvernement s’est sans doute finalement engagé à payer.

«La situation est telle que nous ne pouvons pas reprendre le travail sans des garanties sérieuses. Pendant quatre mois, on a pris du gasoil à crédit dans les stations service. Si on nous dit aujourd’hui il faut lever le mot d’ordre de grève, on ne peut pas le faire sans garanties. Et la garantie la plus sûre, c’est le chèque», explique le député pendant que le maire de Dakar allait à la rencontre du ministre de l’Economie et des Finances pour lui transmettre les exigences des concessionnaires.

 

  • Écrit par  Mame Woury THIOUBOU

mamewoury@lequotidien.sn

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