CBAO Contre Bocar Samba DIEYE : Chronique D’une Trahison

L’affaire Bocar Samba Dièye/Cbeao sera en procès début novembre, coïncidant avec la fin des vacances judiciaires. Dans cette affaire où la justice a cassé la première décision qui donne raison à la Cbeao, chaque partie prenante brandit ses preuves. Dans le camp d’en face, Bocar Samba Dièye accuse un de ses proches de l’avoir trahi et vendu son dossier à la partie adverse. Le point sur un dossier vieux de près de dix ans.

 

Finies les vacances judiciaires, les magistrats reprennent le chemin des cours et tribunaux. La rentrée judiciaire 2018-2019 sera rythmée par des dossiers à sensation, parmi lesquels le contentieux qui oppose Bocar Samba Dieye à la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (Cbao) du groupe Attijariwafa bank. Cette affaire est loin de connaître son épilogue. Après plusieurs procès devant le tribunal de première instance, le dossier atterrit devant la Cour d’appel de Dakar, selon une source judiciaire proche du dossier. Il en est ainsi parce que, selon un avocat constitué dans le dossier, le juge «réclame une étude d’un expert qui n’est ni choisi par la banque en question et encore moins Bocar Samba Dièye». Ainsi donc, l’affaire sera jugée après les vacances judiciaires qui finissent ce mois d’octobre.

Bocar Samba Dièye continue de crier au complot. Il épargne les autorités publiques et s’en prend à ses collaborateurs. Selon lui, un de ses proches serait en connivence avec la banque pour le rouler, de nouveau, dans la farine. Cet ancien importateur de riz clame son innocence tout en souhaitant que l’affaire soit définitivement tirée au clair.  «L’affaire est pour le moment devant la Cour d’appel. Je veux que tout soit élucidé avant ma mort. J’ai vieilli. Je n’ai plus besoin d’argent, mais de laver mon honneur. J’ai été trahi par mes plus proches collaborateurs», se plaint Bocar Samba Dièye.

Selon ce dernier, la banque qui refuse de lever sa main sur ses avoirs peine toujours à brandir un document attestant qu’il lui doit de l’argent. Depuis la cessation de ses activités d’importation de riz, en 2009, il n’a pas emprunté de l’argent. «Si la Cbeao détenait la vérité, la Bceao allait leur prêter main forte. C’est le tribunal qui a envoyé un expert pour vérifier. Ce dernier m’a réconforté sur une dette de 3 milliards qu’elle me doit. Il est allé plus loin, disant que la somme doit dépasser mon estimation. Je détiens tous les documents par devers moi», dit-il. Avant d’ajouter : «La banque persiste toujours disant je lui dois 7 milliards. C’est une incohérence ! Je n’ai jamais signé une dette depuis 2009. Qu’on m’indique la date et le document».

Bocar Samba Dièye promet des déballages au procès 

Pour l’heure, le célèbre commerçant se garde de révéler des noms. Mais il promet de faire des déballages devant le juge. Toutefois, il soutient mordicus avoir été vendu par ses proches collaborateurs. Et il met à l’index un notaire qu’il se garde de citer nommément. «Je suis victime d’un complot entre un de mes collaborateurs et la Cbeao. Il a falsifié et vendu mes documents aux Marocains. Il s’est rangé du côté de la banque», accuse-t-il. Il dit concevoir mal le fait de devoir 7 milliards à la banque alors qu’elle avait transféré à la Banque sénégalo-tunisienne que dirigeait Abdoul Mbaye à l’époque, 11 milliards FCfa, au moment de sa fermeture. «C’est inadmissible. Elle aurait dû prendre sa dette. Que la main levée sur mes maisons prononcée par le tribunal soit exécutée», implore-t-il. Selon lui, le procès n’a pas abouti, mais voilà que la banque commence à mettre son nom sur ses maisons qu’elle avait saisies. «Elle est même en train d’aménager dans une de mes maisons pour en faire sa direction alors qu’il n’y a pas encore une décision de justice définitive», dit-il. Il invite les autorités publiques à s’autosaisir pour tirer cette affaire au clair. «Je suis un entrepreneur qui a beaucoup investi dans son pays. Je demande l’intervention du président de la République. Je l’avais rencontré en 2013. Il avait pris une décision. Certainement, il y a des gens qui bloquent son intervention», déplore-t-il.

Joint par nos soins, les avocats de la Cbeao disent préférer attendre le procès en appel pour dévoiler leurs arguments juridiques qui contredisent, point par point, la version de Bocar Samba Dièye et de ses avocats.

 Les faits

 Pour rappel, cette affaire est vieille de neuf ans. C’était en 2009. Le Tribunal de grande instance de Dakar  (ex-Tribunal régional) avait rendu sa décision, le 23 avril 2017, ordonnant l’expulsion de Bocar Samba Dièye de ses demeures après les mesures conservatoires prises le 22 février de la même année. Pour ne pas être entraîné dans la pauvreté, il multiplie les procès pour recouvrer ses trois maisons. En fin de compte, il obtient un procès en référé le 9 juin 2017. Estimant que la Cbao a allégué une créance qui n’existe que dans l’imagination fertile de ses dirigeants, Bocar Samba Dièye d’attaquer la décision devant la Cour d’appel. Une stratégie qui a permis de casser le jugement en premier instance.

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