Cameroun: Rififi dans le sérail.Paris refuse d’assumer en public le hold-upélectoral. Yaoundé l’enfonce et publie une fausse lettre de soutien

– L’état RDPC clash la France de M. Macron en publiant une vraie fausse lettre de soutien (supposée hautement confidentielle) du président Macron. Connaissant le choix implacable de la France lors des élections au Cameroun, on est en droit de se demander ce qui fait vaciller à ce point le sérail.

Une dépêche de l’AFP signalait que « de très nombreux internautes se sont interrogés sur l’authenticité d’une lettre de félicitations adressée à l’occasion de sa réélection à Paul Biya, président de la République du Cameroun, par le président français Emmanuel Macron. Cette dernière est authentique, mais n’avait pas vocation à être rendue publique, selon la présidence française ».
Cet aspect confidentiel ne satisfaisait justement pas le pouvoir de Yaoundé qui souhaitait urgemment démontrer au monde entier qu’il est adoubé par Paris et qui estimait que Paris ne voulait pas assumer sa forfaiture. Le président Paul Biya a donc pris la responsabilité de « clasher » Paris en publiant la lettre sur le compte Facebook officiel du président de la République du Cameroun, Paul Biya, en précisant  “A l’occasion de ma réélection, le Président Emmanuel Macron a le plaisir de m’adresser toutes ses félicitations”.
Mais comment en est-on arrivé là ?
Paris a probablement usé de toute la force de son expérience de puissance coloniale et de maitre des cartes du franc CFA, pour organiser le hold-up électoral qui vient de se dérouler au Cameroun :
–    Lobbyings auprès des autres puissances (Etats Unis, Union Européenne, Union Africaine, etc…)
–    Déstabilisation de l’opposition
–    Cooptation de faux opposants
–    Corruption à tous les étages
–    Invitation des Septembre 2018, duprésident au sommet de Paris du 11 Novembre
–    Estimation des résultats à imposer au Camerounais avec 71% pour Paul Biya alors que le monarque exigeait les 82% venu des Etats-Unis.
–    Publication des résultats sous forme de sondage par l’observatoire Africain des Elections, le Conseil Africain des medias et Afrique Media.
–    Mise à disposition d’un groupe de sans domicile fixe en guise de faux observateurs.
–    Silence absolue sur tous les abus qui submergent les Camerounais aujourd’hui.
A cette longue liste, il était prévu que le président français, comme à l’accoutumée, adresse ses félicitations au Président Camerounais le soir même des élections et de préférence à partir d’une tribune internationale. Mais, désabusée par la piètre mise en œuvre des plans par Yaoundé, Paris ne souhaitait pas assumer la forfaiture publiquement. D’où la sortie de Yaoundé qui a publié une lettre de soutien de M.  Macron, une façon, assez élégante, de rappeler à Paris d’assumer son titre incontesté de pays des droits de l’homme. Malgré cette publication, la position officielle de Paris a été rappelée par M. Le Drian qui, dans une interview sur France 24 (une véritable illustration de la fable du nez de Pinocchio), considère que le président Paul Biya n’a peut-être pas été élu mais il « constate qu’il a été déclaré élu par les institutions du Cameroun ».
Mais que reproche Paris à Yaoundé pour refuser d’assumer officiellement le plan commun?
Paris reprocherait à Yaoundé de n’avoir pas pu organiser une fraude implacable, acceptable par  tous. Au vu du spectacle cataclysmique de ces élections, symbolisé par la confusion générale consternante au Conseil constitutionnel, Paris estime que Yaoundé a fait montre, sans surprise, d’une incompétence caractérisée, d’une paresse et d’une négligence insupportable, surtout quand elle met en parallèles tous les atouts consentis pour cette opération :
–    50 milliards de budget
–    Contrôle de tous les aspects de l’élection
–    Retournement de la quasi-totalité des opposants affamés ou affairistes.
Voilà, à mon avis, une analyse qui peut permettre de voir clair sur cette soif de publication d’une lettre confidentielle. En attendant, malgré tous ces désaccords qui ne sont que des malentendus de principe, le président Paul Biya est toujours invité à Paris a l’occasion du sommet de la paix le  11 novembre 2018. Ce sera bien entendu l’occasion de laver le linge sale en famille ou de peaufiner la feuille de route du gouverneur pour les sept prochaines années. A moins que…
Douala Ngando

Afrique Monde

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